‹ Contribution A L'Étude Du Syndrome De MillsChapitre 25 sur 31 · SAR · texte numérisé non relu

SAR

che devient plus faible et la malade constate que le pied gauche, dans la marche, traîne à terre.

Cet état dure au moins un an. Le trouble moteur se confine strictement au membre inférieur gauche car la malade, très intelligente et très lucide, nous explique que, malgré la difficulté de la marche qui était déjà saisissante à cette date, elle pouvait continuer à jouer avec aisance et facilité des morceaux de piano assez difficiles.

C’est plusieurs années après le début de l’impotence du membre inférieur gauche que se manifeste une difficulté dans les mouvements délicats de la maïn gauche. L’évolution se poursuit régulièrement, c’est-à-dire que le membre inférieur gauche devient de plus en plus faible en même temps que la main et le bras gauches se paralysent.

La malade consulte un neurologiste qui prescrit des traitements divers, entre autres une médication antisyphilitique et pratique une ponction lombaire ; celle-ci donne des résultats négatifs, tous les traitements échouent complètement, à tel point que, depuis six ou sept ans, la malade est dans l’incapacité absolue de se tenir debout et de marcher.

Depuis quelques mois, la patiente remarque que le membre inférieur droit, jusque-là intact, se prend à son tour et que la station est devenue complètement impossible.

Etat actuel. — La malade est complètement immobilisée et confinée au lit, son état général est très satisfaisant, et l’on est frappé par l’intégrité complète de l’état mental et les divers appareils viscéraux.

L'’inspection décèle immédiatement une attitude spéciale du membre supérieur gauche, l’avant-bras est en demiflexion, la main et les doigts effilés sont légèrement fléchis et tout le membre supérieur gauche présente une atrophie musculaire diffuse. Les deux jambes sont en extension. La mobilisation des segments du membre supérieur gauche montre la réalité d’ur mélange d’hypertonie et l’hypotonie, tel qu’on le voit très souvent dans les hémiplégies de l’enfance. C’est ainsi que le poignet peut être davantage fléchi et étendu à gauche qu’à droite ; tandis que dans les mouvements de flexion et d'extension passives de l’avantbras on rencontre une certaine résistance liée à l’hypertonie. L’abduction du bras est également entravée.

Au membre inférieur, l’hypertonie est manifeste, mais non pas très accusée.

Sur la face, le cou, le jeu des muscles est absolument res-

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pecté et la langue n’est pas déviée. La malade avale, mastique et articule les mots les plus difficiles sans la moindre difficulté ou hésitation. Les mouvements des yeux demeurent absolument normaux.

Les mouvements actifs volontaires du membre supérieur gauche sont absolument impossibles.

Aux membres inférieurs, la paralysie est moins globale, la patiente peut avec difficulté soulever, au-dessus du lit, la jambe droite, mais la jambe gauche refuse absolument tout service, seuls sont possibles les mouvements des orteils et du pied.

Les réflexes rotuliens sont vifs et égaux sans clonus, les réflexes achilléens sont également vifs surtout à droite. Au membre supérieur, du côté droit, les réflexes sont un peu exagérés, tandis qu’à gauche, le réflexe stylo-radial est aboli et le tricipital diminué. Les réflexes cutanés se montrent altérés et le réflexe cutané-plantaire est inversé des deux côtés (signe de Babinski). Par les manœuvres de Chaddok, de Strumpell et de Gordon, on observe également des réponses inverses de la normale, les réflexes cutanés abdominaux persistent.

Du côté droit, tous les mouvements sont conservés, en partie au moins, et l’on ne peut mettre en évidence aucun trouble de la coordination motrice.

L’excitation de la plante du pied avec un objet mousse, .

détermine un triple retrait rapide et brusque du membre inférieur gauche. À droite, ce réflexe de défense apparaît beaucoup moins marqué. Aux membres supérieurs, on ne peut mettre en évidence aucun réflexe de ce genre.

Le pincement de la peau du dos du pied provoque la flexion du pied et le signe de Babinski.

Ainsi que nous l’avons dit, les sensations paresthésiques qui ont marqué le début de la maladie ont disparu et aujourd’hui la malade ne se plaint que d’une douleur au niveau du moignon de l’épaule gauche. Cette douleur est en rapport avec une arthrite scapulo-humérale, résultat de l’immobilisation prolongée.

L’examen objectif montre que les différentes fonctions de la sensibilité sont peu altérées dans la moitié gauche du

corps. La malade reconnaît très bien le pincement, la piqûre,

les sensations tactiles et thermiques. Cependant, on note une différence dans l’intensité de la sensation d’un côté à l’autre, sur l’hémi-corps droit, les réactions sont plus vives, plus nettes et plus rapides. A gauche, la malade accuse une

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douleur moins vive par la piqûre de la peau, par exemple ou par le pincement.

