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menstruel était souvent accompagnée d’obésité, ne pouvait échapper à l’attention des anciens accoucheurs. On trouve de pareilles observations chez Mauriceau, Delamotte et beaucoup d’autres.
« Il est assez commun, dit Depaul en 1874, que je sois consulté par des femmes qui se croient enceintes parce qu’elles ont vu leur ventre se développer, leurs seins grossir, leurs règles se supprimer. Après examen je trouve qu’elles ne sont pas enceintes, mais qu’elles sont affligées d’obésité du ventre. »
Nous allons étudier successivement l’obésité pubertère, l’obésité de la grossesse, l'obésité de la ménopause.
1°) Obésité pubertère.
De nombreux auteurs attribuent l'obésité pubertère qui s’accompagne d’une difficulté de l'établissement des menstrues à une insuffisance ovarienne.
Ils estiment que les jeunes filles engraissent en même temps qu’elles sont peu ou mal réglées et que l’obésité disparaît plus ou moins vite dès que le flux menstruel s'établit d’une façon régulière. (Sicard).
C’est parce qu’elles sont insuffisamment réglées, dit Keller Vereecke, qu’elles deviennent obèses.
Il est cependant très difficile à cet âge de préciser l’origine de l’obésité.
La folliculine où les extraits ovariens ne faisant que rarement leurs preuves sur le syndrome obésité avec hypoménorrhée, nombreux auteurs attribuent à l’obésité même les troubles des règles. Ils apportent comme argument, en faveur de cette hypothèse l’hyper-activité dans la sphère génitale au cours de cet âge.
Chez la femme la puberté est marquée par l’apparition des caractères sexuels secondaires, une poussée générale de croissance, des modifications du squelette,
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une augmentation et une répartition différente de la graisse sous-cutanée, le développement des seins, des modifications du psychisme, enfin par l’établissement des menstruations et l’aptitude de la conception.
Avec cette sur-activité physiologique se produit une augmentation de l’appétit qui peut devenir une véritable voracité, la plupart des enfants mangent à ce moment-là beaucoup trop et beaucoup trop vite (Vignes).
En somme pour ces auteurs la fréquence de l’obésité à la période pubertaire est due à la poussée nutritive qui fait le fond de cette période de la vie, et aux exa-
gérations alimentaires qui sont fréquentes à cet âge.
Mais il existe néanmoins des cas où l'obésité est consécutive aux troubles de l’établissement de la puberté. Ces enfants souffrent du ventre ; les règles ne se sont pas installées, ou au contraire elles existent, mais l'écoulement est insuffisant et de courte durée ; ceci peut durer des mois, voire des années. On est frappé par l'augmentation progressive du poids. C’est dans ces cas où l’obésité semble être une conséquence de l’insuffisance ovarienne que l’opothérapie est indiquée.
2°) Obésité de la grossesse.
On admet que l'obésité de la grossesse est due à l'insuffisance ovarienne ; toutes les modifications qu’on y observe correspondent à celles des castrées : ralentissement des oxydations, tendance à l'obésité (Sicard, Berkovitch).
Pour Bouchard, chez la femme pendant toute sa vie génitale les oxydations sont ralenties, mais surtout pendant la gestation qui est pour lui une des causes les plus fréquentes de l’obésité. Sur 51 femmes obèses observées par lui il existe 17 cas où l’obésité a débuté immédiatement après la première grossesse, c’est-à-dire dans 1/3 des cas.
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Pour Charrin, l'ovaire serait pendant la période de gestation en sommeil physiologique.
En effet, très fréquemment, dès les premiers mois de la grossesse les femmes enceintes augmentent de poids et font un peu partout, dans le foie notamment des réserves considérables des graisses. Mlle Deflandre, dans sa thèse soutenue à la Faculté des Sciences en 1903, a pu constater l’accumulation de graisse dans le foie au moment de la reproduction ; une incursion dans le domaine zoologique nous enseigne qu'après fécondation, certaines femelles deviennent parasites, se gorgent d’aliments, doublent de poids, tandis que le mâle reste un avorton voué à une vie éphémère.
3°) Obésité de la ménopause.
L’obésité de la ménopause est d’une banalité extréme.
Plus de la moitié des femmes, dit Kufferath, commencent à prendre de l’embonpoint quand elles atteignent l’âge critique, et il ajoute que le dépôt de graisse semble diminuer les inconvénients de celui-ci.
