‹ Contribution à l'étude du Système Réticulo-Endothélial et de son comportement au cours de certaines maladies infectieuses ou parasitairesChapitre 30 sur 81 · LA FIXATION DES POISONS SOLUBLES · texte numérisé non relu

LA FIXATION DES POISONS SOLUBLES

Lé rôle pexique du systèmé s'affirme encore envers les toxiques cristalloïdes, de provenances diverses. Les cellules macrophages incorporent le poison dans leur protoplasma, et le dédoublent grâce à leurs ferments digestifs : la fonction toxique d’un poison organique est généralement Hée! à l'instabilité relative ou à la complexité dé sa molécule. L’oxydation ou le dédoublement, qui ont pour effet de le transformer en un composé plus stable

ou plus simples sont des actions diastasiques courantes. Cette propriété n’est pas l'apanage de certaines cellules très spécialisées comme la cellule hépatique proprement dite, encore qu’elle soit en synergie fonctionnelle avec la cellule de Kupffer. A des degrès très divers, toutes les cellules transforment les toxiques, et tout particulièrement les cellules peu spécialisées, bonnes à tout faire, que sont les cellules conjonctives indifférenciées. Besredka a montré que les particules des composés insolubles de lorganisme sont englobées par les macrophages, et l’on connaît la monocytose qui fait suite aux injections médicamenteuses d’arsenic. Carles a montré également la phagocytose des sels de plomb par les grands mononucléaires. Après la découverte des antitoxines on a pu penser que toutes les infections comportent une intoxication, et que la neutralisation des poisons doit coexister avec la phagocvytose. L'expérience montre que la phagocytose n’est pas un acte secondaire. Lorsqu'on injecte dans le péritoine d’un coyabe des bacilles typhiques tués, incapables de déterminer une infection, mais chargés d’endotoxine typhique, les animaux meurent empoisonnés. Mais si, avant l’injection, on a le soin de préparer le péritoine avec des produits inertes tels que le sérum physiologique, le carmin lithiné ou l’encre de Chine, de telle sorte qu'il y ait une réviviscence des éléments histiocytaires, le poison typhique est absorbé par les phagocytes et l'animal ne meurt pas (Baïl et Weil). L’immunité contre les toxiques et toxines se ramène donc, commé l’immunité contre les microbes, à une

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digestion par les phagocytes. C'est la pensée de Metchnikoff. II ne faut cependant pas méconnaître, comme nous le verrons, l'intervention des propriétés humorales.

Retenons de ces faits que l’œuvre pexique du système histiocytaire est considérable. Par son antixénisme prononcé, il élimine ae lorganisme les germes, les parasites, les corps étrangers, les cellules inutiles, les colloïdes et les poisons cristalloïdes. Il assure l’équilibre des colloïdes des humeurs, et s'avère déjà comme un système de défense extrémement important. Nous aurons l’occasion de revenir sur son rôle dans l’immunité, et sur les épreuves colorimétriques basées sur sa fonction pexique.

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