‹ Contribution à l'Étude du ScalpChapitre 10 sur 26 · ÉVOLUTION. — COMPLICATIONS · texte numérisé non relu

ÉVOLUTION. — COMPLICATIONS

L'accident a eu lieu. En général la malade a reçu, sur le lieu du sinistre, un premier pansement. Elle arrive de l'hôpital ; ‘un second pansement est fait, la plaie est aseptisée.

La température peut, sans qu'il yait de suppuration, s'élever à 38°, la cause en peut être dans la résorption sanguine.

Sur la plaie, des bourgeons charnus se formeront au niveau de la surface de section et sur toute la voûte du crâne, transformant cette voûte ‘en une surface granuleuse et suintante. La plaie évolue très lentement vers la guérison, un mince tissu de cicatrice remplacera à la longue les bourgeons charnus et, au bout d’un temps très long, le travail de réparation sera effectué.

«Des anses parcourues par le sang s'élèvent en forme de papilles, la plaie se recouvre de bourgeons charnus plus ou moins exubérants. Ils se fusionnent et s'organisent en une membrane rose et végétante, Îla plaie est ainsi détergée et granuleuse. » (Reclus.)

Telle est la marche d’un scalp évoluant vers la guérison sans complications. Mais une telle évolution ne

SA ap | de s’observe presque Jamais, les complications sont la règle.

Les complications peuvent se ranger en quatre catégories suivant qu'elles relèvent du traumatisme, du bourgeonnement, de linfection secondaire, de la cicatrisation.

Les premières de ces complications ou complications traumaliques dépendent des condilions dans lesquelles s'est produit l'accident.

La blessée‘ peut être violemment soulevée du sol, projetée contre les pièces ‘métalliques voisines, elle présentera des lésions multiples, commolion cérébrale, enfoncement de la voûle cranienne, usure du périoste et de la table externe contre les axes de transmission, et même fraclure du crâne, ou encore luxation de lépaule comme dans l’une de nos observations.

Les complications dues au bourgeonnement sont voisines de celles dues à l'infection secondaire. Nous les étudierons ensemble. Ces complications, malgré tous les soins, sont difficiles à éviter. S

Ou bien les plaies du crâne bourgeonnent mal, insuffisamment, ou elles bourgeonnent trop bien. Le périoste a-t-1l été arraché,: a-ton affaire à un sujet dont Pétat général est mauvais, les bourgeons sont rares, disséminés ; des plaques noirâtres apparaissent sur les os du’ crâne.

Le plus souvent, au contraire, le bourgeonnement se fait avec exubérance. Les vaisseaux néoformés sont en si grand nombre et d’une telle friabilité que tout pansement s'accompagne d'une perte dé sang qui arrive à plonger la malade dans une anémie profonde.

Nous verrons d'ailleurs plus loin que lexubérance du

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pps bourgeonnement est souvent une gêne à l'application des greffes.

Les complications septiques sont les plus nombreuses et les plus graves.

La plaie devient le siège d'une suppuration grave qui prend souvent des proportions considérables et qui, par sa durée et par son abondance, aboutit souvent au marasme, à la cachexie et à la mort.

La suppuration peut agir sur les vaisseaux, sur les os, sur les méninges, sur les divers organes (foie, rein) et sur l'organisme en général. ‘

‘Le pus agissant sur les artères à pour conséquence d’en amener l’ulcération, d'où hémorragie quelquefois foudroyante.

Sur les os, le pus provoque la nécrose. Cette nécrose n'est pas due à la destruction des vaisseaux sanguins dans le crâne, mais selon nous à l’action toxique du pus sur les cellules osseuses par un mécanisme analogue à celui de la nécrose des os longs dans l’ostéomyélite.

En règle générale la table externe est seule atteinte, se manifestant par la teinte noirâtre des os, puis exfoliation de ces os. |

Quelquefois l’action nécrosante du pus porte particulièrement sur les dents des sutures craniennes, dents qui s'éliminent en laissant de petiles excavations dans le dipioë. 012

Si par hasard la nécrose est profonde et intéresse, en même temps que la table interne, la table externe, la méningite se produit une fois sur 34 cas, d'après Pansier.

Mais, si la méningite est rare, il faut attribuer à une inflammation des méninges, à du méningisme, certains phénomènes d’agitalion, de contractions douloureuses

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des membres inférieurs, de subdélire, de vomissements observés dans certains cas.

La suppuration prolongée à une action néfaste et bien connue sur le foie (dégénérescence amyloïde), sur le rein dont il provoque la néphrite, se traduisant par albumine el diminution du volume des urines (Obs. I).

Au nombre des complications sepliques nous devons encore signaler le tétanos possible lorsque la plaie a été souillée de poussières terreuses, mais surtout l’érysipèle | qui peut se produire à tous les moments de la cicatrisation (4 cas sur 32 observations de Pansier). L'infection streplococcique associée à celles des autres microbes de la suppuration arrive à déterminer une véritable septicémie se manifestant-par des frissons, une courbe de température à grandes oscillations, de la cachexie (observalion IX).

On relève plus rarement certaines complications telles que l’embolié due à la phlébite des veines du crâne et l’ulcération de la cornée suivie de perforation, accidents dus à ce que dans certains cas l'arrachement de la paupière inférieure laisse le globe oculaire à nu.

La quatrième catégorie de complicalions, celles dues kr la cicatrisation, sont des complications plus lardives, mais qui n'ont pas en général la gravité des premières.

Une rétraction, impossible à éviter, s'exerce sur [cs tissus sains, rétraction qui déforme la physionomie des blessées.

Cetle rétraction se manifeste par lPectropion des paupières inférieures, déformations telle qu'une partie de fa selérétique normalement cachée est mise à découvert, ce qui, d’après Fouchard, donne à la blessée un air de stupéfaction et d’hébélude tout particulier.

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