LES HISTIOCYTES DU POUMON
Les cellules alvéolaires des poumons ont été l’objet de nombreuses controverses. D’après la thèse classique, ce sont des cellules épithéliales aplaties, qui empêchent l'air de prendre contact avec le mésenchyme et le sang de la petite circulation. Charpy soutient cette opinion, ct a pu montrer des cultures de cellules épithéliales provenant des alvéoles pulmonaires. Policard, qui a publié ses travaux en 1921, pense au contraire qu’il ne s’agit pas de cellules épithéliales aplaties à l'extrême, mais de cellules mésenchymateuses à larges et minces prolongements protoplasmiques qui forment les placards anucléés des alvéoles. L'air se trouve dès lors dans des cavités creusées au sein même du conjonctif. Carrel et Argaud approuvent
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cette manière de voir, et qualifient d’histiocytes aplatis ces cellules alvéolaires. Les arguments sont les suivants : les histiocytes s’étalent facilement en endothélium, émettent volontiers des prolongements lamellaires, comme la membrane ondulante des monocytes, tandis que les endothéliums sont incapables d'acquérir jamais pareils caractères. Les cellules pulmonaires n’ont aucune des propriétés physiologiques des épithéliums. Elles sont, au contraire, aptes à une phagocytose énergique comme les histiocytes : elles se transforment en cellules à poussières, ce qui est totalement incompatible avec l’idée d’épithélium, au point que l’on a voulu voir dans ces cellules à poussières des leucocytes émigrés. La facilité de pullulation des cultures du revêtement alvéolaire n’est pas non plus en faveur de sa nature épithéliale, et Charpy a cru voir des cellules épithéliales dans ses cultures là où il n’y avait que des cellules conjonctives prenant l’aspect épithélioïde. Enfin, les cellules alvéolaires du poumon interviennent dans le métabolisme des graisses, et c’est là l'argument fonctionnel décisif, car, si les épithéliums n’ont aucune activité de ce genre, les cellules conjonctives interviennent activement dans le métabolisme des matières grasses et des lipoides. Les cellules sanguines de la petite circulation viennent donc prendre contact de l’air alvéolaire dans des cavités tapissées de cellules mésenchymateuses à activités physiologiques énergiques, qui les défendent certainement contre les poussières, les microbes et les poisons, et qui interviennent peut-être dans la régularisation des échangés respiratoires.
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