‹ Contribution à l'étude du Système Réticulo-Endothélial et de son comportement au cours de certaines maladies infectieuses ou parasitairesChapitre 23 sur 81 · VAISSEAUX · texte numérisé non relu

VAISSEAUX

En 1876, Kupffer a signalé dans le foie des mammifères des cellules granuleuses sensiblement plus petites que les cellules hépatiques, et qui se trouvent au contact dés capillaires portes. Ces cellules polymorphes, fusiformes, polygonales, triangulaires, étoilées le plus souvent, ont la propriété de se colorer en rouge par le chlorure d’or. Dans certaines circonstances, empoisonnement par les sels de plomb, par les toxines microbiennes ou après un repas riche en graisse, elles se chargent de granulations graisseuses et deviennent très apparentes au contact des réactifs à base d'acide osmique. Enfin, au cours des maladies où il y a libération de pigment d’origine sanguine, au cours de certaines infections ou parasiteses comme le Kala-Azar, après injection de colorants vitaux, on voit ces cellules étoilées fortement chargées de granulations pigmentaires, de parasites, ou de particules colorantes. Elles sont fortement chromophiles.

Les relations que les cellules de Kupffer affectent avec les capillaires sanguins ne sont pas vues de la même façon par tous les auteurs. Considérées au début comme des cellules nerveuses, elles furent rapprochées des cellules plasmatiques par Waldeyer et désignées sou le nom de cellules périrasculaires hépatiques. Puis Ehrlich, après traitement par le bleu d’aniline, les vit se comporter comme les Mastzellen, dont elles ne seraient que

des variétés en raison de leurs affinités tinctoriales. Cependant Ponfick et Asch, frappés par leur situation en bordure sur les capillaires sanguins et de leur absence contre la lumière des artérioles et des veinules, affirmaient leur nature endothéliale. Le mémoire de Kupffer en 1899 est venu démontrer que les cellules étoilées du foie ne sont que des cellules endothéliales des capillaires portes. Les recherches de Nathan (1908), de Gilbert et Jomier (1908), de Schilling (1909) ont confirmé les conclusions de Kupffer. Nathan, en particulier, a suivi l£ développement des cellules étoilées, ct les considère comme des auxiliaires précieux ct dévoués des cellules hépatiques. C’est ainsi qu’au cours des blocages par le rouge congo on voit un échange s'établir, quand la cellule de Kupffer est bourrée de colorant, avec la cellule hépatique qui élimine bientôt le rouge par la bile. Il en est de même pour les microbes : la cellule de Kupffer les fixe, comme l'avait constaté Werigo, et la cellule hépatique les élimine par les voies biliaires. C’est encore ainsi que l’on voit, au cours des surcharges pigmentaires prolongées, au cours du paludisme par exemple, la dégénérescence débuter par la cellule étoilée irritée et débordée de travail, puis s'étendre à la cellule hépatique proprement dite. Les cirrhoses palustres sont des lésions bicellulaires, où la synergie fonctionnelle fait place à une synergie pathologique. Ce sont les bases de la théorie de lhépaton. Les recherches de Kupffer éclairent la connaissance du système des capillaires du foie. La paroi des capillaires portes est constituée par des cellu-

