L'EPREUVE D’ADLER ET REIMAN
Son principe est toujours le même, mais la substance employée, le rouge Congo, est beaucoup plus maniable que les autres : lOléokoniol, avonsnous dit, donne des réactions parfois pénibles pour le patient, et susceptibles de fausser les résultats ; le bleu trypan colore la peau et les muqueuses, le collargol, le platine colloïdal, le saccharate de fer déclanchent souvent des phénomènes de choc, la phénolphtaléine s’élimine par lés urines trop rapidement. Le rouge Congo, à l'inverse de ces divers produits, se signale par son inocuité absolue, déjà démontrée par Bayliss il y a vingt ans. Grâce à son très faible pouvoir de diffusion, il ne quitte que très lentement la circulation sanguine, au point que son emploi a été préconisé par Griesbach et divers autres auteurs en vue de la détermination du volume sanguin. En outre, il est stable. Karczag ct Panuz ont montré qu’il n’est pas transformé en
leucobase incolore dans l'organisme comme les autres colorants de la série benzinique, ce qui permet sa recherche et les mesures colorimétriques. Chimiquement, c’est un sel sodique de l'acide benzidine-diazo-binaphtilamin-sulfonique. Il se présente -sous forme colloïdale en suspension aqueuse et ses micelles supportent une charge électro-négative. Il présente donc toutes les qualités requises pour une bonne fixation par le tissu réticulo-endothélial. La technique d’Adler et Reiman est la suivante : ils font chez l’homme à jeun une injection intraveineuse de 12 cm de rouge Congo à 1 %. Ils prélèvent un tube de sang au bras opposé 4 minutes, puis 60 minutes après l'injection et dosent dans le sérum obtenu par centrifugation la matière colorante au colorimètre. Le degré de rétention du colorant est mesuré au moyen d’un cœfficient qui exprime le pourcentage de colorant encore en présence dans le sang une heure après l’injection, la quantité présente à la quatrième minute représentant le taux initial. Adler et Reiman ont trouvé des coefficients de rétention variant entre 50 et 70 % chez le sujet normal. Les coefficients plus élevés, entre 70 et 90 %, ont été trouvés au cours d'états infectieux divers, d’affections hépatiques avec ictère, de maladies de cœur décompensées, après splé- . nectomie, tandis que les coefficients très élevés, entre 90 et 100 % ont été constatés uniquement dans des maladies infectieuses très graves, à pronostic sombre. Ces auteurs admettent que l'épreuve au rouge Congo peut donner des indications utiles sur le pronostic des infections: un coefficient de
rétention bas indique une activité suffisante du SRE et pose un pronostic favorable, un coefficient élevé étant au contraire l'indice d’un fonctionnement défectueux du système, et permettant de poser un pronostic réservé ou fatal. Les résultats d’Adler :t Reiman sont entièrement superposables à ceux d'Eppinger, de Rosenthal, de Saxl et Donath.