On s’est surtout appuyé sur l’obésité survenant aux environs de la ménopause pour montrer l’importance considérable de l’ovaire dans la production de l’obésité (Carnot, Mouriquand, Sainton, etc.). Les troubles de la nutrition sont en effet si fréquents que certains d’entreeux paraissent faire partie intégrale du syndrome ménopause. Le cycle des graisses paraît spécialement touché, les femmes s’empâtent et perdent leur forme. Le pan- nicule adipeux se surcharge d’abord au niveau des fesses et des hanches. Le ventre et les parties supérieures des cuisses sont ensuite les sièges habituels de l’obésité de la ménopause.
En conclusion donc le syndrome d’obésité associé à
l’hypoménorrhée peut se voir à tous les âges de la femme. Il ne peut pas toujours être attribué à l’insuffisance ovarienne. Souvent comme beaucoup d’auteurs le soutiennent, le professeur Labbé en particulier, l’hypoménorrhée avec tout le cortège de signes d’insuffisances ovariennes serait la conséquence de l'obésité.
Il n’en reste pas moins vrai que, dans nombre des cas la carence de la sécrétion ovarienne entraîne un trouble nutritif, un trouble dans le métabolisme des graisses et des hydrates de carbone et de là de l’obésité.
LE ROLE DE L'HYPOPHYSE DANS LA DÉTERMINATION DU SYNDROME OBÉSITÉ-HYPOMÉNORRHÉE
L'hypophyse, glande à sécrétion interne, comprend deux lobes : un antérieur, épithélial ou glandulaire, tire son origine d’un des diverticules de la cavité buccale,
- un postérieur qui dérive du cerveau, auquel il demeure
uni par la tige pituitaire qui s’implante sur le plancher du 3° ventricule.
Parmi les multiples troubles dûs à l’hypo ou l’hyper fonctionnement de l’hypophyse, nous ne rappelons que celui qui intéresse spécialement notre sujet :
1°) Des troubles du développement, attribués à l'insuffisance du lobe antérieur, qui consiste dans le retard de la croissance, mais aussi dans un arrêt dans le développement et la fonction des organes génitaux ; une fonction sur l’ovaire est attribuée au même lobe.
2°) L’obésité : celle-ci s'accompagne d’une tolérance exagérée pour les hydrates de carbone due à l’insuffisance de la sécrétion du lobe postérieur, mieux, de la zone intermédiaire. La preuve expérimentale de linfluence de l’hypophyse sur le métabolisme des graisses a été donné par Anselmino et Hoffmann.
Ils ont pu extraire de l’hypophyse une substance
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hormonale capable d’élever la cétonémie de l’animal (moins l’acide diacétique et l’acétone que l’acide B-oxybutirique). Appelée improprement « orophysine» par Magistris, il semble qu’elle soit identique à la lipoïtrine que Raab a extraite du lobe postérieur de l’hypophyse.
Cette fonction lipo-régulatrice s’exagère au cours de la grossesse. Cet hyperpituitorisme gonadotrope de la gestation est indiscutable, puisque l’on sait que cet organe double son poids chez la femme enceinte et que, en plus de son aspect histologique caractéristique, on peut mettre en évidence sa suractivité par des tests biologiques éprouvés.
3°) Le complexe adiposité-hypoménorrhée fait partie de certains syndromes hypophysaires et en particulier du syndrome adiposo-génital de Babinski-Frohlich.
C’est Babinski, en 1900, et Frohlich, en 1901, qui nous ont fait connaître les éléments de ce syndrome, déjà entrevu par Pechkrand et ses relations avec les tumeurs hypophysaires. Son étude a été poursuivie par Bartels, Launois et Cléret, Cuching, Mouriquand. Le syndrome est constitué de deux signes essentiels : l’obésité et les troubles génitaux.
L’obésité est le signe qui frappe le premier. C’est une obésité très forte, elle peut même devenir monstrueuse. Elle est totale, mais atteint certaines régions avec prédilection. La graisse s’infiltre surtout dans la région lombaire, la partie supérieure des cuisses, la région pubienne, l’abdomen, la poitrine, les régions sous-mentonnières et sus-claviculaires. La nuque est relativement respectée. La face épanouie, lunaire, repose sur les coussinets adipeux de la région cervicale.
Une fillette de 5 ans, observée par Madelong, pesait 42 kg. ; une malade de Launois et Cléret qui, à 20 ans. en santé normale, accusait 52 kg., en pesait 117 à 29 ans.