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pre, et qui les sépare nettement du groupe cellulaire que nous étudions. D’autre part, leur description est banale. Aussi, nous n’aborderons ici que les cellules sanguines les plus strictement histiocytaires, les monocytes. |
Ce sont les éléments les plus volumineux du sang circulant. Selon Nœgeli, ils atteignent un diamètre: de 15 à 20 x, mais leur nombre est restreint dans les conditions normales : de 4 à 8 %. du nombre total des leucocytes. Ils ont un noyau rond, ou ovalaire dans les formes très jeunes, réniforme avec une tendance à la lobulation dans les formes âgées, actives, avec chromatine peu colorable, poussiéreuse, à réseau ténu, sans nucléoles distincts, qui s’épaissit en blocs inégaux dans les cellules séênescentes. Ce sont ces dernières qui correspondent aux formes dites de transition d'Ebrlich : leur eytoplasma, moins basophile que celui des lymphocytes, contient des granulations menues, quelquefois assez volumineuses, qui remplissent tout le corps cellulaire et qui présentent vis-à-vis des colorants une affinité analogue à celle des grains neutrophiles des leucocytes polynucléaires. Ils retiennent avec intensité les colorants vitaux. Le cytoplasma des formes jeunes émet des pseudopodes, mais leur amiboïsme n’est pas très accusé. Ils sont non seulement caractérisés par la structure granuleuse de leur cytoplasma, mais aussi par leur mode réactionnel au cours de certains processus morbides, car il existe des monocytoses aiguës, et des leucémies à monocytes, toutes raisons concordantes qui établissent l’origine histiocytaire autochtone déjà affirmée par Schilling en 1912.
FR Le RES
On sait actuellement que les monocytes possèdent une très mince membrane ondulante qui les rapproche à ce point de vue des spirochètes ou de amibocytes des invertébrés (Fauré-Fremiet) et qui leur confère leur mobilité. Ce n’est qu’un pseudopode étalé : il est impossible de ne pas songer aux prolongements pseudopodiques des cellules fixes de l'endothélium ou du réticulum, et de ne pas voir dans les deux images une nouvelle preuve de Porigine réticulo-endothéliale des monocytes (Merklen). Carrel, utilisant la microcinématographie, a vu dans les monocytes normaux de la poule, dans les monocytes géants provenant des cultures du sang, dans les macrophages du tissu’ conjonctif adulte, dans ceux du ganglion lymphatique du cobaye, ces expansions avec leurs plis saillants entrecoupés de festons. Il a vu la membrane se glisser sur les éléments à phagocyter et les envelopper peu à peu. Il a pu opposer les membranes ondulantes et les mouvements des monocytes aux mouvements amiboïdes des polynucléaires, tandis que les Iymphocytes « rampent comme de petits vers ». La membrane ondulante des monocytes explique que Fauré-Fremiet leur ait reconnu une grande facilité d'adhésion, une propension à un étalage rapide sur les surfaces, eux-mêmes se déformant peu et lentement dans leurs déplacements.
