‹ Contribution à l'Étude du Syndrome de Raynaud: Son TraitementChapitre 18 sur 37 · LAN · texte numérisé non relu

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État actuel (14 janvier 4922). — On se trouve en présence d'une femme petite, maigre, au facies pâle, au nez violacé, portant à son extrémité une croûte cornée conique, à base évasée et bien limitée, indolore. Tout autour, auréole cyanotique, grande comme ‘une pièce de 2 francs.

En découvrant la malade, nous notons au milieu de la clavicule droite une ulcération ronde, de la grandeur d’une pièce de 2 francs, aux bords taillés à pic, non évasés, tracés au compas, rouge foncé, durs, profonds de 2 à 3 millimètres; le fond est purulent, jaunâtre. L'ulcération est indolore et adhère à la clavicule.

Les membres supérieurs ne présentent rien d'anormal, ni troubles moteurs, ni troubles sensitifs, ni troubles du sens stéréognosique ; mais hyperhydrose palmaire.

Au niveau des membres inférieurs, on note une coloration violacée des pieds, avec déformation des ongles ; pas de troubles moteurs ni sensitifs Il existe, au niveau de l’extrémité inférieure du tibia, une tuméfaction douloureuse à la pression et siège de douleurs ostéocopes.

Quand les crises douloureuses surviennent, mains et pieds deviennent päles, puis violets.

L'examen de l'appareil circulatoire dénote un frémissement cataire léger, pas d’extrasystoles, pas d’arythmie, roulement présystolique et dédoublement du deuxième bruit dans le 3° espace intercostal gauche le long du sternum. Tension artérielle (Pachon) : 17-7. Indice : 3-5.

Rien à signaler du côté des autres appareils, sauf une augmentation de volume du foie et une légère constipation.

Les réflexes lendineux et pupillaires sont normaux. Le diagnostic porté est le suivant : asphyxie locale des extrémités chez une femme atteinte de rétrécissement mitral et présentant une gomme de la clavicule et de l'extrémité inférieure du tibia (la réaction de Wassermann fut nettement positive).

La malade fut immédiatement soumise à une cure antisyphilitique (une série d’injections intramusculaires de biiodure); rapidement, les phénomènes asphyxiques disparurent, la gomme de la clavicule se combla et en deux mois l’ulcération du nez fut cicatrisée.

DÉTE-N

Ayant par la suite élé opérée pour mastoïdite, elle subit encore une série de piqûres de novarsénobenzol, et pendant six mois prit régulièrement dn sirop de Gibert.'Les crises d'asphyxie locale ne sont jamais reproduites. La malade est revenue à l'hôpital au mois de

mai 1923 pour fatigue générale. La réaction de Wassermann étant encore positive, elle fut traitée à nouveau par le novarsénobenzol.

Revue en 1998 et 1929, cette malade a vu se maintenir sa guérison:

Conclusion. — En présence d’un syndrome de Raynaud, il faudra ne jamais oublier de faire une réaction de Bordet-Wassermann ou de Vernes; dans le cas d’une réaction positive, il ne faudra pas frapper brutalement par la médication arsenicale; il vaudra mieux tâter la susceptibilité du malade en commençant par le mercure, le bismuth, les iodures, et ensuite arriver à l'arsenic. Cela nous évitera tous ces accidents fâcheux qu'occasionne parfois l'emploi de l’arsenic dans le traitement antisyphilitique. |

B. — Traitement symptomatique.

Tout d'abord, le malade doit être placé dans les meilleures conditions hygiéniques et sous un régime alimentaire sévère. La viande et les autres aliments considérés, à juste titre, comme des poisons artériels, ne seront permis qu'en petite quantité. Il vaudra encore mieux instituer le régime lacto-végétarien ou la cure de fruit. Le tabac, le café, l'alcool, qui peuvent troubler la circulation, doivent être soigneusement évités.

Le malade se préservera du froid par tous les moyens artificiels et s’adonnera un peu à l'exercice modéré, s’il est possible, pour favoriser la circulation du sang el prévenir les ankyloses.

Il ne faut jamais négliger d'instituer un traitement général destiné à soutenir les forces du malade et à modérer l'infection de son organisme, si fréquente lorsque la gangrène ou les ulcérations deviennent humides, ce qui arrive trop souvent en dépit de toutes précautions prises. On donnera donc des préparations de quinquina, de kola, d'acétate d’ammoniaque ou d’autres reconstituants. Contre les syncopes du début, on emploiera une

Shao Hsien Chen 3

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