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sensation de lourdeur dans le pied, puis dans la jambe gênant la marche progressivement. Son activité professionnelle n’en est cependant pas modifiée pendant une dizaine d’années. C’est dire que cette parésie puis cette paralysie crurale s’est constituée lentement sans aucune douleur ou même fourmillement si la mémoire du malade est fidèle.
En 1934 il ressent une diminution de la force musculaire, les 4 et 5° doigts droits qui s’engourdissent. Cet état s’accentue intéressant bientôt la main, l’avant-bras et le bras. Les mouvements de l’épaule restant libre au bout d’une année il pouvait encore s’habiller seul et se raser.
Cependant cette hémiplégie constituée en onze ans devient une cause d’arrêt de travail dès l’année 1935. Il se présente à la consultation de l’hospice de Bicêtre, est hospitalisé dans le service du Professeur Alajouanine où il reste six semaines, des examens précis sont effectués : ponction lombaire, prise de sang, résultats négatifs. Examen électrique pratiqué par le Dr Humbert.
Il est dirigé sur la Salpétrière afin d’y suivre un traitement électrique de quinze séances, ce qui aurait momentantment amélioré son état sans qu’il soit possible d’en faire préciser les effets.
Pendant cette longue période le malade n’a jamais présenté de troubles de la sensibilité ou des organes des sens. La parole ne s’est pas modifiée, pas de paralysie faciale.
Entre 1935 et 1938 on ne note pas de nouveaux phénomènes, l’hémiplégie semble s’être fixée gênant la marche, l'écriture devenue impossible dès 1935 bien que le malade fut gaucher, il écrivait cependant de la main droite.
Il vient à la consultation de l’hospice P. Brousse en 1938 où l’on constate l’hémiplégie sans paralysie faciale. Les réflexes tendineux sont très vifs à droite, le signe de Babinski est positif, les pupilles réagissent bien ; la sensibilité est normale.
Quelques mois plus tard le malade ressent une douleur dans le pied gauche s’étendant bientôt à tout le membre sans fourmillement ni douleur.
La marche restant possible mais pénible. On note un signe de Babinski, de Vulpian à gauche, les réflexes tendineux étant vifs de ce côté.
En 1939 l’hypertonie musculaire est plus marquée à droite, la sensibiilté reste entièrement normale.
En 1940, ie malade se plaint d’un engourdissement des doigts puis de la main droite gênant les mouvements déli-
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cats puis atteignant l’avant-bras et le bras. La force musculaire est diminuée aux différents segments, les réflexes tendineux sont alors exagérés au niveau des quatre membres toujours plus à droite. Le signe de Babinski est bilatéral.
On note une légère adiadococinésie. Le sens de l’attitude semble être diminué (B. W. HEcHT et KAHN sont négatifs dans le sang), les troubles sphinctériens font leur apparition, mictions difficiles, longues, rarement impérieuses, la constipation existe, l’activité génitale semble avoir disparu depuis le début de l'affection.
in résumé la triplégie est déjà dépassée, la quadriplégie s’installe.
Les antécédents de M. H. sont dépourvus de maladie ou d’accidents, classé dans le service auxiliaire en raison d’une kératite droite, il n’a pas eu de maladies vénériennes. Marié il est père de quatre enfants également bien portants. Il fait lui-même partie d’une famille de dix enfants dont deux seuls survivent, les causes de cette mortalité sont mal déterminées.
La tuberculose pulmonaire semble avoir été à l’origine. Dans les antécédents collatéraux et ascendants il ne semble pas exister de syndromes neurologiques.
Différents traitements ont été mis en œuvre : électrothérapie, cicutine, Kaneuron, srontiode, sirop de Gibert, Lipiodol, Cortiode, arséniode, iodaseptine et Benerva.
Examen du 20 décembre 1941 :
Malgré son infirmité le malade n’est pas confiné au lit, il peut se déplacer dans sa salle, descendre les escaliers, sortir en ville, certes avec difficultés, car un obstacle sur le sol l’a déjà fait tomber, il lui est alors impossible de se relever seul.
Il marche légèrement courbé en avant, sans canne, projetant le membre inférieur droit en dehors, le pied retombant, dévié en dedans, la contracture apparaissant dans ces mouvements.
A gauche on note les phénomènes identiques, mais moins marqués.
Donc démarche fauchante s’accompagnant de steppage. La station verticale les pieds joints est possible même lorsque les yeux sont fermés, l’équilibre ne semble que peu modifié, il n’y a pas d’ataxie, ni d’asynergie.
Assis, le malade peut difficilement soulever sa cuisse droite, la flexion du genou est très limitée, celle du pied impossible. À gauche au contraire la mobilité volontaire est
bien meilleure. La mobilité de la tête est entièrement conservée dans toutes les directions. Cependant le malade ne peut se tenir assis dans son lit sans soutient, ce qui témoigne d’une atteinte des muscles abdominaux et lombodorsaux.