les étoilées chromophiles dont la forme résulte de l’arrangement du protoplasma autour des noyaux, mais ce qui caractérise cet endothélium déjà si particulier, c’est la fonction phagocytaire doni il est doué. En effet, les cellules étoilées, comme l'avait déjà pensé Poufick en 1869, incorporent les corps étrangers et principalement les germes septiques, les hématies et leurs débris. avec une activité beaucoup plus grande que les éléments chargés de la phagocytose dans les autres organes. Les cellules étoilées représentent un syncitium “que nous ne saurions mieux comparer qu'à celui des cellules plasmodiales du placenta, puisqu'elles possèdent un pouvoir phagocytaire analogue. En outre, elles rendent plus faciles les échanges osmotiques entre le sang de la veine porte et les cellules hépatiques. L’endothélium hépatique est caractérisé par sa triple fonction macrophagique, bactériopexique et granulopexique. Ajoutons que les capillaires du foie présentent le type décrit par Minot sous le nom de sinusoïdes, canaux très minces de 30 à 6% de diamètre, répandus en abondance d’autant plus grande que l’activité physiologique des organes et tissus qu'ils desservent est plus importante. Ils sont généralement constitués d’une couche vasculaire fondamentale, l'endothélium, doublée en dehors par une membrane très mince, anhiste : la basale. On a pu se demander si les cellules réticulaires qui se trouvent dans les sinus Iymphatiques et sanguins sont des éléments vasculaires et endothéliaux, ou des histiocytes aplatis et endothéliformes. L'opinion généralement adoptée est qu’il s’agit de

cellules endothéliales provenant des sinusoïdes, cellules qui conserveraient comme les histiocytes de larges possibilités évolutives, étant capables d’assurer non seulement la genèse des monocytes, mais encore des autres corpuscules sanguins dans des cas exceptionnels. C’est en s'appuyant sur la nature de ces cellules que Mallory désigne les monocytes sous le nom de leucocytes endothéliaux. Maximow met en doute la nature angioblastique de ces éléments, du moins chez les mammifères : il fait observer que l’endothélium est construit par une sorte de cellules très différenciées, qui possèdent seulement un potentiel très restreint et qui ne montrent jamais, au cours de l’inflammation d’autre évolution que celle qui les engage dans le sens fibroblastique. Aussi considère-t-il les cellules réticulaires des sinus comme des histiocytes aplatis, endothéliformes, seuls éléments dans lesquels seraient capables de se maintenir les propriétés embryonnaires. Des observations plus récentes montrent que l’endothélium est bien capable de montrer des retours à l’état embryonnaire, et de donner des monocytes par libération, par mobilisation. Malgré une certaine fixité, il conserve toutes les propriétés virtuelles des cellules conjonctives. La structure des sinusoïdes peut être simplifiée ou compliquée, et l’on trouve toute une série de types intermédiaires, quand on passe de l’artériole à la lacune. Ce qui nous intéresse, c’est la nature cellulaire de lendothélium qui conserve toujours ses propriétés embryonnaires, bien mises en évidence depuis Maximow par l'emploi des sels d'argent ct

DEN”, To

des colorants cristalloïdes ou colloïdes : les cellules aplaties de la paroi peuvent dans certaines circonstances s’hypertrophier, modifier leur structure, se mobiliser et devenir des macrophages, exactement comme celles de l’épiploon, du péritoine, des masses mésenchymateuses qui se mobilisent dès qu’une cause irritative intervient. Ces cellules endothéliales peuvent fixer des substances étrangères très diverses, introduites dans la circulation, des poisons solubles comme le mercure, la strychnine, le curare, des colloïdes métalliques ou organiques, des microbes, des parasites. On peut d’ailleurs se poser à ce sujet le problème de l'avenir de toutes les substances médicamenteuses introduites par voie intraveineuse et se demander si elles ne sont pas d’abord fixées par ces éléments endothéliaux, pexie suivie d’une libération d'éléments macrophagiques qui auraient une action directe sur les germes et leurs poisons : Brahmachari, Napier invoquent lintervention de ces cellules dans l’action de lantimoine vis-à-vis des leischmanias, Courmont, Gardère et Pichat, Laurinavicius, Schrôder, dans celle de la chrysothérapie.

Nous n'insiterons pas sur certains organes tels que la médullo-surrénale, l'hypophyse, l'utérus, le testicule, etc., dans lesquels les auteurs modernes ont trouvé des éléments chromophiles. La présence de nombreux sinusoides, dont le nombre est fonction de l’activité physiologique de l'organe, la présence de tissu conjonctif banal dit de soutien, suffisent à expliquer dans la plupart des organes les propriétés pexiques constatées. Toutes ces cellules

Page 1