AVANT-PROPOS
Le syndrome où l'hypoménorrhée associée à l’adiposité a suscité de nombreuses discussions concernant son étiologie et son traitement. Aussi avons-nous cru intéressant de réunir les documents concernant ce syndrome et de discuter de l'opportunité d’une opothérapie ovarienne et hypophysaire. Certes, l'hypophyse et l'ovaire peuvent, dans leur déficience, être la cause d’une obésité accompagnée d'hypoménorrhée. Mais, dans la détermination de ce syndrome, de multiples facteurs jouent un rôle plus ou moins important :
C’est d’abord le rôle d’autres glandes à sécrétions internes, la surrénale, la thyroïde.
C’est surtout un facteur nutritif et nombre d'auteurs attribuent ce syndrome complexe à un trouble de la nutrition, certains même font de l'hypoménorrhée une conséquence de l'obésité.
Nous nous efforcerons dans cette courte étude de montrer la corrélation qui existe entre le syndrome et une carence hormonale (avant tout ovarienne et hypophysaire). Nous énumérerons ensuite les quelques faits pratiques qui montrent l'amélioration du syndrome par l’'opothérapie ovarienne (la folliculine en particulier), par l’'opothérapie hypophysaire.
DTA
Aussi, étudierons-nous successivement :
1° Le syndrome au cours de la ménopause chirurgicale ;
2° Dans les différentes insuffisances ovariennes ; 3° Dans les affections hypophysaires ;
4° Les thérapeutiques que l'on a essayées en cas d'obésité avec hypoménorrhée ;
5° La folliculine, ses propriétés physiologiques. ses indications, sa posologie, et son action sur le syndrome ;
6° Les extraits hypophysaires et leur action sur l'adiposité-hypoménorrhée.
Qu'il nous soit permis, avant de terminer tout préambule, d'adresser nos sentiments de la plus haute gratitude à M. le professeur Tanon qui nous a suggéré les
sujets de cette thèse, et qui a bien voulu nous faire l’honneur de la présider.
dt débih \ Labs di
L'HYPOMÉNORRHÉE ASSOCIÉE A L'ADIPOSITÉ AU COURS DE LA MÉNOPAUSE CHIRURGICALE
Le syndrome ou l’hypoménorrhée associé à l’adipcsité est connu de la plus haute antiquité, puisqu'il fait partie intégrante de l’ensemble symptomatique de la ménopause chirurgicale.
La castration, chez la femme, qui est la cause de ce genre de ménopause artificielle a été pratiquée en dehors de tout but thérapeutique déjà dans l’antiquité. Sans essayer même d’ébaucher l'historique de la castration, nous rappellerons que Sémiramis fut la première femine, à qui l’on aurait fait l’ablation des ovaires, au xirr° siècle av. Jésus-Christ. Les Romains aussi la pratiquaient dans le but de chercher la stérilité.
Sans nous arrêter à ces faits qui manquent d’intérêt scientifique, nous passons à la castration pratiquée dans le but thérapeutique.
La première dont on trouve mention est celle pratiquée par Percival Pott en 1790, à l’occasion d’une hernie des deux ovaires. Déjà, cet auteur fait la remarque suivante : « La malade jouit depuis d’une bonne santé, mais elle est devenue plus grasse, et apparemment plus musclée ; elle n’a jamais été réglée depuis l’opération qui remonte à plusieurs années ».
Depuis, de nombreuses castrations pratiquées dans
GE
le but thérapeutique se succèdent dans l’histoire, mais la plupart des auteurs négligent de signaler les effets lointains de ces interventions et en particulier de faire mention du syndrome obésité-hypoménorrhée.
Néanmoins nous rappellerons la castration pratiquée en 1843 par J.-L. Astlee, suivie de celle de Washington L. Astlee en Amérique, de Walsh et Clay, Bird et Baker- Brown, Spencer Wells en Angleterre, Koeberle et Péon en France.
Bailly, en 1871, à l’occasion d’une observation d’une ovariectomisée, rapporte entre autres conséquences, l'obésité. Sa malade aurait été atteinte de « polysarcie considérable » (de 90 livres, son poids avait passé à 250 livres).
Puech dit cependant, en 1873, que ces femmes n’ont pas tendance à prendre une embonpoint exagéré lorsqu’elles n’avaient pas déjà une prédisposition à l’obésité.
Péon insiste sur la tendance à l’embonpoint après ovariectomie.
Le mémoire de Gloevecke (1889) qui marque le début d’une nouvelle période durant laquelle sont bien étudiés les effets de la castration ; ce mémoire, dis-je, parle de l'obésité : « sur 35 % de ces malades l’embonpoint s'était considérablement développé, l’augmentation de poids a atteint en moyenne 17 livres et s’est élevée jusqu’à 31, 33 et 40 livres ».
Depuis ce mémoire de nombreux auteurs énumérant dans leurs publications les multiples méfaits de l’ovariectomie, insistent souvent sur l’adiposité.
Cette adiposité consécutive à la castration est connue aussi chez les animaux, et on a pu chez eux donner la preuve expérimentale. En art vétérinaire, en effet, la castration est pratiquée depuis longtemps dans le seul
Lars [7 AS
but de faire acquérir à certains animaux domestiques une surcharge graisseuse notable.
De nombreux auteurs ont douté de la corrélation qui existe entre l’ablation des ovaires et l’embonpoint consécutif. Aussi des expérimentations se suivirent dont les résultats sont souvent discordants.
Lambert a fait l’opération suivante : deux lapines adultes pesant : A. 2.500 grs, B. 2.260 grs, ont été mises le 4 janvier dans deux cages, et ont reçu chacune la même ration (alternativement carottes, pain, pommes de terre). Les deux ovaires ont été enlevés le jour même à la lapine A, la lapine B servant de témoin. Or un mois après, c’est-à-dire le 4 février les deux animaux avaient perdu chacun une centaine de grammes sans qu'aucune lésion pût en expliquer la raison.
On n’a tenté qu’un nombre relativement restreint de recherches scientifiques pour élucider cette question.
Caratulo et Tarulli ont signalé chez la chienne à la suite d’ablation des ovaires, une diminution des phosphates urinaires. Ils attribuaient cette diminution à une influence d’oxydation du phosphate organique.
Pinzani, quelque temps après, confirme ce fait.
Ses recherches ont une importance primodiale puisque l’on sait que du ralentissement des oxydations intraorganiques à l’adipose, il n’y a qu’un pas.
Cette conclusion était fortifiée par les observations de Lœvy et Richter qui avaient noté la diminution des échanges respiratoires chez la chienne castrée, diminution qui serait due à l’affaiblissement d’oxydation du protoplasma. k
Dans un travail récent, Luthje arrive à des résultats différents de ceux des auteurs précédents et il conteste à l’ovaire toute influence directe sur l’augmentation des graisses.
LE