SÉRIE
Burney ne faisant que traduire la sensibilité douloureuse de certains plexus nerveux de la cavité abdominale peut s’observer très fréquemment (surtout chez les sujets nerveux) en l'absence de toute lésion appendiculaire et d'autre part ce point peut rester indolore dans des cas non douteux d’appendicite. C'est seulement lorsque la palpation dénote un appendice douloureux, épaissi ou tuméfié que l’on peut affirmer catégoriquement l’existence d’une appendicite chronique. »
: Qu'il nous soit permis de dire que la palpation d'un appendice, même épaissi, à travers une paroi abdominale parfois épaisse (comme chez beaucoup de femmes) est chose très malaisée. D'’ailleurs, l’appendice peut être en position rétro-cæcale ou ectopique et sa recherche ne donnera rien.
Guiard, dans son Précis de parasitologie, critique aussi la valeur du point de Mac Burney.
« La douleur au point de Mac Burney n’est pas, comme on le croit généralement, pathognomonique de l’appendicite, mais indique simplement un trouble de ja région cœcale.
Une douleur vive dans le palper profond de la fosse iliaque droite, au point de Mac Burney ou dans son voisinage indiquerait le plus souvent l’existence d’helminthes dans l'extrémité de liléon, dans ie cœcum ou dans l’appendice. La simple présence de vers intestinaux en ces régions pourrait donc en imposer pour une appendicite. Quand ces vers siègent dans la région iléocœcale,. comme ïls sont obligés de pénétrer dans la paroi de l'intestin pour se nourrir de sang, ils peuvent irriter les fibres nerveuses et les cellules ganglionnaires dùu sympathique : ce serait, d’après le Professeur Blanchard, l’origine de la douleur typhlo-appendiculaire.
En résumé, un certain nombre d'auteurs se sont élevés contre la valeur absolue du point de Mac Burney. Mais en cela ils se sont rencontrés certainement avec la pensée de l’auteur, car le chirurgien américain ne prétendait pas faire de sa découverte un signe pathognomonique. Cependant la majorité des chirurgiens s’accorde pour lui donner beaucoup de valeur.
RARE as Point de Lanz.
Le 15 février 1908, le Professeur Lanz, d'Amsterdam, écrivait dans le Zentralblatt für Chirurgie, à la suite d'expériences cadavériques faites par lui et ses assistants, les Docteurs Slingenberg et Schrüder : « Le point de Mac Burney n’a rien à faire avec la situation de l’appendice. »
D’après Lanz, ie point de Mac Burney répond anatomiquement à la valvule iléo-cœcaie, tandis que le point d'implantation de l’appendice sur ie cœcum se trouve au niveau du 1/3 droit de la ligne bispinéale. Il y aurait donc intérêt à pratiquer une pression au niveau de ce point pour provoquer la douleur appendiculaire.
Garau (de Cagliari) a fait des recherches sur les points de Mac Burney et de Lanz et il conclut que le point de Lanz est le véritable point appendiculaire; celui de Mac Burney n’est autre que le centre du district cutané correspondant au segment médullaire auquel se rendent les nerts de cet organe. /l conserve par conséquent une grande valeur au point de vue du diagnostic.
Dans le Congrès de chirurgie de 1911, Girard, de Genève, déclara : La valeur du point douloureux de Mac Burney, ou patfois de celui de Lanz pour le diagnostic de l’appendicite chronique d'emblée reste indubitable. |
Il est hors de doute que le point de Lanz soit bien le repère anatomique de la base de l’appendice, mais nous pensons qu'il sera bon de lui préférer le point de Mac Burney pour la recherche de la douleur à la pression, du moins chez les femmes. En effet, le point de Lanz est situé tout près du point ovarien et si l'on songe aux difficultés déjà très grandes du diagnostic difiérentiel de l’appendicite et de l’annexite droite on voit qu'il est préférable d'exercer ia pression au-dessus de ces deux points, dans la zone de Mac Burney, par conséquent.
Poirt de Morris.