La genèse des monocytes a donné lieu à de nombreuses controverses au début. Des auteurs tels qu® Weidenrich, Downey, Maximow ont pensé qu’ils proviennent de la lignée lymphocytaire. Maximow admettait d’ailleurs une origine mixte, lymphocy-
taire et réticulo-endothéliale. Les auteurs modernes, Schilling, Kiyono, Mori, Sakaï, etc., sont beaucoup plus affirmatifs. Pour eux, il est hors de doute que le monocyte ait une origine réticulo-endothéliale exclusive. Tant que les monocytes ne se différenciaient des autres lymphocytes que par les granulations azur de Michaëelis et Wolff, il était impossible de rien avancer sur leur origine. La question fut tranchée le jour où Kiyono reconnut les propriétés chromophiles et pexiques de ces éléments. [Ici encore, les progrès ont suivi la coloration vitale de Ribbert : par ce procédé, on a pu reconnaître au monocyte son origine et sa nature réticulo-endothéliale, et l’inclure dans I: système d’Aschoff, Les monocytes ont pour origine la plus fréquente l’endothélio-réticulum des organes hématopoiétiques, dont les éléments que nous avons détaillés jouissent d’une forte plasticité, leur permettant de s’hypertrophier et de bourgeonner : ils engendrent de la sorte les histiocytes mobiles. Ceuxci, par leur origine et leurs caractères évolutifs acquièrent une autonomie propre au milieu ambiant, Successivement appelés histiomonocytes, histiocytes, monocvtes, ils répondent aux mononucléaires granuleux déjà décrits par Michaelis ct Wolff. Ce sont les granulations qui prennent la coloration vitale. Mais elle ne s’observent pas facilement dans toutes les cellules, et parmi celles-ci, il en est qui, sans être granuleuses, n’en sont pas moins des monocytes. |
Divers constituants du système peuvent donner naissance aux monocytes du sang. On admet le
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plus généralement que le rôle le plus important est dévolu à lendothélium réticulaire des sinus lymphatiques des ganglions (Jolly) ou des sinus veineux de la rate, à l’endothélium des capillaires du foie ou de la moœlle osseuse. Les histiocytes du tissu conjonctif représentent aussi une source de monocytes, et l’on sait que ces histiocytes ou polyblastes proviennent essentiellement des éléments les plus simples, les moins différenciés du tissu conjonctif. Les endothéliums ordinaires peuvent également engendrer des monocytes. Verne à constaté ce fait sur les vaisseaux sanguins des ganglions lymphatiques qui présentaient une vive réaction au voisinage d’une tumeur cancéreuse. Mallory pense même à cette seule origine. « Les monocytes, disent Merklen et Wolff, proviendraient non du système réticulo-endothélial, mais du seul tissu endothélial, pouvant naître partout où existe ce dernier. » Tout en n'étant qu’une simple indication, un fait est certain, c’est que les monocytes se libèrent facilement de leur attitude d’éléments fixes pour s’engager dans le torrent circulatoire. L’irritation des endothéliums, causée par diverses actions expérimentales, provoque une exagération de leur fonctionnement, une rétraction de leurs expansions protoplasmiques et une desquamation abondante, qui les libère de leur support fibrillaire réticulé et les livre à la circulation. Ils s'arrêtent en grand nombre dans les capillaires des poumons. Wenslaw l’a vu avec netteté au cours d'expériences sur des grenouilles injectées de bleu trypan dont il surveillait la circulation pulmonaire. Les histiocytes remplis
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de grains bleus, issus sans doute des cellules de Kupffer, passaient à chaque instant sous les yeux de l’auteur et s’immobilisaient dans les capillaires de l’organe. Une telle histiocytose ne se produit probablement pas à l’état physiologique. Il est plus vraisemblable qu’ils prolifèrent sur place et forment des éléments qui entrent en circulation, devenant des monocytes en subissant en même temps une atténuation de certaines de leurs propriétés, comme le pouvoir d’absorber les colorants vitaux. Pour Jollv, la genèse des monocytes se réalise surtout dans « les chemins de la lymphe ». Le résultat intéressant fourni par la découverte de ce processus au point de vue morphologie générale est que les monocytes sont issus par transformation directe des histiocytes, par conséquent des cellules qui possèdent encore tous les attributs des éléments conjonctifs : ils représentent « le trait d'union entre le tissu conjonctif et le sang » (Maximow). De toutes les cellules sanguines, 1ls sont celles qui sont le plus près du tissu conjonctif. Gounelle a reproduit expérimentalement la genèse des monocytes chez le lapin au moyen dinjections de colorant, expériences rappelant celles de Wenslaw chez la grenouille. Il a vu les cellules chromophiles fixer les grains de colorant, puis entrer en prolifération intense. Il a vu simultanément des décharges de monocytes colorés où non dans le sang. Les cellules réticulo-endothéliales desquamaient, se mobilisaient, se transformaient en monocytes typiques, ce qui confirme expérimentalement la fonction leucopoiétique du système. On
doit retenir que le rôle du tissu conjonctif s’élargit au point de vue physio-pathologique : par ses territoires réticulo-endothéliaux, il engendre des histiocytes qui se transforment en monocytes, par libération dans le sang. Comme le monocyte traverse bien moins d'étapes intermédiaires pour prendre sa forme définitive que les autres leucocytes, on peut dire qu’il est beaucoup plus près du tissu conjonctif. Mais inversement, il peut plus facilement que les autres éléments du sang faire retour à la cellule conjonctive. La diapédèse des monocytes au travers des vaisseaux, en particulier dans les tissus enflammés, provoque la transformation ae ces élements en polyblastes volumineux, rhagiocrines, capables d’absorber les colorants colloïdaux, puis l’immobilisation définitive avec perte des propriétés actives, et l’évanouissement au sein des fibroblastes du tissu conjonctif. Leur mission terminée, les monocytes sont rentrés dans le rang. Carrel, Ebeling, puis Fisher ont constaté un ceyele analogue dans des cultures de tissus conjonctifs d'oiseaux.
