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elle-même, de façon qu'il en résulte des images dont l'examen pourrait faire croire à un prolongement nucléaire. Je ne voudrais pourtant pas attribuer à ces images une trop grande force démonstrative, attendu que la plupart des cellules où elles se présentent sont mal conservées. »
On voit par ce qui précède que Krieger a cru que le cylindre-axe s’invagine dans la cellule, qui l'entoure d’une sorte de gaine; cette disposition n’est point exacte. Krieger a mal interprété le trajet du cylindre-axe dans la cellule. Quelque temps après, Freude a commis une autre erreur sur cette même structure; il a cru voir que le prolongement cellulaire, avant de pénétrer dans l’intérieur de la cellule, décrit autour d’elle un demi-cercle, en s'appliquant directement sur elle. Freude a figuré cette disposition dans la planche annexée à son travail (fig. 4 et 5). Il n'est pas douteux, à mon avis, qu'il a eu sous les yeux le cylindre-axe intracellulaire, et que, comme il examinait les cellules à l’état frais, il ne s’est pas rendu compte que ce prolongement cellulaire n’est point appliqué sur la cellule, mais existe dans l'intérieur du protoplasma. Le même auteur à décrit et figuré des masses homogènes, fortes et brillantes, dans l'intérieur du protoplasma des cellules nerveuses appartenantau stomato-gastrique ; il est possible que ces apparences soient produites par le cylindre-axe vu en raccourci; sur nos coupes en série, nous trouvons souvent des sections du cylindre-axe, qui se présentent sous la forme de petites masses arrondies occupant des situations variables dans le protoplasma (fig. 60, pl. IN).
Plus récemment, Nansen, dans ses études histologiques sur le système nerveux du Homard, a décrit une striation concentrique des fibres émanées du cylindre-axe, autour du noyau de la cellule. Quelques-unes de ses figures, 23 B, par exemple, rappellent celle de Vignal, et montrent les fibres du cylindre-axe qui s’écartent et forment une striation concentrique dans la cellule. Mais la fig. 23 A est plus intéressante; on y a représenté les fibres du cylindre-axe passant toutes à la fois d’un seul côté du noyau, autour duquel elles décrivent un tour complet. L'auteur ajoute, il est vrai, dans son texte explicatif, que cette figure est mal venue et exagère la struc-. ture fibrillaire de la cellule (voir p. 100) qui n’a jamais été aussi distincte que dans son dessin. Cependant ce dessin est peut-être, de tous ceux qui ont été publiés jusqu'à ce jour, le plus rapproché de la vérité. L'erreur consiste simplement à montrer des fibrilles
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suffisamment écartées les unes des autres pour donner à la cellule entière l'apparence d’une striation concentrique; il n’en est pas réellement ainsi, et nous nous référons sur ce point à nos dessins personnels, qui montrent un faisceau de fibrilles bien individualisé, circulant autour du noyau, à une certaine distance, sans donner à la cellule une striation concentrique (fig. 2, pl. I).
Accessoirement, nous avons constaté chez les Insectes, relativement à la structure des cellules nerveuses, quelques points qui méritent en passant une courte mention.
Cellules nerveuses. — Les cellules nerveuses présentent des dimensions très variables; parmi tous les Insectes que nous avons étudiés, nous avons trouvé les cellules nerveuses les plus considérables chez la Cigale; on trouve dans la région abdominale des centres nerveux de cet Insecte deux cellules géantes mesurant 450 y suivant leur plus grand diamètre.
Les cellules nerveuses des Insectes présentent un noyau de forme sphérique, qui contient, en général, dans les grandes cellules, plusieurs nucléoles. Les cellules sont ovalaires ow piriformes, et se distinguent par là très nettement des cellules que l’on rencontre dans les centres nerveux de quelques Mollusques lamellibranches, par exemple l’Anodonte. La figure 70, pl. IV, reproduit aussi exactement que possible l’aspect d’une coupe de ganglion d’Insecte fixée par l'acide osmique.
Les cellules nerveuses appartiennent au type unipolaire. On en a décrit qui sont apolaires (Yung), mais l'existence de ces cellules a été révoquée en doute, notamment par Vignal, qui dit fort justement : « Toutes celles qu’on serait tenté de considérer comme telles présentent toujours en un point de leur surface une brisure qu'il est facile de reconnaître ‘. » L'auteur cité suppose ici qu'on a fait l'étude des cellules par dissociation. On rencontrerait, au dire des auteurs, mais très rarement, des cellules à plusieurs prolongements.
Les cellules très petites, telles que celles qu’on rencontre chez le Rhizotrogus, se réduisent aux dépens du protoplasma plutôt que du noyau; cependant le protoplasma reste toujours visible, et nous n'avons point rencontré jusqu'ici dans les ganglions sousintestinaux des Insectes des cellules comparables aux cellules chro-