‹ Contribution à l'Étude du Sarcome MélaniqueChapitre 27 sur 41 · Nepveu. Gaz. médicale · texte numérisé non relu

Nepveu. Gaz. médicale

2. Pollak. Untersuchungen über Melanurie Wi Wochenschr., 1889. iener med.

lades, se mêéleraient à l'urine et seraient rejetés avec elle. Mais ces débris ne donnent pas au liquide une couleur appréciable à l'œil nu, et c’est seulement quand on examine au microscope le produit de la centrifugation qu'on trouve ces granulations pigmentaires. Dans le second cas l’urine claire au moment de l'émission prend sous l'influence de l'air et de certains corps chimiques tels que l'acide nitri- . Que, le bichromate de potassium, le perchlorure de fer, l’eau oxygénée à chaud..., une coloration brune et même noire pouvant s’accompagner d’un précipité de même teinte.

Eiselt a rencontré cette altération dans quatre cas de mélano-sarcomes hépatiques. Le professeur Lerch donna le nom de mélanine à la substance noire.

Ce fut encore Eiselt qui isola le premier le principe colorant de l’urine mélanique en traitant l’urine fraîche par l’acétate neutre de plomb et en ajoutant au liquide filtré de l’acétate basique de plomb. Il obtint ainsi un dépôt blanc d’abord, qui, à l’air, prit une coloration d’un brun intense et même noire: Il considéra la mélanurie comme un symptôme pathognomonique des tumeurs pigmentées et ce symptôme lui permit de conclure dans un cas à l'existence d'un mélano-sarcome viscéral.

Quelle est la cause suflisante pour produire le phénomène de la mélanurie? Heurtaux qui a fait des expériences pour résoudre cette question à montré que l’air seul suffit pour la production de la mélanu-

rie.

mo Done

Cette substance mélanogène indiquée par Heurtaux a été bien étudiée par Pollack (1) qui constata que la coloration noire de l'urine sous l'influence de l’air pouvait être obtenue par l’action des substances oxydantes. En ajoutant quelques gouttes d’acide chromique à 5 o/o dans l'urine fraichement émise, il se produisait des flocons noirs qui s’amassaient rapidement et en continuant à ajouter de l’acide chromique, l'urine se colorait d’un noir intense sans qu'il se produisit de trouble. De même il suffit de quelques gouttes d’acide nitrique pour colorer d’un noir d'encre l’urine sans la troubler. Un réactif est encore plus sensible : c’est le perchlorure de fer en solution concentrée dont quelques gouttes, suivant la quantité de mélanine que renferme l’urine, colorent celle-ci d’un brun noir ou noir d'encre. Cette modification se montrait aussi bien à la lumière directe qu’à la lumière transmise. Si l’urine renferme beaucoup de phosphates, on a un précipité noir gris qui se redissout dans un excès de perchlorure de fer. Enfin la coloration noire obtenue par le perchlorure de fer était plus intense qu'avec les autres réactifs. C’est ainsi que dans les derniers jours de la maladie alors que la coloration noire de l'urine ne se montrait pas pendant l'exposition à l’air, pi au moyen des autres réactifs, on obtenait cependant avec le perchlorure de fer une faible coloration brun

1. Pollack : Untersuchungen über Melanurie. Wiener med. Wochenschr,, 1899, p. 1.473, 1.515 et 1.556.

noirâtre, indice de traces de mélanine que seul ce réactif pouvait déceler. Quelques grains de permanganate de potassium ajoutés à l'urine mélanique amènent un précipité gris brunâtre qui tend ensuite à passer au noir. D’après Zeller et contrairement à ce qu'avait dit Pollack ce serait l’eau bromée qui serait le meilleur réactifpour la mélanine ; mais Pollack n’est pas de cet avis. Cet auteur a cherché encore d’autres réactifs de cette substance colorante. Après avoir acidifié l'urine avec de l’acide sulfurique et après y avoir ajouté une solution étendue de bichromate de potasse, l’urine prenait une coloration plus sombre et devenait noir intense si on la chauffait ; en même temps il se faisait un abondant précipité noir. Le chlorate de pctassium seul n’amenait aucune modification dans l'urine, mais si l’on y ajoutait un peu d’acide chlorhydrique, il se faisait une coloration brun noir sans chauffer. À vec l’acide chlorhydrique seul l’urine devenait brun foncé, un peu plus foncée qu’elle ne l'était avanttoute réaction. En la chauffant, elle devenait noir foncé ; cette coloration avec la chaleur et l'acide chlorhydrique se montre dans toute urine normale et pathologique : elle est due à une matière colorante normale, l’uromélanine ; mais alors que l’uro-mélanine est soluble dans l’alcool amylique, la mélanine ne l’est pas. Nous avons répété ces différentes réactions établies par Pollak et nous avons obtenu les mêmes résultais. Nous avons aussi essayé l’eau oxygénée. A froid, elle ne nous a rien donné, mais à chaud elle

nous a donné une coloration noire accompagnée d’une précipitation d’une matière noire amorphe, la mélanine.

Enfin les dernières recherches ont montré que l'urine, chez les animaux auxquels on injectait de la mélanine dans la cavité abdominale, présente, mais non constamment, la réaction que l'on employait pour reconnaître la mélanogénèse. Mais tous les essais faits pour transformer en dehors de l’animal l’hippomélanine en mélanogène n’ont pas réussi malgré tous les réducteurs employés (zinc et acide chlorhydrique, sulfate d'ammoniaque,solution d’oxydule ferrique de Stokes, sucre de raisin dans une solution alcoolique).

Telles sont quelques-unes des principales recher-

ches qui ont été faites sur cette question de la mélanurie, et nous avons cru devoir les rappeler bien que cette question ne fût l’objet que d’un chapitre dans ce travail, persuadé que nous sommes de son importance.

C’est ainsi qu’au point de vue du pronostic on peut se demander si la mélanurie peut exister alors que la tumeur mélanique primitive n’a pas encore un commencement de généralisation. Jusqu'ici aux autopsies, en cas de mélanurie, on a presque toujours trouvé des métastases viscérales ; pourtant il existe des cas avec mélanurie où on n’a pu retrouver des foyers secondaires mélaniques viscéraux.

On ne peut donc conclure par la présence de la mélanurie, en cas de mélanomes de la peau ou du

globe oculaire, à l’existence des métastases viscérales ; mais si après extirpation des tumeurs mélaniques primitives, cutanée ou oculaire, on constate de la mélanurie, même avant tout signe clinique, on peut conclure avec certitude à l'existence de métastases viscérales.

Mélanémie. — Dans le sang des individus atteints de tumeurs mélaniques, Nepveu (1) a montré qu’on trouvait assez souvent des cellules pigmentées. On tend aujourd’hui à considérer ces cellules comme des leucocytes et à admettre que le pigment mélanique peut aussi exister dans le sang à l’état de granulations libres dans le plasma. Ce pigment libre dans le plasma se montre, suivant Gilbert, sous la forme de fines granulations noirâtres ou de cylindres droits et minces qui semblent être les moules des capillaires et résulter de l’agglomération d’un bloc de granulations.

Enfin Sergent (2) sur des préparations de sang frais non colorées a rencontré quelqueshématies qui contenaient une ou deux granulations réfringentes présentant exactement le même aspect que celles qui existent dans les leucocytes. Ce fait ne semble pas avoir été signalé avant lui.

Notons ici que d’après tous les auteurs, la mélanémie doit être regardée comme résultant de la pénétration dans la circulation sanguine du pigment provenant des tumeurs mélaniques et dont elle indiquerait

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