LA RÉACTION DE FREUND-KAMINER
E. Freund et G. Kaminer (1) ont observé que le sérum normal détruit les cellules cancéreuses alors que le sérum des individus cancéreux n’attaque point ces cellules.
Ils préparent une émulsion de cellules cancéreuses et font la numération des éléments; puis ils portent à l'étuve à 40 degrés pendant une heure des tubes renfermant les uns l'émulsion de cellules avec du sérum normal, les autres la même émulsion avec du sérum cancéreux ; on pralique ensuite la numération des éléments.
Le sérum normal diminue le nombre des cellules de 89 p. 100.
Le sérum cancéreux diminue ce nombre seulement de 19 p. 100 (Gouget, Presse médicale, 14 décembre 1912).
La réaction serait positive 54 fois sur 54 cas de cancer, et négative 48 fois sur 49 cas d’affections diverses non cancéreuses.
R. Kraus, von Graff et Ranzi (2) obliennent une
1) FREUND ET KaMINER. Wiener klinische Wochenschrift, 1910, n°° 10 et 34; 1911, n° 51; 1919, n° 43 ct 1913, no 51.
(2) R. KRaUS, von GRarr Et Ranzr. Wiener klinische Wochenschrift, 1911, no 2SssM910, nue
HET Me
réaction positive 71 fois sur 100, négative 35 fois sur 100, douteuse 4 fois sur 100, dans des cas de cancers certains.
Leschke (1) trouve la réaction positive dans 58 p. 100 des cas de cancer.
Lotti (2), Stammler (3), von Monakow (4), Ravenna (5) ont vu la réaction manquer dans des cas cerlains de cancer, et exister au contraire dans des affections non cancéreuses.
La réaction de Freund-Kaminer ne paraît donc rien
offrir de caractéristique pour le diagnostic du cancer.
L'intra-dermo-réaction.
Claret et Gy (6) préparèrent une solution de nucléoalbumines extraites d'un suc cancéreux et l’injectèrent à la dose de 1/6 de centimètre cube dans le derme de quatre malades : deux cancéreux et deux non cancéreux. Le résultat fut absolument négatif.
Achard et Flandin (7) employèrent un extrait glycériné de cancer du sein et remarquèrent l'apparition, au point d'injection, d’une petite zone blanchätre, d'apparence urlicarienne. Le liquide peut être résorbé assez
(1) Lescuke Beitrage sur Klinik Infektionskrankheiten, 1913, Tome II.
(2) Lorri. Siu piu recenti melodi per le diagnosi precoce di carcinoma gastrico. Firenze, 1911.
(3) SrammLer. Chirurgien-Kongress, 1911.
(4) Vox Monakow. Munchner medizinische Wochenschrift, 17 octobre 1911.
(5) Ravenwa. Pathologica, 1910, Tome Il.
(6) Crauer er Gy. Bulletin de l’Association francaise pour l'étude du cancer,
(7) Ca. ACHARD ET FLaNDiN. Bulletin de l'Association française pour l'étude du cancer, 1910.
Cent
vile en 24 heures; parfois aussi, il se produit une induration qui persiste plus ou moins longtemps.
La réaction est, en règle générale, plus fréquente chez les cancéreux, mais elle n'offre rien de spécifique, puisque, d'une part, elle a élé nulle 3 fois sur 11 dans des cas de cancer, et que, d'autre part, elle s'est montrée
positive chez des sujets non cancéreux.
La résistance des hématies.
De nombreux auteurs ont étudié la résistance des globules rouges des cancéreux vis-à-vis de diverses solutions hémolysantes. Certains l'ont trouvée diminuée, la plupart constatent une certaine augmentation de la résistance globulaire dans le cancer. De la lecture de tous ces travaux, il est impossible de tirer une conclusion utile pour le diagnostic de cancer (Albert Robin. Les néoplasmes, 15 janvier 1922).
Index hémolytique.
Kelling (1) a constaté que les hématies du sang d'embryon de poulet sont hémolysées rapidement par le sérum des cancéreux, alors qu'elles ne le sont pas par le sérum normal.
Von Dungern (2), Rosenbaum (3) observent la réaction hémolytique dans la moitié des cas de cancer.
Fischel (4) l'observe également dans diverses autres
(4) KEeLLING. Archio. für klinische Chirurgie, 1906.
(2) Vox DüxGERN. Zeitschrift fur Krebsforschung, 1907.
(3) RosemBauM. Munchner medizinische Wochenschrift, 1907, n° 42, (4) FiscueL. Berliner klinische Wochenschrift, 4 mai 1908,