FORMES CLINIQUES
Le syndrome de Raynaud varie beaucoup dans son évolution et son siège.
|. — Formes évolutives.
On a isolé :
. à) Une forme aiguë qui, d’après Raynaud, évolue en trois périodes : 1° une période d'’invasion, toujours insidieuse, pendant laquelle ce sont les symptômes d’asphyxie locale qui dominent. Cette période, qui peut être de quelques jours, ne dépasse jamais un mois ; 2° une période d'état pendant laquelle l'attention est surtout appelée par des crises douloureuses revenant par accès ; quelquefois chaque accès se termine par une abondante émission d’urines. Cette période est de dix jours environ; au bout de ce temps, la gangrène est limitée et complète; 3° une période d'élimination dont la durée est fort variable et qui dépend beaucoup de l'activité de la nutrition chez les différents sujets et de la profondeur des lésions. Ce qu'on peut dire de plus général, c'est qu’elle n’est jamais moindre de vingt jours et jamais supérieure à dix mois; mais ces deux termes sont exceptionnels et ordinairement l'élimination met environ trois ou quatre mois à S'accomplir.
La terminaison, mêmedans cette forme, estsouvent favorable. Les escarres se détachent lentement et la cicatrice se forme au fur et à mesure.
b) Une forme chronique, beaucoup plus fréquente : c'est la forme typique. Les accès, selon leur fréquence, sont intermittents, rémittents ou continus. On peut voir des accès de syncope ou d’asphyxie subintrants pendant huit à dix jours. Quelquefois
Sapes
Les accès finissent par s'espacer et disparaitre comme s'il y avait accoutumance. Dans d’autres cas, ils persisteut des années, subissent une exacerbation chaque hiver, une atténuation chaque été; ils peuvent troubler l'existence du malade par des douleurs atroces qui les accompagnent en l'absence même de gangrène. Les accès peuvent ainsi se reproduire pendant dix ans et plus et la gangrène peut ne jamais se montrer. On pourrait ainsi décrire des formes abortives, syncopales ou asphyxiques.
Quand les troubles trophiques surviennent et parfois inopinément, alors que les crises semblaient s'espacer, on ne peut pas, comme dans les formes aiguës, prévoir jusqu'où iront les mutilations de la gangrène et de ses récidives.