ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Etudions maintenant les modifications que le traumatisme va faire subir aux tissus péricraniens.
Les trois premières couches absolument solidaires entre elles sont sectionnées et leur section présente un. certain degré de régularité. Les bords sont moins parfaitement nets que ceux d’une plaie par instrument tranchant, mais ils ne présentent pas d'ecchymoses comme ceux d’une plaie continue, on n’y trouve pas non plus de festons, de mâchures, de lacérations, comme dans les plaies par râtissage (Guermonprez et Parizot, thèse Paris, 1898).
La peau se déchire le plus souvent au point où le cuir chevelu s’amincit et diminue de résistance. En avant, audessus de la bosse nasale et des arcades sourcilières, elle se continue latéralement le long de l’arcade zygomatique, contournant les oreilles, respectant ou lésant le pavillon. En arrière, l’arrachement se produit le plus souvent suivant une ligne presque contiguë à la ligne d'implantation des cheveux, c’est-à-dire au-dessous de la protubérance, occipitale externe; mais d’autres fois, comme nous le notons dans une observation de Robinson, la ligne de déchirure empiète sur la nuque pour
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MATE descendre jusqu'à lapophyse épineuse de la quatrième cervicale. |
Le plus souvent le fond de la plaie est formé non par la surface osseuse, mais par le périoste auquel restent adhérentes par places des bribes de tissu cellulaire ou d'aponévrose. Mais il arrive fréquemment aussi que le périoste est arraché par endroit, laissant à nu la table externe du crâne qui présente alors des traces du frottement qu'elle a subi sur l'axe de transmission.
Un fait frappant dans les arrachements du cuir chevelu, c'est qu'en général il n'y a que très peu d’hémorragie et que cette hémorragie est d’origine veineuse.
En effet, l'allongement subi par les artères a pour effet de rompre la tunique interne, puis ensuite la tunique moyenne. Ces deux tuniques se recroquevillent, la tunique externe résiste et s’allonge, le vaisseau, par ce fait, diminue de volume comme le fait un tube de verre étiré à la lampe. C’est à ce moment que se produit la rupture. Par ce mécanisme, loblitération est suffisante pour assurer l'hémostase (1). |
Quant aux nerfs, sous l'influence de la traction, ils sont tiraillés, allongés et se rompent en différents points de leur trajet. :
(1) Sans ce mécanisme, l’hémorragie serail très abondante, les artères sectionnées seraient, en effet, maintenues béantes par les tractus fibreux de la couche fibro-graisseuse qui les contient.
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ÉTIOLOGIE — MÉCANISME
Le scalp est le plus souvent un accident survenant lans les usines contenant des machines munies de couroies de transmission.
Mais il est d’autres mécanismes beaucoup moins fréquent du scalp, dont nous devons cependant parler.
Le scalp peut provenir de causes banales. M. le professeur Quenu cite le cas d’un enfant qui fut scalpé par un gros chien.
Dans deux observations qu'ont bien doute. nous ComMmuniquer MM. Bérard et Desgouttes, chirurgiens des hôpitaux de at nous relevons des mécanismes différénts.
Dans l’une (celle de M. le professeur agrégé Bérard), Parrachement du cuir chevelu est déterminé par le heurt de la tête contre une charpente, le cuir chevelu ayant porté tangentiellement contre l’un des angles dièdres de la charpente. Dans ce cas, l’arrachement du cuir chevelu n’est d’ailleurs pas total.
Dans la seconde observation {celle de M. le docteur Desgouttes), l’arrachement est produit par le passage de la roue d'un lourd véhicule vide sur le sommet du crâne.
TS UE La tête est énucléée comme un noyau de cerise, le cuir chevelu de l'enfant retenu par la roue.
Mais ces différents mécanismes sont exceptionnels. Le plus souvent, pour que le scalp se produise, il faut d’une part des machines, d'autre part des chevelures de femme. Ces deux conditions se trouvent réunies dans les ateliers tels que filature, tissage. |
En effet, l’'enroulement des cheveux est la condition sine qua non de l’arrachement du cuir chevelu, et les cheveux de femme présentent seuls la longueur suffisante pour que la préhension soit possible.
Certaines précautions sont prises pour éviter ces acci-
dents.
Les ouvrières sont éloignées des différentes machines, des courroies de transmission; d'autre part, l'arrêt des machines est fixé à un quart d'heure avant la sortie, pour permettre aux ouvrières de se livrer sans danger à leur toilette.
Aussi ces accidents sont le plus souvent dus à l'imprudence des malheureuses victimes.
Les unes, les plus jeunes, par instinct de coquetterie, commencent avant l'arrêt des machines à réparer le désordre de leur chevelure. Elles dénouent leurs cheveux, les rabattent en avant pour les débarrasser, au peigne, des poussières et des débris qu'ils peuvent contenir, les lissent, puis, d'un mouvement brusque, les rejettent en arrière pour les tordre en chignon.
L'ouvrière, préoccupée de n'être pas prise en défaut, oublie le dangereux voisinage des axes et des courroies, l'accident se produit.
D’autres ouvrières plus âgées, mais possédant la belle insouciance des gens habitués à travailler au milieu du danger, poussées par ie désir de gagner du temps ou
; ? “ . . à d'aller causer avec une voisine, se faufilent au-dessous des engrenages ou se glissent dessous les arbres de couche en rotation.
Dans ces différents cas les cheveux sont entraînés et enroulés par, la force irrésistible des puissantes machines én mouvement. |
Que se passe-t-il alors ? Ou bien les cheveux sont arrachés, c'est excessivement rare. Peut-être faut-il voir dgns ce fait une conséquence de l'implantation généralement oblique des cheveux (Cazeneuve).
Le plus souvent, les cheveux saisis se tendent graduellement et s'allongent de un cinquième de leur longueur environ, d'après Sappey. Alors, ou bien l’ouvrière soulevée du sol est entraïnée, ou bien la malheureuse se rejette en arrière en s’archoutant aux objets qui l'entourent, et ne quitte pas le sol. Dans ces deux cas le résullat est toujours larrachement du cuir schevelu, mais dans le premier cas on observe plus fréquemment des lésions diverses du corps et particulièrement du crane.
Comment s'effectue l’arrachement ? Dans tous ces accidents on trouve en présence deux forces de sens opposé : l’une, la puissance, est représentée par la machine el la vitesse de rotation ; l’autre, la résistance, représentée par le poids du corps auxquel vient s'ajouter la résistance due au mouvement de défense de Ja blessée. Dans ces conditions le cuir chevelu se décollera et résistera jusqu'au moment où la limite d'élasticilé des cheveux et la sienne propre aura attemt sa grandeur maximum.
La rupture se fera aux points de moindre résistance, là où cesse l'implantation des cheveux, où se fait la fusion entre les téguments de la face el ceux du cuir chevelu,
car points où d’ailleurs les téguments présentent une moindre épaisseur.
Cette déchirure commence au niveau des arcades sourcilières, les tissus étant sectionnés dé leur face profonde à leur face superficielle par l’arète osseuse tranchante que forme le bord supérieur du squelette de l'orbite. La déchirure se -propage dé ce point jusqu’à l'éxtrémité opposée de la calotte craniénne.
Le périoste est souvent arraché. Cet arrachement se produit surtout quand, à la suite d’une plaie antérieure, il existe une adhérence entre les plans superficiels et les plans profonds du cuir chevelu.
Cet arrachement péut exister encore à notre avis lorsque, par suite de l'intensité du traumatisme, il y a frottement de la surface cranienne sur l'axe de transmission cause de l’accident.