HISTORIQUE
Le scalp ou arrachement complet du cuir chevelu, avant d’être un accident industriel, fut, osons-nous dire, une blessure de guerre.
En effet, les pionniers de la civilisation européenne dans l'Amérique du Nord nous signalent, dans Îles relations de leurs voyages, que les Indiens avaient pour coutume de scalper sur le champ de bataille leurs ennemis morts ou même blessés.
Champlain, dans ses «Voyages dans la Nouvelle France » rapporte qu'il assista au supplice d'un prisonnier « à qui ils (les indiens alliés) escorchèrent le haut de la tête et lui firent dégoutter dessus certaine gomme toute chaude ».
Beaucoup plus tard, en 1859 l'Américain Cattlin, en 1860 le Français de Wogan, confirment cette coutume dont le dernier faillit être victime.
[1 nous souvient d’avoir lu dans les romans de Feni-
. more Cooper et de Mayne-Reid dont les dires peuvent, il
est vrai, être mis en doute, le récit de cérémonies barbares où les Indiens scalpaient leurs ennemis afin de faire de leurs chevelures des trophées de guerre.
Le scalp accident industriel n’a été signalé et étudié
ne gt
| | il | que depuis le siècle dernier. Son apparition a coïncidé avec celle du machinisme industriel, et. la fréquence des arrachements complets du euir chevelu a augmenté parallèlement à l'accroissement de l’industrie mécanique.
La première observation que nous trouvons dans la littérature, médicale remonte à 1841, époque à laquelle Velpeau fit un rapport à l'Académie de médecine sur un cas de scalp dont Lavacherie avait publié l'observation.
Depuis, Burdel, Salle, Gross en ontrelaté des exemples
En 1876, Reverdin rapporte des cas d’arrachement complet du euir chevelu traités par les grefles épidermiques dont il est le promoteur.
Plus tard divers auteurs, Queillot, Juvara, signalent des cas de scalp et montrent lavantage du traitement du scalp par la méthode de Thiersch: Les thèses de Wyart à Lyon; celles de Parisot, de Buneau, de Foucard à Paris, thèses inspirées par M. ledocteur Guermonprez, de Lille, ville où ces sortes d'accidents furent particulèrement fréquents, relatent un très grand nombre d'observations. Depuis, de nouveaux cas ont élé publiés par Lombretet Besson en France, par Myala en Allemagne, Robinson en Amérique, Patton en Angleterre, etc.
En octobre 1909, M. le professeur Pierre Delbet fait à l'Académie de médecine une communicalion sur le lraitement des arrachements complets du cuir chevelu par des greffes faites suivant la méthode de Thiersch.