‹ Contribution à l'étude du Séminome de l'OvaireChapitre 18 sur 28 · SIGNES OBJECTIFS · texte numérisé non relu

SIGNES OBJECTIFS

Ils ne présentent pas de particularités, le palper montrera une tumeur unilatérale, dans la plupart des cas; nous avons noté la bilatéralité dans sept observations. Cette tumeur est perceptible sous la forme d’une masse dure, élastique pour Fauvet, parfois ronde et lisse, dans d’autres cas, comme chez notre malade, la main qui palpe délimitera un contour bosselé avec quelques nodules. Cette tumeur, souvent indolore spontanément, est peu douloureuse à la palpation. Cette masse, qui peut remplir toute la cavité abdominale, est en général mobile, sauf dans les formes à court pédicule ou dans les cas d’adhérences. Elle siège dans le pelvis ou dans une fosse iliaque avec une égale fréquence à gauche ou à droite. On peut, la trouver anormalement située, comme dans le cas rapporté par Horand, elle se trouvait dans une grosse hernie inguinale ; dans celui de Béclère, Siredey et Ménétrier 1l s'agissait d’une tumeur de laine; ces faits correspondent à la migration d’un ovotestis, dans la portion mâle duquel s’est développé un séminome.

L'examen de l’abdomen peut révéler la présence d’une ascite libre, peu importante, cette ascite s’observe surtout dans les formes bilatérales ou dans les formes malignes avec essaimage et greffes péritonéales (Laffont, Tixier). L'examen gynécologique (toucher vaginal s'il est possible, toucher rectal, hystérographie) confirmera la présence d’une tumeur annexielle, mais sans que l’on puisse préciser davantage sa nature. Toutefois, dans certains cas, on notera des anomalies

du tractus génital et cette constatation pourra être de grande valeur.

Modifications sexuelles et menstruelles.

Ce sont les auteurs allemands qui ont attiré l’attention sur la possibilité et la fréquence du séminome ovarien chez des malades présentant un développement anormal de lPappareil génital. Nous pensons plutôt que le développement de cette tumeur se fasse plus souvent chez des femmes normalement constituées. À la fin de notre travail nous avons réuni nos observations en suivant la classification de Meyer, elle comprend trois groupes :

19 Séminome chez des femmes normales.

20 Séminome chez des femmes dont l’appareil génital est plus où moins hypoplasié.

39 Séminome chez les hermaphrodites et pseudo-hermaphrodites.

On verra que sur 45 cas, nous en avons rangé :

37 dans le [er groupe.

b dans le 2e

3 dans le 3€ =

Nous avons cherché quelles étaient, dans chacun des groupes, les anomalies génitales et les troubles menstruels.

Premier groupe. — [es 37 malades qui rentrent dans cette classe étaient absolument normales au point de vue constitution somatique et génitale.

Mais certaines ont préserté des modifications menstruelles.

Un cas de menstruation précoce a été rapporté par Rendu et Pouzet chez une fillette de 6 ans qui présentait, par ailleurs, des organes génitaux normaux pour son âge.

Des règles irrégulières, douloureuses, peu abondantes, dans 4 cas (Thelin, Lazaresco, Wolfe, Bazterrica).

Des métrorragies, également dans 4 cas (Géry, Ricard, Joly, Faragasanu).

Aménorrhée secondaire, dans 3 cas (Mathieu, aménorrhée de 6 mois; Daniel, 8 mois; Cristidi, ? mois).

Deuxième groupe. — Nous n’avons que D observations, appartenant à cette classe, dans tous ces cas les malades présentaient une hypoplasie génitale. Soit des organes génitaux internes : utérus réduit à une simple ébauche (Franke), ou même utérus absent (Dupont); l'ovaire du côté opposé est assez souvent atrophié. Soit aplasie des organes génitaux externes, coïncidant avec un retard dans l’opposition des caractères sexuels secondaires, poils pubiens et axillaires peu nombreux, seins peu développés, clitoris rudimentaire, bassin étroit.

Les troubles de la menstruation que nous avons notés chez ces malades consistent en règles irrégulières (dans le cas de Wallis), en aménorrhée secondaire (datant de 10 ans dans le cas de Dupont), en aménorrhée primitive (trois cas observés : Franke, Wolfe, Perreira).

La malade de M. le docteur Blanchot doit être placée dans ce groupe, elle présentait une aplasie du vagin, une atrophie nette de l’ovaire non tumorale, et une aménorrhée primitive.

Troisième groupe. — Nous n'avons à présenter que 3 observations de ce type : il s’agit de femmes âgées qui ont une aménorrhée primitive; dans 2 cas le séminome s’est développé sur un ovo-testis ectopique (Morand, Béclère).

