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Cet enfant portait à la plante du pied une tumeur dont on se serait aperçu deux mois auparavant, el qui s’est accrue progressivement. |
Actuellement, immédiatement en avant de la ligne qui unit l'une à l’autre les extrémités postérieures des premier et cinquième métatarsiens, au niveau du quatrième métatarsien, on sent à la plante du pied, sous la peau absolument normale, une tumeur bilobée, formée de deux petutes masses arrondies, dont la postérieure est la plus mobile. | |
Cette tumeur, bien limitée, de consistance dure et égale, est fort douloureuse à la pression et gêne la marche. Elle me parut adhérente au squelette et je l'attribuai au cuboïde ou au quatrième métatarsien. Cetb avis était également celui de M. le professeur Tillaux, tandis que mon collègue et ami Walther croyait percevoir un peu de mobilité transversalement el concluait à une tumeur tendineuse.
Le 24 octobre 1893, je fis sur la tumeur une incision longitudinale, et, d’un coup de rugine à sa base, je la détachai. Il fut alors évident que la tumeur ne tenait pas à l'os, mais aux tendons, probablement à ceux du fléchisseur profond. Réunion immédiate, sans drainage, et j'obtins la cicatrisation par première intention.
La tumeur enlevée avait l'aspect et la consistance du fibrome : et c'est au fibrome que conclut l'examen histogique pratiqué par mon collègue el ami Achard.
Je restai sans nouvelles de l'enfant jusqu'au 23 juin 1894, date à laquelle il me fut ramené, souffrant de nouveau depuis quelques semaines. '
A cetté date, la marche sur la plante du pied était à peu près impossible, et je constatai l'existence d’une tumeur douloureuse, immobile, un peu bosselée, com-
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mencçant en arrière, au niveau du cuboïde, et se prolongeant, grosse comme le pouce à peu près, jusqu’à l’extrémité antérieure du quatrième mélatarsien. Là, elle se terminait par une extrémité arrondie, lisse et nette. Gette tumeur est dure, de Consistance égale tours
Cette fois, il me parut évident que Jj'élais en présence d'un sarcome, que je crus pouvoir attribuer au quatrième métatarsien. |
Le 27 juin, je commençai par faire à la plante du pied une incision exploratrice qui me fit voir tous les tendons FE sains el, par eux, me conduisit jusqu'à une tumeur allongée, qui me parut, en effet, dépendre du quatrième métatarsien. Je ne crus pas devoir me borner à l’extirpation de cet os, el je pratiquai séance tenante la désarticulation Ubio-tarsienne, avec lamleau postérieur, à peu près semblable &celui de l'amputation de Guyon.
Réunion immédiate sans drainage; pansement à la gaze antiseptique : guérison par première intention.
Sur la pièce, on voit une tumeur qui commence en arrière par une extrémité assez saillante au niveau du cuboïde el longe le bord inférieur du quatrième métatarsien.
Après résection des tendons fléchisseurs, qui en sont indépendants, on constate que la tumeur n’adhère pas au métatarsien. On peut la rabattre d'avant en arrière, et il devient alors évident qu'elle part du ligament caleanéocuboïdien, c'est-à-dire de la gaine du long péronier latéral, ce dernier tendon étant intact.
M. Pilliet a bien voulu pratiquer l’examen histologique. ‘La tumeur est développée dans le tissu conjonctif de la gaine lendineuse et du méso-tendon. Ce n'est pas une transformation sarcomateuse molle, avec accumulation de petites cellules rondes, mais une transformation fibro-
ENS Née
f\a7 a plastique. La néoplasie est constituée par des cellules fusiformes et du tissu conjonctif adulte, disposé en masses lourbillonnées ou en grandes nappes qui morcellent
le tissu propre du tendon, disséquant ses faisceaux et les
atrophiant peu à peu.
Le diagnostic est donc fibro-sarcome de la gaine du long
péronier, amenant l’atrophie des fibres tendineuses par
substitution du tissu.
OBSERVATION VI 4 . (Longuet et Landel. — Archives de Médecine expérimentale, 1895):
Sarcome à myéloplaxes de la gaine des péroniers latéraux
D... Anna, 23 ans, est atteinte d'une tumeur de la région péronière inférieure droite. Cette tumeur offre une forme bilobée ; l’un des lobes, antérieur et peu développé, borde en ‘avant la malléole externe ; l’autre, postérieur, plus volumineux, descend au-dessous de la pointe de cette malléole et se prolonge derrière elle, en sorte que la malléole est encadrée dans la néoformation. Un sillon longitudinal, correspondant à l'os, la sépare en deux bosselures principales. Le volume de la partie prémalléolaire égale celui d’une noisette ; celui de la partie rétro.et sous-malléolaire égale celui d'une noix.
La surface de la tumeur, irrégulièrement arrondie, est multilobulée ; les limites sont mal marquées, principalement en arrière.