La sensibilité profonde est absolument normale. Les épreuves de la discrimination tactile montrent une légère augmentation des cercles de Weber. Sur l'extrémité des doigts de la main gauche la sensibilité arthrocinétique est conservée et la malade peut reproduire avec la main droite les attitudes passives imposées à la main gauche. De plus, la malade peut reconnaître les différents symboles qu’on trace sur la paume de la main, la patiente ayant, pendant l’épreuve les yeux clos. Aux membres supérieurs, la sensibilité est parfaitement conservée.

Pendant toute la maladie, la patiente n’a accusé aucun trouble des réservoirs, cependant depuis quelque temps, il se produit de temps en temps, un relâchement du sphincter vésical et la constipation est assez prononcée.

Les organes des sens sont normaux. Les pupilles réagissent parfaitement aux excitations.

Nous le répétons, l’état mental est conservé intégralement.

Nous avons pratiqué l’épreuve oscillométrique avec l’appareil de Pachon, qui a donné les résultats suivants :

Indice membre droit : supérieur, 14 ; gauche : supérieur, 10.

On pratique une injection sous-cutanée de 1 milligramme de chlorhydrate de pilocarpine à la partie médiane du thorax, de manière à vérifier l’excitabilité des glandes sudoripares. À la suite de l’injection et pendant le quart d'heure qui suivit la malade n’a accusé aucune sensation de chaleur et n’a éprouvé aucune sudation. Aucune fibrillation ne s’est produite.

OBs. 13 (LHERMITTE)

Homme de soixante ans sportif, champion athlétique. Depuis trois ans a noté une diminution de la force musculaire de la jambe gauche en même temps qu’un enraidissement musculaire dans la marche, le pied gauche traînait et râclait le sol. Ces signes ne l’ont cependant pas empêché de se lvirer encore pendant deux ans à ses pratiques sportives.

Dans la suite, la parésie s’accusa, la marche devint de plus en plus fatigante et malaisée puis la maïn gauche perdit sa souplesse et sa force. L’hémiparésie était constituée, à aucun moment le malade n’a éprouvé de sensations particulières

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dans les membres paralysés, non plus que de vertiges ou de céphalée puis de troubles de la parole.

Il y a quelques mois apparaît une parésie spasmodique de la jambe droite.

Actuellement existe une hémiparésie gauche, spastique et une hémiplégie droite spasmodique. L’atteinte de l’hémiface gauche est. nette. Tous les signes de la série pyramidale sont accusés. Exagération des réflexes ostéotendineux, abolition des réflexes cutanés, signe de Babinski, réflexe de défense. :

Au niveau du membre inférieur droit, signe d’atteinte pyramidale moins intense, aucun trouble de la sensibilité superficielle ou profonde, aucune fonte musculaire. Etat mental conservé. Troubles vésicaux, pollaliurie nocturne, mictions impérieuses, mais il existe une hypertrophie prostatiqe. Pas de troubles sympathiques ou sudoraux, réflexe pilomoteur d'André Thomas est normal.

Oss. 14 (PALMA)

M. G.., homme de cinquante-deux ans, qui depuis cinq ou six ans ressent de la maladresse et de la lourdeur de la jambe droite, accentuation progressive des signes. Il y a dx-huit mois le membre supérieur droit à son tour est atteint dans sa force musculaire. Il est examiné en 1925,

démarche typique de l’hémiplégie, la force musculaire dimi-

nuée au membre inférieur, au niveau des raccourcisseurs, celle des allongeurs reste appréciable.

Au membre supérieur légère diminution de la force musculaire, réflexes tendineux au membre inférieur : achilléen, rotulien un peu vifs à droite, à gauche ils sont normaux, pas de clonus, réflexe cutanés : signe de Babinski droit, crémastérien et abdominaux sont très faibles à droite. Sensibilité thermique, tactile et stéréognosique normale. Pas de contracture à droite réflexe de posture supprimé au membre inférieur droit, diminué au membre supérieur, ébauche de syncinésie glale. Paires craniennes normales, organes des sens normaux. Ponction lombaire normale.

Os. 15 (PERSONNELLE)

M. H.., est âgé de soixante-et-un ans, ancien mécanicien il est suivi dans les services de neurologie depuis 1935.

Son histoire clinique est étendue sur dix-neuf ans. En effet à l’âge de quarante-deux ans environ il ressent les premiers signes intéressant le membre inférieur droit. Une

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