Nous voudrions dégager de cet exposé schématique d’abord une notion clinique, ces modifications menstruelles et génitales pourront aiguiller, en présence d’une tumeur de l'ovaire, vers une origine germinative, et ensuite une notion pathogénique : le séminome ne saurait être rendu responsable de ces troubles, c’est essentiellement une tumeur indifférenciée, tirant son origine d’une lignée souche qui n’a aucune action endocrine (Peyron). Les caractères sexuels secondaires n’opèrent jamais, comme dans l’arrhénoblastome, une différenciation vers le type mâle; on peut les trouver, dans certains cas, comme chez notre malade, arrêtés dans leur

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développement; mais l’hypoplasie génitale interne peut être incriminée, jointe à une action freinatrice du séminome, sur le fonctionnement ovarien. À propos d'une malade de Ménétrier et Béclère qui, sans appétit sexuel, était étonnée d’éveiller des désirs parmi les jeunes filles qui lentouraient, Hoche a attiré l'attention sur les troubles du psychisme féminin frigidité et même inversion; nous n’avons Jamais rencontré de troubles psycho-sexuels, toutes les malades dont nous relatons les observations étaient normalement orientées au point de vue sexuel.

Ayant cité, plus haut, l’arrhénoblastome, nous voudrions donner quelques précisions sur cette tumeur peu connue encore, s’observant chez des femmes jeunes, et qui se sépare nettement du séminome par son action endocrine. Cette tumeur présente, dans sa forme typique, une structure tubulaire, c'est l’arrhénoblastome vrai (de À. Meyer), auquel il faut ajouter la forme atypique solide et la forme dite mixte. À l'inverse du séminome, l’arrhénoblastome est virilisant, d’où le nom d’andréioblastome, sous lequel certains auteurs le dé-ignent; 1} produit sur les caractères sexuels secondaires acquis, une déféminisation (aménorrhée, atrophie des seins, disparition des dépôts de graisse), et surtout une masculinisation (développement des poils et de la barbe, voix grave, développement du clitoris, modification du bassin). Cette tumeur agit de façon directe en élaborant l'hormone mâle vraie, dont nous rappelons la formule globale proposée par Butenaudt C!H%02. De plus, les caractères féminins normaux réapparaissent après l’ablation de la tumeur ; néanmoins les récidives et métastases sont fréquentes.

Evolution.

Le début du séminome est assez difficile à préciser, les troubles menstruels qui semblent en marquer l’origine remontent, en général, à quelques mois (6 mois pour Géry et Reeb, Desmaret et Masson, 8 mois pour Daniel). Le développement de la tumeur qui est indolore passe souvent inapercu,

et, en quelques mois, elle atteint un volume considérable (7 mois pour Heche, Rendu et Pouzet, 6 mois pour Hamant et Cornil); cette évolution rapide signe la malignité d’une telle tumeur. Après cette période d’accroissement en quelque sorte latente, ou la tumeur reste encapsulée, survient la phase de dissémination.

Les plus caractéristiques de ces manifestations sont les métastases ganglionnaires qui se font dans le premier relai des lymphatiques ovariens aboutissant à la production de œrosses adénopathies lombo-aortiques en avant et en arrière du pédicule rénal. Ces masses ganglionnaires peuvent donner lieu à des phénomènes mécaniques de compression vasculaire et d’occlusion intestinale.

On peut observer des infiltrations locales dans les autres organes pelviens. Hoche, dans une observation, a noté une erosse infiltration de la région pelvienne sous-péritonéale, et pour lui les formes avec envahissement local ont une évolution plus rapide que les formes à métastases lymphatiques.

Enfin, le séminome peut donner des métastases à distance, métastases viscérales qui sont plus tardives. On en a rencontré dans la rate (Béclère), dans la paroi abdominale (Desmaret, et Masson), dans le tibia (Krafft).

L'influence de la grossesse a été étudiée par quelques auteurs; Géry el Reeb rapportent un cas de séminome apparu 15 mois après un accouchement. Lazaresco et Platnareanu un autre cas, apparu 18 mois après. Doubrèse à observé un cas d’occlusion intestinale par séminome 8 Jours après un accouchement. Pour Buschbeck et Laffont, qui relatent deux observations de séminome se manifestant dans les jours suivant un accouchement, le séminome ne gêne en rien la orossesse, mais le post parlum pourrait donner un coup de fouet à la tumeur qui prendrait une évolution suraiguë. Aguinaga, par contre, cite le cas d’une jeune femme enceinte de 3 mois qui a présenté un séminome d’allure bénigne, lequel fut extirpé, la malade a pu ensuite mener à bien sa grossesse.

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