PRÉCISIONS EXPÉRIMENTALES
Avant de livrer définitivement ces épreuves à la clinique, un auteur belge, Dieryck, a pensé qu’il fallait en approfondir les bases expérimentales autrement que par des constatations cliniques, et il a étudié en physiologiste les quotients d’élimination chez un individu au cours de diverses épreuves, et sur des lots d'individus. Il a méthodiquement recherché les voies d'élimination du colorant, et déterminé linfluence du foie, de la rate, du blocage, de la splénectomie et de diverses drogues sur lépreuve. Pour ses recherches, il s’est adressé au lapin, et il a utilisé les deux méthodes classiques d'investigation du SRE : le blocage et la splénectomie, sans perdre de vue les graves objections qu’on peut leur faire. I} a injecté dans la veine du rouge Congo Merck en solution à 10 % dans de Peau physiologique, à raison de 10'’milligrammes par kilog de poids de l'animal : c’est là une dose six fois plus forte que celle qu'emploient Adler et Reiman, mais il a été conduit à utiliser des doses massives en raison de lélimination extrêmement ‘apide du rouge Congo chez le lapin. Il effectuait le dosage colorimétrique sur le sérum d’après la technique employée par Rosenthal pour le dosage de la tétrachlorophénolphtaléine. FH comparaît dans un:
bloc de Walpole le sérum prélevé avant l’expérience avec celui d’après l'injection, mélangés à de l’eau distillée, les différents liquides étant répartis dans de petits tubes à hémolyse. L’hémoglobine était éliminée par l'examen spectroscopique. Il ne tenait pas compte de la fibrine qui ne retient le colorant que dans des proportions infimes. Chez le sujet normal, la quantité de rouge Congo injectée disparaît du sang en 120-150 minutes environ. Des prélèvements de sang (2 em‘) étaient faits aux 30’, 60° et 90° minutes après l'injection. Dieryck exprime la rapidité de la disparition du rouge Congo par le pourcentage du colorant éliminé de la 30° à la 90° minutes, la concentration à la 30° minute étant prise comme point de départ : c’est le quotient d'élimination, qui varie dans le même sens que l’activité du système éliminateur, contrairement au cœfficient d’Adler et Reiman qui, exprimant la rétention du colorant, varie en sens inverse. En mesurant la vitesse d'élimination du colorant, Dicryck se met en outre à l’abri des erreurs qui peuvent résulter des variations du volume sanguin d’une épreuve à l’autre. En ce qui concerne le choix du moment du prélèvement du sang, la plupart des auteurs effectuent la première prise de sang 4 minutes après l'injection, supposant que Île colorant est alors uniformément réparti dans Île sang, et que l'élimination n’a pas encore pu commencer. Dieryck préfère prélever le sang aux 30° et 9® minutes, moments entre lesquels s’élimine normalement plus de la moitié du colorant. Cela ne présente aucun inconvénient puisqu'il recher-
che, non pas le taux de colorant restant, mais la vitesse de son élimination. À titre de vérification, un prélèvement peut être effectué à la 60° minute.
Opérant dans ces conditions, Dieryck a pu constater sur un lot de cent lapins normaux que le quotient d’élimination varie dans 88 % des cas entre 65 et 80. Ces épreuves répétées sur un même animal normal, montrent que le quotient varie fort peu d’une épreuve à l’autre, ce qui semble prouver que la capacité de fixation du SRE est sensiblement égale à elle-même et n’est guère modifiée par des injections successives. Le quotient ne varie pas spontanément. Certaines circonstances comme la gestation, la splénectomie produisent toutefois des perturbations transitoires.