‹ Contribution à l'étude du Système Réticulo-Endothélial et de son comportement au cours de certaines maladies infectieuses ou parasitairesChapitre 28 sur 81 · HE TO RE · texte numérisé non relu

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cytes, cellules errantes, etc. en proportion variable. On peut aussi glisser un tube fin rempli de germes dans le péritoine et constater la nature et le nombre des cellules de défense attirées. On établit ainsi la positivité ou la négativité du phénomène, et la spécialisation des cellules vis-à-vis des espèces bactériennes. Sur une lame de verre, on peut voir les cellules avancer : les unes rampant « comme de petits vers », ce sont les lymphocytes ; d’autres à la façon des amibes, les polynucléaires; d’autres enfin, les monocytes et cellules semblables, s’aidant d’une membrane ondulante, à la façon des spirochètes et de certains parasites.

Quand la cellule phagocytaire arrive au contact de la proie, elle procède à l’englobement intraprotoplasmique. L'aspect le plus curieux est fourni par la phagocytose d’un trypanosome par un monocyte. Le leucocyte saisit le protozaire par une de ses extrémités au moyen de sa membrane ondulante, de son pseudopode, qui bat à la manière. d'une voile au vent. Le monocyte incopore lentement le parasite par une de ses extrêmités, tandis que l’extrêmité restée libre s’agite violemment, manifestant ainsi sa répugnance à l’englobement. De la même manière sont incorporés les germes ou parasites les plus divers. Le microbe subit une transformation, se gonfle, devient globuleux surtout quand il s’agit d’un vibrion. Dans d’autres cas, il se fragmente. |

La digestion intra-cellulaire, le fait fondamental de la phagocytose, débute alors. La digestion totale est relativement lente, de quelques heures à plu-

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sieurs jours suivant la résistance offerte par la proie. Elle peut même ne jamais aboutir comme c’est le cas avec certains microbes ou parasites particulièrement bien protégés contre les ferments digestifs, dans la tuberculose, dans les leischmanioses. L'existence des ferments leucocytaires n’est pas hypothétique. Après les premières constatations d’'Eichwald en 1864 et de Leber én 1881, ce sont surtout les recherches d’Achalme, de Müller et Jochmann, d’Opie, de Fiessinger et Marie qui ont établi la validité du fait. En ce qui concerne les mononucléaires, il est établi qu'ils élaborent un ferment lipolytique qui agit sur les graisses et les cires : cela n’est pas fait pour nous étonner depuis que nous savons que le système histiocytaire joue un rôle important dans les transformations des graisses. Dans la phagocytose les monocytes continuent à métaboliser les corps gras, et ils apparaissent surtout dans les infections à germes recouverts d’une cuticule ciro-graisseuse. Le fait est assez facile à mettre en évidence avec la méthode des semis de mononucléaires sur des plaques de verre enduites de cire ou de stéarine. On peut s'adresser à un sang particulièrement riche en monocytes, tel le sang des malades atteints de monocytoses aiguës, de leucémies à monocytes, de paludisme ou de varicelle. Bergel a constaté que les mononucléaires creusent un trou en forme de cupule dans la graisse. Ramond, Fiessinger et Marie, afin de contrôler le même fait ont eu recours à des injections huileuses sous la peau. Après un afflux de courte durée de polynucléaires, on voit venir les

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mononucléaires qui opèrent la résorption et la digestion des matières grasses. À la sécrétion de ferments, s'ajoute la sécrétion de substances bactéricides, qui s’apparentent par leur nature aux suücs digestifs, et sur lesquels nous aurons à revenir plus tard.

Le système histiocytaire, dans le phénomène de la bactériopexie, intervient non seulement par les cellules mobiles du sang et des humeurs, mais aussi par ses éléments fixes, cellules mésenchymateuses irritées par la proximité de germes, et qui retrouvent leurs propriétés phagocytaires. C’est ainsi que les cellules de Kupffer fixent les germes, comme l’avait constaté Werigo, et que les cellules réticulaires happent au passage les germes du sang où de la lvmphe. Dans les inflammations, on voit les cellules conjonctives se réveiller et phagocyter les germes et les cadavres de leucocytes. Elles se modifient parfois pour engager le combat, deviennent cellules épithélioïdes, cellules géantes, etc.

LA CYTOPEXIE.

En ce qui concerne la destruction des cellules inutiles de l’organisme, le processus est le même que dans la bactériopexie: le phagocyte s'approche de la proie, l’englobe et la digère. Ce phénomène est constant dans l’organisme qui, sans lui, mourrait d'encombrement. C’est dans la rate principalement que sont détruits les globules rouges senescents, et nous verrons en étudiant le rôle sanguin

‘du système, l'importance et les viciations de ce processus d’hémolyse. Les cellules lutéiniques sont résorbées par les histiocytes présents dans le corps jaune. Chez l'embryon, les organes inutiles qui ont eu une raison d’être transitoire sont éliminés de la même façon, de même que la queue et les branchies des batraciens au moment de la métamorphose. Chez les femelles des mammifères, après la mise bas, le tissu histiocytaire des organes génitaux résorbe les éléments hyperplasiés de la muqueuse utérine et le sang extravasé. Chez les sujets âgés. on constate une macrophagie intense dans la plupart des organes. L’os est rongé par les ostéoclastes qui raréfient sa substance et déterminent l’ostéoporose sénile. Les cheveux sont frappés de canitie par le fait des cellules chromophages qui absorbent les grains pigmentaires et les éliminent. Les macrophages attaquent toutes les cellules affaiblies par une cause quelconque. [s engagent avec elles une lutte fratricide sans merci dès que leur vitalité décroît. De là ces atrophies et ces résorptions de tissus ou d’organes qui se produisent pendant la vie physiologique ou pathologique des êtres vivants. Les macrophages éliminent également les substances étrangères introduites dans les tissus: débris divers introduits dans les plaies, échardes, etc. Rien n’est plus intéressant à suivre que la disparition progressive d’un catgut, d’un fil de soie ou d'argent, introduits par le chirurgien au cours d’une suture. La matière est parfois coriace, dure à résorber, mais avec le temps et aveclesfermentsdigestifs,oxydants, réducteurs, les macrophages arrivent à corroder, à

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