HISTORIQUE
En 1862, dans sa thèse, Maurice Raynaud a décrit sous le nom de gangrène symétrique des extrémités une affection caractérisée par la survenue de crises de vaso-constriction prononcée des extrémités, crises entrecoupées de phases de rémission totale et n'aboutissant au sphacèle des extrémités atteintes que par leur prolongation ou leur trop grande intensité.
Pour Raynaud, cette affection symétrique, indépendante de toute altération vasculaire, constituait une entité nosologique, une maladie propre. De nembreuses observations furent publiées par la suite et des travaux d'ensemble parurent, notamment ceux de Hochenegg (1885), Weiss (1893) et Monro (1899).
Partout, l'étude clinique, anatomo-pathologique, étiologique et thérapeutique de l'affection fut poussée d'autant plus activement que la question semblait se compliquer davantage après la description de formes frustes et l'accumulation de documents contradictoires.
Après une vingtaine d'années, c'est sur l’étiologie et la pathogénie du syndrome qu'ont porté surtout les recherches et les discussions. |
Dès le dernier siècle, de nombreux auteurs ont cherché la pathogénie de la gangrène spontanée et ils n'avaient qu'une idée simpliste du rôle que devaient jouer les artères dans la production de la gangrène (occlusion artérielle, concrétion artérielle, coagulation sanguine, embolie). Pour eux, l’oblitération mécanique de la lumière artérielle était tout. Mais l'oscil-
Jométrie et l'artériographie ont eu raison de cette conception.