‹ Contribution à l'étude du Syndrome d'hypoménorrhée associé à l'adiposité Et son Traitement par l'Opothérapie ovarienne et hypophysaireChapitre 9 sur 18 · PE? 3,0 D · texte numérisé non relu

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Chez la femme, les seins volumineux retombent sur l’abdomen et l’abdomen lui-même formant une sorte de tablier, s'étale au-devant des cuisses. L’infiltration graisseuse ne se limite pas d’ailleurs aux téguments, elle envahit les viscères et surtout le péritoine.

Les troubles génitaux sont variables selon l’âge. L’âge qui nous intéresse est la période post-pubertaire, les troubles sont alors : une persistance de la morphologie infantile, la menstruation fait défaut, parfois elle existe, mais elle s'établit anormalement : règles de courtes durées, ne survenant pas à une date précise, accusant souvent des retards très importants.

Ce syndrome de Babinski-Frohlich englobe donc le complexe adiposité-hypoménorrhée.

Fischer, Cuching, défendent l’origine endocrinienne de ce syndrome et l’attribuent à l'insuffisance du lobe postérieur de l’hypophyse. Une lésion primitive de l’organe, sa compression par une tumeur voisine ou par le 3° ventricule distendu, la compression de la tige pituitaire qui empêcherait le passage du produit des sécrétions dans le liquide céphalo-rachidien seraient ses causes habituelles. Ces théories s’appuient sur des données expérimentales qui montrent que l’ablation partielle de l’hypophyse est suivie chez le chien d’un syndrome adiposogénital typique. Cushing invoque en sa faveur l’action de l’extrait de lobe postérieur qui élève la pression artérielle et la température et réduit la tolérance exagérée des hydrates de carbone et des graisses.

Pour J. Camus et Roussy le syndrome adiposo-génital n’est pas d’origine glandulaire. Il serait dû à une lésion du plancher du 3° ventricule et en particulier des noyaux gris du fuber cinereum. Camus et Roussy pensent que le syndrome expérimental relève non pas d’une lésion hypophysaire, mais de la destruction concomitante de la base du cerveau ; il ne serait donc pas néces-

Nes

saire d’invoquer la compression de la tige pituitaire pour expliquer les cas où l’affection est due à une tumeur du 3e ventricule. Dans une observation de Lereboullet, Mouson et Cathala, une tumeur du æ ventricule a provoqué la symptomatologie typique sans que l’hypophyse, comprimée cependant depuis 13 ans, présentât des altérations marquées. De même l’hydro-céphalite peut se compliquer d’obésité (Babinski et Denoyelle). P. Bailly et Bremmer ont d’ailleurs réalisé chez deux chiens le syndrome adiposo-génital par une simple piqûre du tubercinereum ; chez ces animaux, l’intégrité de l’hypophyse a été vérifiée au microscope.

Mais le problème de l’obésité avec hypoménorrhée a été remis en discussion depuis que l’on attribue à l’hypophyse antérieure un rôle dynamique sur la sécrétion interne de l’ovaire.

C’est Zondek et Ascheim, Brouha et Simonnet qui ont montré l’existence de cette-fonction hypophysaire antérieure.

A première vue, ce fait ne nous surprend guère ; nous savons par la clinique qu’il existe des migraines d'origines hypophysaires au moment des règles, des réactions hypophysaires chez les femmes ménopausées et un syndrome adiposo-génital décrit par Babinski- Frohlich, chez les femmes atteintes d’insuffisances génitales et dans lequel l’hypophyse jouerait un rôle certain dans les troubles de la nutrition.

