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des gencives et une tache noirâtre au bras droit. Quelques douleurs dans la hanche et le genou du côté droit; puis application du vésicatoire. Apparition d’une ecchymose autour du siège du vésicatoire. Seconde ecchymose à la cuisse gauche.
Traitement. — Légumes verts et frais. Oignons. Jus de citron. Vin de quinquina.
En dix-huit jours la maladie avait évolué et guéri.
Dans le courant du mois suivant (mars) le malade perdit trois dents sans qu’elles fussent cariées ; elles tombèrent d’elles-mêmes et sans douleur. Les dents qui lui restent ne sont. pas ébranlées ; une seule est cariée. :
Remarque. — J'insiste encore sur le début de l’ecchymose sur le bras droit que le malade met constamment en œuvre à cause des exigences de sa profession. Le développement rapide de l’ecchymose autour du vésicatoire vient confirmer cette remarque que nous trouvons dans l’ouvrage de H. Rey (1).
« Les ecchymoses se produisent de préférence dans les points qui » ont été le siège d’une lésion cutanée superficielle ou profonde : » brûlure, furoncle, ulcère, vésicatoire, ayant donné lieu à une cica- » trice de faible épaisseur ».
OBSERVATION III (Personnelle)
Léon P..., cordonnier, trente-huit ans, à St-G..…. (Vendée), habite avec sa famille (quatre enfants) dans une bourine ; c’est une demeure construite, comme la plupart de celles des pauvres gens, en terre très argileuse et recouverte de jones. Ces bourines se composent d’une
(1) H. Rey. — Etude analytique sur le Traité du Scorbut, de Lind. (Archives de médecine navale, 1867, t. VI).
seule pièce où la lumière pénètre difficilement. Le froid, mais surtout l'humidité, sont les compagnons habituels des habitants du logis. Il faut ajouter que les eaux pénétrent aisément dans la bourine.
En 1890, L. P... eut les fièvres paludéennes qu’il garda cinq mois.
En 1892 (printemps) il fut pris d’une grande faiblesse avec des douleurs erratiques dans les membres. Croyant être atteint de rhumatisme, il se mit au lit et se couvrit le plus possible. I prit un purgatif pour combattre sa forte constipation qui durait depuis quatre jours.
Deux jours après, les gencives deviennent un peu douloureuses, elles se tuméfient et saignent. La lassitude ayant à peu près disparu, il reprit son travail, mais les gencives saignaient toujours au moindre contact.
Le hasard lui fit découvrir une large tache d’un noir vineux, oceupant la région épigastrique, qui est un endroit sensible et exposé aux contusions chez les cordonniers. Cest ce qui lamena auprès de moi. É
En l’examinant je découvris en outre une autre ecchymose au mollet. Nul doute, c’était du scorbut, seulement il ne s’était manifesté que par quelques symptômes: lassitude, constipation, stomatite et ecchymose.
Traitement. — Légumes verts, jus de citron, vin de quinquina et repos.
En huit jours tous ces symptômes disparurent.
OBSERVATION IV (Personnelle).
V. L.., âgé de soixante ans, marinier, habite sur les bords du marais vendéen nord-ouest, dans une bourine (voir Observation II), avec sa femme et quatre enfants, possède un bateau sardinier dirigé par ses fils.
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Leur nourriture se compose surtout de sardines et autres poissons de mer avec coquillages. Ils utilisent ainsi pour leur usage personnel ceux qu'ils n'ont pu vendre et qui pourraient s’altérer, quand ils ne le sont point déjà. Le père et l’aîné des enfants ont eu les fièvres paludéennes en 1892.
V.L... au milieu de l’été 1894 est obligé d'interrompre son travail à cause d’une grande lassitude, à la suite de laquelle il eut, dit-il, du gonflement et du saignement des gencives ; il était en même temps fortement constipé. Il n’a pas eu de douleurs scorbutiques. Cette indisposition à duré huit jours et il pouvait ensuite reprendre son travail.
Je crois, sans avoir vu le malade (1) qu’il s’agissait du scorbut à cause de la coïncidence suivante (voir Observation V).
OBSERVATION V (Personnelle)
Le malade qui à fait l’objet de l’Observation IV à quatre enfants qui travaillent avec lui.
Quand le père, guéri du scorbut, reprit son travail, l’aîné (vingtsept ans) et le second (vingt-cinq ans) qui avaient fait un surcroît de travail pendant la maladie du père, furent obligés de s’aliter à un jour de différence pour une grande fatigue, analogue à celle qu'avait éprouvé leur père. Tous les deux eurent une éruption, paraît-il, de vésicules siégeant surtout sur les bras qui sont constamment, dans leur profession, le siège de frottement.
Survint en même temps du gonflement et du saignement des gencives. Je fus appelé auprès d’eux pour des ecchymoses siégeant aux membres supérieurs et inférieurs. Elles avaient débuté chez les deux
(1) Il n’a consulté personne et n’a pris aucun remède.
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frères par les avant-bras. Je ne pus constater l’éruption qui avait disparu, mais l’état des gencives était toujours le même. Le frère aîné, qui a eu les fièvres paludéennes en 1892 (nous sommes en 1894), est en outre porteur d’une ecchymose à un mollet.
Traitement. — Viandes de boucherie, cresson et autres légumes verts et vin de quinquina.
Huit jours après tout avait disparu, sauf chez l’ancien paludéen, à qui il a fallu cinq jours de plus pour se remettre.
OBSERVATION VI (Inédite).
Communiquée par M. le D' Bouver.
G. D... âgé de trente-cinq ans. Entré à l'hôpital le 31 octobre. Sorti le 8 novembre 1895. Salle 12, lit 8.
Profession : pêcheur de morues (Terre-Neuve).
Antécédents héréditaires (néant).
Antécédents personnels (néant), alcoolique ?
Tous les ans à bord du navire Océan part pour Terre-Neuve.
Il dut vers le commencement de septembre 1895 interrompre son travail (qui était des plus pénibles) à cause d’une extrême lassitude qui dut l’obliger à s’aliter.
A cette lassitude vinrent s'ajouter de vives douleurs ; douleurs musculaires et articulaires, douleurs en ceinture ; elles débutèrent vingtquatre heures environ après l’apparition de cette lassitude. Le teint devint terreux.
Un médecin, auprès duquel il alla demander un certificat de maladie, déclara qu'il s'agissait du scorbut,
Cependant il n’y avait que les symptômes suivants : lassitude, changement de teint et douleurs.