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Quoi qu’il en soit, si les auteurs ne sont pas d’accord pour attribuer l’adiposité post-opératoire de l’ovariectomie à l’intervention même, on est frappé par la fréquence de ce phénomène. Aussi les malades qui connaissent la nature de l’opération qu’elles ont subie ne manquent pas de manifester au chirurgien leur appréhension de grossir.
C’est à dessein que nous avons ouvert une parenthèse pour montrer l’état expérimental de la question et laisser à la fin le rapport de Jayle (1897) qui a fait étape dans le problème de l’adiposité et de l’hypoménorrhée de la ménopause chirurgicale.
Dans cette étude détaillée sur les effets physiologiques de la castration, nous lisons dans le chapitre des « troubles de.la nutrition » les lignes suivantes concernant l’adiposité : « L’adipose est fort gênante et les malades s’en plaignent beaucoup, heureusement c’est contrairement à ce que l’on pensait, un des effets les plus rares de la castration ».
Et plus loin : « J’ai observé deux femmes, dont l’une avait atteint 200 livres et dont l’autre s’est trouvée doublée de poids. La première dut subir la laparatomie ultérieure, elle mourut de septicémie péritonéale aiguë en moins de 48 heures et le développement fut dû, en partie, précisément à cet état adipeux qui avait rendu l’opération longue et laborieuse et mettait l’organisme en état de faible résistance antimicrobienne ».
« Relativement à la fréquence, j’ai fait la statistique suivante :
« Sur 42 castrations ovariennes : 10 ont pris de lembonpoint, 4 d’une façon notable et très incommodante ; C
« Sur 13 castrations utéro-ovariennes : 5 ont un embonpoint plus ou moins notable ;
« Sur 14 castrations utérines sans ovariectomie dou-
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ble totale : 3 présentent de l’adipose et 2 restent sans changement.
« En général, il m’a semblé que l’adipose marquée, survient moins après l’hystérectomie simple qu'après l’ophorectomie.
« J'ajoute que ces symptômes n’empêchent aucun des autres phénomènes vicariants de survenir et que toutes les ophorectomiées qui l’ont présenté n’avaient plus leurs règles. »
Et l’auteur, après avoir signalé quelques cas d’amaigrissement post-opératoire, conclut sur une note de pronostic : « L’adipose et l’amaigrissement à un degré marqué doivent à mon sens être regardés comme des phénomènes importants, non seulement au point de vue social, mais encore quoad vitam. Ils mettent l’organisme en état de minoris resistentiæ et la vie finalement s’en trouve abrégée ».
Après ce retentissant rapport, de nombreux travaux concernant le même problème s’échelonnent jusqu’à nos jours ; nous allons en signaler quelques-uns :
Chez les 28 opérés de Julien, 13 avaient un peu engraissé, 13 pas du tout, 2 avaient maigri.
Ferry (1907), se basant sur les chiffres qu’il indique, nie l’obésité d’origine ovarienne : 15 femmes avaient quelques kilos, 6 avaient légèrement engraissé, 28 n’avaient pas changé, 2 avaient diminué.
Lomasles (1927) considère par contre l’engraissement comme un phénomène fréquent, puisqu’il le trouve dans 18 cas, à une intensité d’ailleurs variable.
Gaudin (1930) dit que la castration provoque une diminution du métabolisme basal, la malade engraisse. Il note ce symptôme dans 14 cas sur 24 malades.
Enfin, Rizoff (1934) nie toute corrélation entre l’obésité et l’ablation des ovaires.
Met pes Quoi qu’il en soit, nous pouvons conclure :
1°) L’adiposité n’est pas un phénomène constant de la ménopause chirurgicale ;
2°) Elle existe néanmoins assez souvent et constitue alors une manifestation des plus gênante ;
3°) On peut, certes, l’attribuer à d’autres facteurs que l’absence des ovaires :
Des troubles d’oxydation avec hypo-activité des échanges hypo-azoturie, hypo-phosphaturie, diminution du chimisme respiratoire,
De l’asthénie qui s’empare souvent de la malade, De l'appétit qui s’exagère,
De l’activité générale et fonctionnelle diminuée, Du fait d’avoir supprimé un état pathologique,
Du fait d’avoir supprimé une glande qui servait de régulateur à d’autres glandes à sécrétions internes,
De la prédisposition à l’engraissement ;
4°) Malgré tous ces facteurs, il existe cependant un fait indéniable, c’est que cette adiposité est déclanchée par l’ovariectomie ;
5°) Un point essentiel enfin reste, sur lequel nous aurons à revenir, c’est que cette adiposité est comme lhypoménorrhée qui l’accompagne, améliorée dans nombre des cas, par les extraits ovariens ; c’est là une preuve de première valeur.