Dainville, Soc. anat., janv
DoNARLe
come à cause de sa coloration foncée. Cette affection
débute simultanément par les mains et par les pieds pour s'étendre plus tard aux membreset à la face, parsemant les téguments de petites nodosités infiltrées dans le derme,de coloration bleue ou brun rougeâtre. Ces tumeurs ne s’ulcèrent jamais, parfois elles se résorbent. Enfin elles s'accompagnent en général d’un œdème douloureux des extrémités.
D'autre part le xeroderma pigmentosum, maladie souvent familiale, qui débute dans le tout jeune âge, généralement à la suite d’une insolation, par des taches rouges ou des taches de rousseur et auxquelles viennent s’ajouter dans une deuxième période des lésions très diverses: atrophie et apparence cicatricielle de la peau, des télangiectasies, des croûtes superficielles de l’exfoliation épidermique, pourrait dans sa période terminale se rapprocher parfois du type des sarcomes mélaniques, comme dans les cas de Pick et de Elsenberg (1), où il s'était développé sur ces taches des tumeurs sarcomateuses.
Enfin à [a période de généralisation avancée, tous les symptômes de la cachexie cancereuse s’observent en même temps que des phénomènes locaux en rapport avec le siège des nodosités secondaires. Ainsi les tuméfactions des régions riches en ganglions lymphatiques, les épanchements dans le péritoine et dans les plèvres lorsque les séreuses sont malades
1. Pick et Elsenberg. Archio. für dermatologie und Syphilis, 1890, p. 49.
(obs. Let V), les vomissements et les déjections, la tuméfaction de la rate et avant tout l’hypertrophie du foie, la constatation des tumeurs à sa surface et l'ictère, tels sont les signes attestant l'infection dans chacun des organes cités plus haut. Il peut s'y joindre aussi des douleurs ostéocopes et même comme dans le cas d’une caverne mélanique des vertèbres communiquant avec une caverne du poumon rapporté par Anger et Worthington (WMélanomes, Paris, 1866) un affaissement de la colonne vertébrale ; et si les centres nerveux sont envahis, on peut voir se produire des convulsions ou de la paraplégie. Il est inutile d’insister sur ce fait que les symptômes qui précèdent n’appartiennent pas en propre à la mélanose et ne peuvent servir à établir le diagnostic que si l’on a vu en quelque point de la peau ou de la région orbitaire des taches ou nodosités tirant sur le noir.
Mais il est un caractère tiré de l'examen des urines qui établit d’après Eiselt l'existence de la mélanose: c’est la mélanurie.
De ia mélanurie
Entrevue par Fawdington en 1826 et par Bendzen 1835, la mélanurie symptomalique des tumeurs pigmentaires a été étudiée à Prague par Eiselt (1) qui
1. Eiselt. Prager Vierteljahrschrift, 1861, t. LXX, p. 107, 1862, t. LXXVI, p. 46.
Béchaux 5
crut pouvoir établir que l'apparition du pigment urinaire devait révéler les cancers mélaniques latents.
Citons encore les travaux de Stevenson, de Blach, de Hoppe-Seyler, de Nepveu (1) (Contribution à l’étude des tumeurs mélaniques), de Stiller, de Finkler, de Pollak (2), de Weisser et de Zeller sur la même question. Lilten s’est servi de ce signe pour établir un diagnostic ; l’urine d’un homme de trente-sept ans, porteur d’un foie énorme, ne tarde pas quand on la laisse reposer un certain temps à prendre une coloration brun noirâtre. Le sujet ayant subi précédemment l’extirpation d’un œil pour un sarcome de la chorvïde, il n’hésite pas à diagnostiquer un sarcome mélanique du foie; le diagnostic fut confirmé à l’autopsie.
Les urines dans la mélanose peuvent offrir des altérations variables. Tantôt on y trouve au microscope des petites granulations de pigment semblables à celles que renferment les tumeurs mélaniques, ou bien elles sont susceptibles de prendre sous l'influence de l'oxydation à l’air libre ou au contact de certains agents chimiques une coloration brune plus ou moins foncée. La première altération s'explique facilement ; elle se montrerait quand il existe des noyaux mélaniques dans les reins ou dans la vessie. Les particules colorés se détacheraient des tissus ma- :