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un coup d'œil sur la série horizontale; nous y retrouvons (fig. 51) la racine ventrale du nerf alaire, que l'on voit plonger vers la colonne ventrale, et (fig. 52, pl. HT) la racine dorsale, qui parcourt le ganglion d'avant en arrière.
Nerf crural. — est plus difficile de suivre, dans le ganglion, le trajet du nerf crural que celui du nerf alaire, parce que la plupart de ses fibres plongent directement dans le lobule crural.
Le nerf crural aborde le ganglion dans l'angle formé par la face latérale avec la face inférieure (fig. 16, pl. ID).
Il envoie un grand nombre, le plus grand nombre de ses racines dans le lobule crural; en outre, il envoie une racine volumineuse (r c’) à la colonne ventrale; celte racine parcourt le ganglion de dehors en dedans, en traversant le lobule crural dans sa partie inférieure ; on peut la suivre jusque dans la colonne ventrale où elle paraît se résoudre en fibrilles. Mais ici, il faut faire une distinclion, suivant qu'il s'agit du ganglion prothoracique, ou des deux autres ganglions. Dans le ganglion prothoracique, la racine dont nous parlons, quand elle arrive à la colonne ventrale, se subdivise en deux racines secondaires, dont l’une aboutit à la colonne ventrale, et l’autre aboutit au lobule ventral inférieur. La coupe 16 de notre planche Il, quoiqu'elle corresponde au deuxième ganglion thoracique, présente ces deux racines, qui ne se rencontrent réellement que dans le premier ganglion. Pour avoir une représentation exacte du deuxième et du troisième ganglion thoracique, il faut supprimer la racine qui se rend dans la colonne ventrale; le nerf crural ne fournit de racine qu’au lobule ventral inférieur. La raison de cette différence tient peut-être à ce que, dans le deuxième et le troisième ganglion, la colonne ventrale reçoit à ce niveau une racine du nerf alaire, et que si par conséquent une racine crurale s'était terminée en ce point, il y aurait eu un même centre fibrillaire pour deux racines d'ordre différent.
Le nerf crural émet en outre plusieurs autres branches qui sont, il faut le reconnaître, un peu difficiles à suivre; il y a d’abord une branche (r c”) qui se rend dans le mamelon latéral, où passe le connectif dorsal inférieur; branche assez difficile à suivre chez le Rhizotrogus (fig. 18, pl. IL), très visible au contraire chez quelques Goléoptères et surtout chez des Orthoptères (Grillus, Grillotalpa, etc.). Nous n'avons pas pu suivre plus loin le trajet de cette
branche, mais nous supposons qu'elle est destinée à suivre les connectifs et à passer dans d’autres ganglions.
Une autre branche (r c”), également difficile à discerner chez le Rhizotrogus, parcourt la région ventrale du lobule crural, et arrivée près de la ligne médiane du ganglion s'infléchit et remonte vers la région dorsale (voir fig. 17 et 18), où elle se perd; trajet qu’on voit nettement chez le Grillus.
En résumé, le nombre des racines que donne le nerf crural dans l'intérieur d’un ganglion thoracique est relativement considérable.
Nous avons-fait un grand nombre de recherches et des coupes sur différents groupes d'Insectes, pour obtenir des points de comparaison ; mais nous n'avons jamais rencontré de différences importantes. Le seul fait qui mérite une mention est le suivant : chez beaucoup d'Insectes, la distance entre le ganglion mésothoracique et le ganglion métathoracique est inférieure à la distance d'insertion des pattes de la 2° et de la 3° paire; il en résulte que le nerf de la troisième paire de pattes doit faire un trajet plus long que le nerf de la ® paire pour parvenir à son centre ganglionnaire. Le lobule erural de la 3% paire de pattes, au lieu de se développer dans le sens transversal, se développe dans le sens antéro-postérieur, comme s’il était tiré par le nerf; et sur des coupes transversales qui passent par le premier ganglion abdominal on voit latéralement la coupe des lobules cruraux, lesquels ne contractent aucune relation avec le ganglion abdominal. La figure 63, planche IV, empruntée à un Diptère, rend bien compte de celte disposition.
Nous avons éludié les lobules cruraux d’Insectes qui ont une marche différente (comme le Timarcha, par exemple, qui a une marche lente, méthodique, bien coordonnée, et le Geotrupes, qui a une marche maladroite), ou qui se servent de leurs pattes pour divers usages spéciaux (pattes sauteuses, fouisseuses, nataloires, etc.). Nous n'avons pu reconnaître dans nos préparations aucune différence de structure pouvant correspondre à ces différences de fonctions.
Nous avons étudié les ganglions qui innervent les fausses pattes, chez quelques chenilles (le Ver à soie, le Bombyx rubi, elc.), pour . comparer la structure de ces ganglions à celle des ganglions qui innervent les pattes vraies et les segments apodes. Les différences sont les suivantes : dans les ganglions apodes, il n'y a point de lobules cruraux; dans les ganglions thoraciques, il y a des lobules
END cruraux; dans les ganglions abdominaux de segments munis de pattes, il existe des lobules cruraux, moins développés comme dimension que ceux des ganglions thoraciques.