‹ Contribution à l'étude du Séminome de l'OvaireChapitre 19 sur 28 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

L’exposé de la symptomatologie du séminome ovarien montre l'extrême difficulté que l’on rencontrerait en voulant. établir un diagnostic différentiel d'avec les autres tumeurs solides de l’ovaire. Jusqu'à présent, les séminomes n’ont été reconnus comme tels qu'après l’intervention chirurgicale, Hoche reconnaissait que le diagnostic de séminome « n’a jamais été fait avant l'examen histologique ».

Cependant certains indices cliniques permettraient de les faire soupconner : l’apparition d’une tumeur solide ovarienne chez une jeune fille ou une jeune femme présentant de l’irrégularité ou de l’absence des règles et parfois des malformations des organes génitaux internes ou des anomalies des caractères sexuels secondaires, le développement rapide et insidieux de cette masse qui atteint un volume considérable malgré la conservation d’un bon état général, enfin la présence de grosses métastases lombo-aortiques, tels sont les signes qui, dans la plupart des cas, sont susceptibles d’attirer l’attention du médecin.

Ce mince faisceau de présomptions se trouve renforcé par des notions biologiques de récente acquisition; les recherches du Prolan À dans les urines pourra en effet être d’un précieux secours pour déceler l’existence d’une tumeur de la classe du séminome. Les premiers travaux ont conduit à la recherche d’un test biologique dans les tumeurs du testicule, mais les mêmes données peuvent servir au diagnostic du séminome ovarien. Pour la première fois en 1929 Zondek a mis en évidence la présence du Prolan À dans les urines d’un homme porteur d’un néoplasme du testicule. Heïdrich, Fels et Ma-

thias ont trouvé la réaction d’Asheim et Zondek positive dans des cas de chorio-épithéliome chez des hommes et chez des femmes, ils crurent pouvoir affirmer la spécificité de cette réaction dans le chorio-épithéliome.

Les recherches ultérieures de Russel, Ferguson, Downes, Ellis et Nicholson ont montré que la réaction était positive chez des hommes porteurs d’un séminome du testicule. Ferguson s'est attaché au dosage quantitatif de Prolan A, la décharge de ce Prolan dans les urines n’est pas massive, dans sa statistique le nombre des unités-souris par litre d’urine varie de 400 à 2.000. Wallis fixe ce taux plus bas à 150 ou 200 unités-souris. Le taux d’excrétion du Prolan À dépend de la masse totale du néoplasme et du caractère plus ou moins embryonnaire de sa structure (Béclère).

Les recherches poursuivies par l’école américaine, sur les variations quantitatives de la prolanurie dans les tumeurs testiculaires, doivent entraîner à étudier le même dosage dans les cas de tumeurs solides de l'ovaire étant donné l’identité anatomique du séminome du testicule et de l'ovaire. Certes, les concentrations hormonales sont faibles dans les séminomes, mais elles sont suffisantes pour déterminer une réaction de Brouha positive. Dans notre observation, la recherche des prolans ne put être faite, et la réaction de Brouha fut négative à deux reprises; nous n'avons trouvé cette réaction positive que dans deux cas, ceux de Cristidi et de Ricard. Ricard et Accard ont insisté sur l’intérêt d’un examen quantitatif du test pour dépister le séminome; chez la femme, les causes d'erreurs seront plus nombreuses que chez l’homme, mais à l’âge où apparaît le séminome, la prolanurie a plus d’importance, car elle ne risque pas de créer de mauvaises interprétations comme plus tard la ménopause. Le tableau clinique pouvant évoquer une grossesse extra-utérine (cas de Laffont), la réaction aura quand même, par son peu d'intensité, une certaine valeur.

Nous ne pouvons sur deux cas positifs juger de la valeur de ce test, qui s'est montré négatif dans des observations

authentiques de séminome (Meyer, Kleine). Néanmoins, ainsi que Béclère le préconise, nous pensons qu’une excellente règle de conduite, en présence d’une femme jeune portant une Lumeur solide de l’ovaire, sera de rechercher el de mesurer l’excrétion urinaire du Prolan A.

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