La pathologie a fourni un certain nombre d’arguments sérieux sur l’origine autochtone des monocytes et sur le rôle qu’ils peuvent jouer dans la lutte de l'organisme contre l’agent envahisseur. Elle a mis en évidence l'existence de leucémies à monocytes, dont la première observation remonte à 1913 (Reshad et Schilling), et qui ont fait l’objet d’études spéciales de Merklen et Wolff. Par ailleurs. elle montre des monocytoses très nettes, évoluant pour leur propre compte, sans réaction myéloïde
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ou lymphoïde dans certains cas, comme dans ces curieuses affections que sont les angines à monocytes. Merklen et Wolff ont distingué au cours des états aigus deux types de monocytoses cliniquement et anatomiquement superposables : la monocytose endothéliale, dont l’endocardite maligne à évolution lente est le modèle, caractérisée par latteinte des zones endothéliales, d’où une symptomatologice vasculaire. avec fragilité des vaisseaux, poussées d’endothéléites et de purpura, et la monocytose réticulaire dont la fièvre typhoïde est un exemple, avec atteinte plus marquée des réticulums, d’où splénomegalie, turgescence des plaques de Payer, etc. Du reste, parmi les maladies infectieuses la monocytose accompagne surtout celles qui confèrent une immunité réelle : coqueluche, varicelle, variole, oreillons, etc., et l’on s'explique la fièvre typhoïde par une réaction prédominante sinon exclusive du système réticulo-endothélial, conformément aux idées émises par Mallory en 1899. De plus, la monocytose apparaît dès le début de la convalescence dans un grand nombre de maladies, consécutivement à la réaction myéloïde de la première heure et en même temps que l’éosinophilie, témoignant de la victoire de l’organism£ sur l’agresseur. La monocytose est. aussi constatée dans bon nombre d'infections chroniques spécifiques : paludisme où elle trouve sa représentation la plus nette particulièrement dans les accès pernicieux, tuberculose, fièvres recurrentes, syphilis, dysenterie bacillaire, leischmanioses viscérales, trypanosomases, etc. Les monocytes apparais-
sent également dans les réactions locales d’infections, participant à la lutte au contact même des germes. La tuberculose en donne l'exemple le plus typique : à côté des cellules épithélioïdes et des cellules géantes qui phagocytent les bacilles, apparaissent des cellules mobiles présentant tous les caractères des monocytes, et la monocytose sanguine signalée par Gottlieb, est le reflet de ce processus local. Les lépromes sont également de véritables granulomes histiocytaires. Il faut ajouter à cette Liste de maladies où la monocytose apparaît les angines à monocytes, les syndromes agranulocytaires, les affections rhumatismales, les formations granuleuses de cicatrisation des plaies, etc.
Nous devons retenir de cet exposé que les monocytes sont les leucocytes les plus près situés du tissu conjonctif. Ils en dérivent directement avec un minimum de stades intermédiaires, £t y retournent avec la même facilité. Il semble que tous les territoires conjonctifs soient également aptes à les produire. Ils apparaissent dans la plupart des réactions de l’organisme contre les agents envahisseurs, et dans certaines affections, ils deviennent prépondérants. Dans certains cas, enfin, lorganisme débordé, n'ayant pas le temps de libérer de vrais monocytes, met en circulation des cellules pré- monocytaires encore plus rapprochées de la cellule conjonctive indifférenciée. Ce phénomène a souvent été signalé au cours du paludisme grave
(Mulligan).