C'est un point douloureux à la pression situé sur la ligne spinoombilicaie à 4 cm de l’ombilic; il correspondrait au ganglion sympathique droit. Nous ne l'avons jamais recherché.
LR: Get
Point de Sonnenburg.
D’après Sonnenburg le point qui répondrait à la base d’implantation de l’appendice serait situé à l'intersection de la ligne bi-spinale et du bord externe,du muscle grand droit.
Nous adressons à ce point, que nous n'avons jamais recherché non plus, la même critique qu’au point de Lanz. Il est situé trop près de la zone utéro-annexielle.
Dans les observations de malades que nous avons pu recueillir nous n'avons étudié que les points de Mac Burney et de Lanz. D'ailleurs, on s’est ingénié à provoquer d’une façon éndirecte la douleur en ces points, ce qui est une manière de’ reconnaître leur grande valeur clinique.
B — DOULEUR PROVOQUÉE INDIRECTEMENT PAR INSUF- FLATION DU GROS INTESTIN.
Dans sa thèse parue à Bordeaux en 1914, Belvèze préconise le procédé de Bastedo, de New-York, pour provoquer indirectement une douleur dans la région iléo-cœcale. Il l’a étudié et utilisé surtout pour le diagnostic parfois si délicat des appendicites chroniques avec ou sans annexite concomittante.
Une sonde rectale est engagée, d’une longueur de 25 à 30 cm, dans le rectum et l’air est injecté à l’aide d’une poire en caoutchouc. Si au moment où le colon se distend la douleur et la sansibilité apparaissent par la pression au point de Mac Burney, il y a appendicite. Evacuer ensuite l'air insufflé pour éviter des coliques.
Voici le mécanisme de la douleur provoquée : Déplacement, compression, contraction, dilatation d’une part agissant isolés ou combinés; de l’autre, pression digitale s’exerçant à travers la paroi. Cette dernière pression d'origine extérieure vient faire exploser la douleur au moment de la prise de contact avec l’appendice déjà irrité par une pression intérieure : la tension de l'air injecté.
Dans 10 cas d’appendicite ie signe de Bastedo aurait été toujours positif,
Sen D,
ER e
Nous pensons que ce procédé applicable dans le milieu hospi-
. talier serait difficilement accepté dans la pratique courante..
D'ailleurs n’est-il pas bon que le praticien puisse établir un diagnostic avec le minimum d'instruments ?
Néanmoins le procédé est intéressant et mérite d'être retenu et utilisé à l’occasion.
C — DOULEUR PROVOQUÉE INDIRECTEMENT PAR LA PRESSION DE LA FOSSE ILIAQUE GAUCHE.
La crise d’appendicite aiguë comporte parmi ses grands signes physiques l’hyperesthésie cutanée (étudiée par Dieulafoy) et la défense musculaire de la paroi abdominale droite. La palpation méthodique de la région en est donc rendue difficile et il est malaisé de faire préciser à un malade dont la fosse iliaque droite est toute endolorie, ie point où la douleur à la pression est la plus grande. En outre, la palpation de la région iléo-cæcale n’est pas exempte de dangers dans ces cas. Un abcès appendiculaire limité à pu se former, il y a sans doute des adhérences salutaires qu'il ne faut pas rompre, une ulcération de l’appendice n'ayant respecté que la séreuse est peut-être en imminence de rupture; pour toutes ces raisons, il est aisé de comprendre que l’idée soit venue à des chirurgiens, de provoquer la douleur au point d’élection par des manœuvres indirectes. C’est ainsi que Rovsing fut amené à employer un procédé qui, entre ses mains, donna d’excellents résultats.
Signe de Rovsing.
C’est en 1907 que le Professeur Thorkild Rovsing, chirurgien à Copenhague, fit paraître dans le Zentralblatt für Chirurgie du 26 octobre, un article où il exposait comment il avait été amené à trouver un nouveau signe d’appendicite ou de typhlite. Cet article fut reproduit dans la Semaine médicale du 30 octobre 907. Nous pensons qu'il peut être intéressant de donner ici une traduction de l’article original.
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