LE NERF CRURAL ET LE NERF ALAIRE
Le ganglion mésothoracique, ainsi que le ganglion métathoracique, émet deux nerfs, le nerf crural, qui se rend dans les pattes, et le nerf alaire, qui donne aux ailes la sensibilité et le mouvement. Ces deux nerfs sont les seuls qui, d’après la description anatomique de M. Ë. Blanchard, émanent du ganglion mésothoracique du Melolontha; et il en est de même pour le Rhizotrogus. Chez d’autres Coléoptères, le ganglion mésothoracique donne naissance à un beaucoup plus grand nombre de nerfs; chez le Carabe doré, par exemple, chez le Cérambyx, chez le Dytique, ete., ce ganglion émet, outre les deux nerfs crural et alaire, un certain nombre de filets nerveux, le plus souvent assez grêles, qui se rendent dans les masses musculaires des parois du corps, et méritent pour ce fait de prendre le nom de nerfs pariétaux. Gette différence entre le système nerveux périphérique du Melolontha et des autres Coléoptères que nous venons de nommer est plus apparente que réelle; les nerfs pariétaux existent chez le Melolontha et chez le Rhizotrogus, seulement ils n’ont point une origine distincte; leurs fibres s'unissent tant avec
EC celles du nerf alaire qu'avec celles du nerf crural: c'est ce qui ressort avec évidence des figures publiées par M. É. Blanchard. Nous trouvons dans cette disposition un exemple de coalescence analogue à celle qui se produit parfois dans les ganglions abdominaux, qui se rapprochent et semblent se fusionner en une seule masse sous une enveloppe conjonctive commune.
Nerf alaire (n. al.). — Le deuxième ganglion thoracique donne naissance — non pas précisément au nerf alaire, qui anime les ailes membraneuses, organes du vol, — mais au nerf élytral, c'est-à-dire au nerf de ces étuis cornés qui protègent comme des boucliers les ailes au repos; l'élytre ne sert point au vol, il n’est pas en état de vibration pendant le vol, il s'écarte simplement pour permettre le développement des ailes membraneuses.
Le nerf élytral pénètre dans le ganglion par les régions latérales de la face supérieure, c'est-à-dire par le point qui est le plus voisin de l'organe auquel il se rend, l'élytre. I se dirige en bas et en dedans, sans pénétrer dans le lobule crural, dont il longe la face antérieure. On reconnaît cette position sur les trois séries de coupes. Le nerf pénètre sans se diviser jusqu’en un point compris entre le connectif ventral inférieur, qui passe au-dessus de lui, et la colonne ventrale. Nous étudierons le nerf alaire d'abord sur la série de coupes transversales. La coupe transversale 13, pl. I, nous montre le faisceau de fibres se divisant en deux branches, qui constituent les deux racines du nerf alaire. L'une de ces racines, qui paraît continuer la direction oblique et descendante du nerf, se dirige en ligne droite vers la colonne ventrale; c’est la racine ventrale. Elle aboutit vers le centre de la colonne ventrale. Le point exact où elle pénètre mérite d’être fixé: il est situé dans cette portion de la colonne ventrale qui est antérieure au lobule ventral inférieur (fig. 45, pl. I).
Chez le Rhizotrogus, chez le Melolontha et chez un grand. nombre d’autres types, nous n'avons constaté qu’une seule racine ventrale; l’étude du Cerf-volant (Lucanus cervus) nous a montré que cette racine ventrale peut être double; elle est formée de deux branches, dont l'une se dirige vers le centre de la colonne ventrale, et l’autre un peu au-dessous. Nous ignorons si cette dualité des racines est un fait important, et surtout si elle existe d’une manière constante.
Au delà de la coupe transversale 14, on peut encore retrouver la
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trace de cette racine sur les autres coupes, en examinant avec soin la colonne ventrale, qui présente une section de celte racine; on a l'impression que la racine ventrale du nerf alaire, qui se prolonge ainsi dans toute la longueur de la colonne, occupe toute la substance ponctuée de cette colonne, à l'exclusion des racines des autres nerfs. Nous verrons tout à l'heure, en étudiant le nerf crural, une application de cette remarque.