Au membre supérieur les troubles sont importants, le bras droit est accolé au corps, le coude demi-fléchi, la main pendante, l’avant-bras en pronation. Les seuls mouvements possibles de ce côté sont l’abduction du bras au moyen des muscles scapulaires, une très légère flexion du coude. Mais aucun mouvement du poignet ou des doigts n’est possible. Si l’on tente de mobiliser l’épaule et le coude on se heurte à une contracture importante, le poignet au contraire étant mobilisable, les doigts encore plus. IL existe à ce niveau une hypotonie importante, il n’y a aucune griffe de la main.
Du côté gauche l’atteinte est moindre. L’avant-bras est en pronation moyenne, le poignet un peu fléchi, les doigts légèrement. Le malade peut porter sa main derrière la tête, se servir encore des objets avec une certaine force parvenant tant bien que mal à se raser. Il lui est difficile de relever le poignet et les mouvements délicats lui manquent, les doigts restant fléchis, ne pouvant s'étendre complètement. On note une certaine contracture des muscies du bras, long supinateur et des fléchisseurs des doigts ; l’opposition restant possible.
Il existe donc un état de contracture, surtout marqué au côté droit moins à gauche ne dominant aux segments proximaux droits.
La main droite est flasque, les doigts encore plus. Au membre inférieur le pied droit, tourne en! dedans, et le ballottement provoqué est important, à gauche ces signes sont moins accusés.
Le malade peut se pencher en avant, facilement. L’atrophie musculaire ne domine pas le tableau, certes elle intéresse surtout le côté droit, l’éminence Thénar, la loge interne de l’avant-bras, le biceps mais respecte les muscles scapulaires. À gauche, elle est moins marquée.
Aux membres inférieurs les masses musculaires du mollet sont relativement bien conservées, il n'existe pas d’œdème. Le sujet accuse un amaigrissement important d'apparition récente, peut être en rapport avec une sousalimentation, ce qui peut troubler dans l’appréciation de l’atrophie.
Au niveau de la face on ne la retrouve pas, la langue n’est pas modifiée.
Li SQL
Les réflexes tendineux sont exagérés, surtout à droite, réponses polycinétiques, mais on ne trouve pas dé clonus de la rotule, ou de trépidation épileptoïde du pied. Pas de réflexes contro-latéral des adducteurs.
Les réflexes cutanés sont modifiés. Le signe de Babinski est très net à gauche, moins à droite, lorsque l’on excite la plante du pied, mais l’excitation du bord dorsal à droite provoque l’extension du gros orteil et l’éventail des autres.
Le pincement du tendon d’Achille provoque les mêmes phénomènes des deux côtés, ce que l’on obtient pas par la pression du mollet ou le frottement du tibia, on ne note pas de signe de Vulpian.
Les réflexes crémastériens font défaut des deux côtés. Les cutanés adbominaux sont absents à gauche, seul persiste le cutané abdominal droit supérieur.
L’exploration de la sensiilité ne révèle que peu de modifications. Le tact et la piqûre sont nettement perçus dans tous les territoires, de même le froid et le chaud.
Les attitudes, la pression sont bien déterminés cependant le sens stéréognosique est manifestement altéré.
Les objets ne sont pas reconnus avec précision, leur forme générale est mal discernée, de même que leur constituant métal ou bois, leur nom précis ne peut être trouvé, surtout à droite, à gauche partiellement. La pallesthésie est également diminué. La sensibilité profonde semble intacte dans l’épreuve du talon sur le genou. La sensibilité testiculaire est conservée. Le réflexe nauséaux existe.
Les organes des sens ne semblent pas intéressés. La vision gauche est bonne, à droite une kératite a motivé le classement dans le service militaire, il existe un gerontoxon.
La motricité extrinsèque et intrinsèque est normale. La pupille réagit à la lumière. L’odorat et la gustation ne sont pas modifiés. L’audition reste complète.
On ne note aucune atteinte des paires craniennes, encore moins de troubles bulbaires. Les troubles trophiques se résument à l’atrophie musculaire déjà décrite, la peau et les phanères ne semblent pas altérés. Il faut insister sur les troubles du système sympathique qui se manifestent par un refroidissement de l’hémicoté droit, surtout marqués aux extrémités accusés par le malade et perçus objectivement. Les deux mains sont froides, cyanosés, légèrernent œdématié sous une peau sèche, squameuse. Les pieds n’étant que peu modifiés. Le système pileux semble indemne, le malade est rasé deux fois par semaine.
L’exploration de la circulation aux membres inférieurs