La consistance, ferme et dure, est partout égale : c'est
MARS Te A une sensation élastique, cartilagineuse, plutôt qu'une véritable dureté osseuse. Libre sous la peau qu'on glisse aisément à sa surface, la tumeur est dépourvue de mobilité dans la profondeur ; ni dans le sens de la longueur, ni dans le sens antéro-postérieur, on ne parvient à mobiliser la large base d'implantation de cette production sessile. Néanmoins, cette base semble n'affecter aucune connexion avec le squelette, bien qu'elle soit d’une exploration difficile, parce qu'elle disparaît progressivement dans le creux calcanéo-astragalien.
Aucun changement de coloration des téguments à ce ‘niyeau ; consistance normale et mobilité parfaite de la peau, ce qui indique que la tumeur ne présente avec la peau aucune dépendance.
Pas de ganglions appréciables.
Aucune espèce de douleurs, ni spontanées, ni provoquées ; aucun trouble non plus dans la marche. L'articulation ibio-tarsienne, ainsi que toutes les articulations du pied ont conservé tous leurs mouvements. Cette malade, qui n'offre dans ses antécédents aucune trace de syphilis, ni de tuberculose, à vu cette tumeur se développer lentement et progressivement depuis quatre. ans, époque où 1] y a eu un traumatisme suivi d’entorse.
Peu à peu, la tumeur a grossi, augmentant régulièrement de volume, sans jamais déterminer la moindre dou- Jeur, n1 la moindre impotence fonctionnelle. L'état général est toujours resté excellent.
Le diagnostic auquel on se rattache le plus volontiers fut celui de corps étranger, probablement extra-articulaire.
Opérauon le 5 mai 1895. L'extirpation est faite par M. Quénu, À l’aide d'une incision curviligne à concavité
AG Ca DA supérieure, on releva un lambeau qui mit à jour” toute la région malade. Puis la dissection de la tumeur fut commencée, par le lobe antérieur d’abord. Pour le lobe postérieur, on dut récliner les tendons péroniers latéraux. Ceux-ci, intacts, cheminaient librement à la surface de la tumeur dans une gouttière formée en partie par le néoplasme, en parlie par la malléolle péronière. C'est cette gouttière des péroniers qui sépare la masse en deux lobes. |
L'extirpation a été assez difficile, principalement dans le creux calcanéo-astralgien. Au cours de ces manœuvres, l'articulation calcanéo-astragalienne fut ouverte ; mais la tumeur n’envoyait aucun prolongement dans cet article, ni dans l'articulation tibio-tarsienne. On put constater aussi qu'elle n'avait aucune implantalion sur le squelette. Sutures, réunion per primam, guérison rapide, aucun trouble fonctionnel. Il existe encore une production du même genre, sans connexions osseuses, au niveau de la face interne de l’astragale, du volume d'un gros pois. Passée d’abord inaperçue, puis signalée par la malade, elle fut enlevée par une opération ultérieure. Donc, le néoplasme a deux centres de formation absolument distincts : l'un à la face interne, l’autre à la face externe du pied.
Les principales particularités cliniques et histologiques de cette observation sont les suivantes :
I. — Cliniquement, il s’agit d’une tumeur survenue chez une femme jeune, tumeur dure, bilobée, circonscrile, n’entraînant aucun trouble fonctionnel (les tendons péroniers qui la traversent ne sont nullement intéressés). Tumeur bénigne, si l’on en juge par son faible volume et sa très lente évolution, autant que par l'absence de
toute réaction.
I = Macroscopiquement, cette tumeur, qui offre des ilots jaunâtres sur fond blane, est indépendante du squelette et de la peau, des tendons, mais sans capsule appréciable.
La coupe, sèche, analogue à du cartilage, ne donne aucun suc au raclage.
II. — Histologiquement, cette tumeur est formée : 1° de cellules d’aspects différents ; les unes, petites et embryonnaires, les autres plus grandes et rappelant par leurs caractères les cellules géantes ou les myéloplaxes, toules disposées sans aucun ordre, dans un tissu interstiliel et de nature fibreuse ; elle appartient donc à la classe des sarcomes ;
2 Le tissu fibreux constitue l'élément prédominant ; sa disposition et surtout son abondance montrent qu'il est de nouvelle formation et ne permettent pas d’admettre qu'il soit le reliquat des gaines tendineuses dissociées par les éléments néoplasiques ; |
3° Ilexiste une très grande quantité de cellules à protoplasme apparent ayant un ou plusieurs noyaux ; on observe tous les intermédiaires entre celles-ci et les peütes cellules embryonnaires et il semble évident que ces dernières soient leur point d’origine ;
4 On ne rencontre ni vaisseaux à parois embryonnaires, ni lacunes distinctes, mais seulement des capillaires de petit calibre ayant une paroi fibreuse d'épaisseur considérable :
»° Les parties ramollies constatées macroscopiquement sont dues à une dégénérescense granulo-graisscuse frappant surtout les cellules de moyenne taille.