IL existe une autre racine du nerf alaire, dont le trajet se fait principalement dans le lobe dorsal du ganglion; nous l’appellerons racine dorsale, et nous ajouterons inférieure, pour la distinguer d’une troisième racine. La racine dorsale inférieure est très volumineuse, au moins autant que la racine ventrale ; elle se sépare de cette dernière à mi-chemin de son trajet, c'est-à-dire quand elle à atteint la région moyenne du ganglion ; elle s'en sépare brusquement; on voit lout un faisceau de fibres à direction d’abord descendante, qui se rebroussent, qui décrivent un petit arc de cercle à concavité supérieure; ces fibres, bien visibles sur la coupe transversale 44, pl. Il, se dirigent vers la région dorsale du ganglion; on les retrouve, mais avec un peu de difficulté, sur les coupes subséquentes de la même série. |
Il existe une troisième racine, à laquelle nous donnons le nom de racine dorsale supérieure; elle est extrémement grêle et peu apparente; nous ne l'avons pas retrouvée chez le Rhizotrogus solstitialis; mais elle existe certainement chez d’autres espèces de Rhizotrogus, chez le Melolontha et un grand nombre d’autres Coléoptères. Gette racine se dirige vers la région supérieure de la région dorsale ; elle quitte le tronc du nerf alaire presque aussitôt après la pénétration de celui-ci dans la couche cellulaire du ganglion; elle pénètre dans la substance ponctuée et en suit le contour périphérique; on ne peut -pas observer longtemps son
- trajet, pour deux raisons : elle est très grèle et elle est confondue avec un certain nombre de trachées, qui suivent à peu près la même direction.
Eu résumé, les coupes transversales nous montrent que le nerf alaire possède trois racines principales, par lesquelles ce nerf se met en communication avec toutes les régions du ganglion, sauf les régions latérales, qui sont réservées au nerf crurale.
Sur la série longitudinale (fig. 38 à 41, pl. II) l’on retrouve les deux racines principales du nerf alaire ; la racine dorsale supé-
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rieure ne s'y reconnait pas, sans doute parce que l'orientation de la coupe n’est pas favorable à l'étude de son trajet. La racine ventrale, d'abord, est visible sur la coupe 40, pl. IT : on voit qu’elle fait un angle avec le tronc du nerf alaire, pour se diriger vers la colonne ventrale; cette légère inflexion élait moins nettement visible sur les coupes transversales. On reconnaît également sur la coupe 40 que le point de pénétration de cette racine dans la colonne ventrale se fait un peu en avant du lobule ventral inférieur. Sur les ganglions plus volumineux que ceux du Rhizotrogus, sur ceux du Melolontha par exemple, nous avons pu nous con-
vaincre que beaucoup de fibres de la racine ventrale du nerf alaire
parcourent la colonne ventrale dans le sens de son axe, et se prolongent jusque dans la colonne ventrale du ganglion métathoracique.
La racine dorsale inférieure est particulièrement visible sur la série longitudinale ; elle se détache en formant un angle très aigu avec le tronc du nerf alaire ; la comparaison des coupes #1 et 40, dont la dernière est plus périphérique que la première, montre que la racine dorsale inférieure est en dedans du connectif dorsal inférieur; en effet ce connectif est indiqué sur la coupe 40, et la racine est indiquée sur la coupe 41, plus rapprochée de la ligne médiane ; la racine a une direction d'avant en arrière et de bas en haut; en traversant le lobe dorsal, elle croise le connectif dorsal moyen ; malheureusement, nous n'avons pas pu suivre exactement son trajet chez le Rhizotrogus. L'examen du Melolontha comble cette lacune; sur une coupe fortement oblique, tenant le milieu entre une coupe longitudinale et une coupe horizontale, nous avons pu rendre le trajet de cette racine bien évident ; elle croise le connectif dorsal inférieur, puis le connectif dorsal moyen; son trajet est un peu courbe; arrivée à la région postérieure du ganglion mésothoracique, elle continue sa route, et nous avons vu très nettement qu'elle pénètre dans le lobe dorsal du ganglion métathoracique.
Il résulte de cette disposition que la racine dorsale inférieure du nerf élytral établit une communication entre les ganglions méso et métathoraciques; mais cette racine n’a pas cette seule fonction ; l'examen de la coupe précédente montre en outre que, tout le long de son parcours, la racine cède des fibrilles à la région dorsale du ganglion mésothoracique ; elle est donc en communication directe ayec ce ganglion.
Il nous reste, pour terminer ce qui a trait au nerf alaire, à jeter
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