EVOLUTION ET PRONOSTIC
Si le sarcome pur a une marche rapide évoluant vers la mort, en général les formes signalées de sarcome des gaines téno-synoviales ont une allure plus lente et une moindre malignité. Peut-être cette bénignité est-elle due à l'éloignement du tissu qui semble leur offrir les conditions les plus favorables pour se développer ; du moins pour ceux-là qui les font dériver du tissu médullaire.
L'évolution de ces tumeurs ne diffère que peu de celle des sarcomes purs : c’est d’abord une première période de tumeur intra ou juxta-synoviale qui ouvre la scène ; puis, suivant les cas, les tissus circonvoisins sont envahis, pénétrés par la tumeur et en dernier lieu, après une intervention incomplète ou même sans elle,
\ Pre M a A \ la tumeur peut s'ulcérer comme dans le cas signalé par Rosenthal et le nôtre.
Sous la première forme la tumeur peut persister très longtemps (dans le cas de Fritsch il s'agissait d'un homme de 32 ans qui depuis sa naissance présentait au niveau de la malléole interne du pied droit une petite tumeur ; depuis 2? ans celle-ci avait commencé à grossir. Le plus fréquemment de l’apparition de la tumeur à son complet développement, et aux douleurs consécutives, s'écoulent quelques années, de 2 à 3 ans dans les observations de Lenzi et Abetti. Dans notre cas nous notons un intervalle de 7 ans entre le début de la tumeur et l'époque où le sujet vient consulter.
Il suffira d’un traumatisme pour réveiller ces cellules néoplasiques à demi endormies et leur donner l'allure et le type malin du sarcome; aussi, malgré cette tranquillité relative, le pronostic, nous semble-t-il, doit être réservé, et l'on n'a pas hésité dans notre cas à pratiquer. lamputation de Ia jambe, cette forme globo-cellulaire étant après le sarcome mélanique douée de la plus haute malignité.
Avec Rosenthal, il ressort de ses 70 observations que l'on a affaire à des sarcomes à myéloplaxes à malignité très variable et en tout cas jamais que locale puisqu'il n'a eu que deux cas de mort par généralisation.
Toutes les autres récidives observées le furent in situ. Ce qui fait regarder le sarcome des gaines comme Hénin, c'est qu'on a pris pour des cas de sarcome, des tumeurs à forme inflammatoire ou des myélomes qui, à vrai dire, ne sont pas des sarcomes, du-moins au début, mais qui en évoluant en revêtent la forme, revenant au type de cellules embryonnaires el aux modifications vasculaires.
Aa Le sarcome de ces gaines ne serait jamais primitif, mais le résultat de lévolution de ces tissus vers leur état embryonnaire.
Enfin il est des cas où il s’est agi de tumeurs bénignes inflammatoires, diagnostiquées sarcomes des gaines dont l’évolution lente, la non-récidive après lintervention, nous ont amené à penser que ces sortes de tumeurs avaient une malignité moindre que le sarcome, tout en restant des tumeurs sarcomateuses par leurs
caractères histologiques.