Ainsi on conçoit fort bien que le lobe antérieur de lhypophyse ait une action sur l'ovaire et sur les glandes génitales en général. Cette action a été démontrée expérimentalement par Zondek et Ascheim, par Brouha et Simonnet pour ne citer que les principaux auteurs. Le lobe antérieur de l’hypophyse greffé par implantation chez une souris provoque une hyper-ovarie, caractérisée par une multiplication considérable et rapide des folli-

cules de l’ovaire. L’ovaire apparaît comme une grappé de follicules. Le fait est beaucoup plus net chez les souris impubères. En quelques jours, on amène l’animal à la puberté et au rut.

Quand on a voulu, à la suite de ces expériences, injecter à des souris impubères un extrait de lobe antérieur de l’hypophyse, on observa des phénomènes différents ; au lieu de déterminer des follicules dans l’ovaire, on provoqua la formation des corps jaunes, les uns en activité, les autres en voie d’atrophie.

De ces résultats discordants, on a pu tirer avec Brouha et Simonnet la conclusion qu’il existait dans le lobe antérieur de l’hypophyse, deux hormones antagonistes : l’une excitant la production des follicules, et l'autre aboutissant à la formation de corps jaunes atrésiés.

En réalité, il n’existe qu’une seule hormone dans le lobe antérieur de l’hypophyse, comme l’ont bien montré Courrier et Kelle. Les résultats discordants rapportés plus haut tiennent à une question de dose. Avec de faibles doses (correspondant à implantation) on obtient Pactivité folliculaire de l’ovaire. Avec de fortes doses (correspondant aux injections de l’extrait) on provoque la formation de corps jaunes atrésiques.

Quand on opère chez des animaux plus grands que les souris, sur les lapins par exemple, on obtient chez le lapin impubère des follicules nombreux sur les ovaires.

Actuellement, à la lueur de ces expériences, on peut envisager le fonctionnement du cycle ovarien de la façon suivante : une hormone développée dans le lobe antérieur de l’hypophyse excite les ovaires dans lesquels se développe les follicules ovariens. La folliculine mise en liberté agit sur les voies génitales, dont les parois s’épaississent et dont l’épithélium desquame au moment du rut.

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Puis le corps jaune se forme, il agit sur l'œuf fécondé en le fixant dans la muqueuse utérine ou bien il s’atrophie, si l'œuf n’a pas été fécondé et le cycle recommence.

Pour ce qui concerne le syndrome adiposité-hypoménorrhée, la carence de l’hormone hypophysaire antérieure entraîne une carence folliculaire, et de là, par voies indirectes, donc, la réalisation du syndrome.

De nombreux auteurs ont étudié l’action de l’hypophyse antérieure sur la fonction ovarienne et, par là, sa

possibilité de réaliser un syndrome obésité-hypoménorrhée.

Novelli a démontré expérimentalement l’action sexuelle du lobe antérieur de l’hypophyse chez un crapaud femelle.

La fonction lipo-régulatrice a été attribuée au lobe antérieur de l’hypophyse par nombre d’auteurs (Hoffmann et Anselmo, Nieteen et Bructato, Costex).

Ces obésités, appelées par certains, neuro-hypophysaires, pouvant intervenir dans la réalisation des fac-

teurs glandulaires et nerveux, peuvent être classées de la façon suivante :

a) Dystrophie adiposo-génitale, caractérisée, comme nous l'avons vu, par l’adiposité à distribution féminine, hypogénitalisme et symptômes locaux hypophysaires et diencéphaliques, ces derniers pouvant faire défaut.

b) Obésité sans hypoplasie génitale, mais avec des troubles du fonctionnement endocrine des gonades, particulièrement chez la femme : aménorrhée, dysménor-

rhée, stérilité et avec ou sans symptômes neuro-hypophysaires locaux et généraux.

c) Obésité s’accompagnant de développement exa-

US

géré et précoce des organes génitaux, mais avec hypogénitalisme fonctionnel.

Ces quelques considérations sur l’action génitale et lipo-régulatrice de l’hypophyse expliquent les tentatives thérapeutiques par les extraits hypophysaires dans le syndrome obésité-hypoménorrhée. Nous aurons à y revenir.

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