‹ Contribution à l'étude du Système Réticulo-Endothélial et de son comportement au cours de certaines maladies infectieuses ou parasitairesChapitre 56 sur 81 · LE TERRAIN · texte numérisé non relu

LE TERRAIN

L'importance du terrain sur lequel se déroule le conflit est connue depuis longtemps. Après avoir négligé ce facteur pendant un certain temps, les médecins modernes ont dû revenir à la vieille constation d'Hippocrate, qu’il faut avoir égard non seulement aux circonstances générales, mais aussi aux circonstances particulières ou individuelles des maladies. « Ce qui fait la difficulté de la médecine, ce n’est pas la diversité des maladies, mais la diversité des sujets sur lesquels elle opère » (Hoffmann), et Pasteur aurait dit à son lit de mort que « le germe n’est rien ; c’est le terrain qui est tout » pour réagir contre les graves erreurs de ses discipies. La notion de terrain se définit par la comparaison même qui lui a valu ce nom. On sait qu’une graine ne germe pas sur n'importe quel sol : l’anémone pulsatille ne pousse que sur du terrain siliceux, sec, éventé. La belladone, sur des terrains calcaires, humides. Il suffit de faibles traces de métal pour arrêter toute végétation, et les prospecteurs de mines devinent dans un sol stérile la présence de certains gisements. Les cultivateurs savent empiriquement que certains champs sont favorables à telle culture et non à d’autres, et que cette spécialisation varie avee le temps. Si les agronomes éprouvent une grosse difficulté pour définir les caractéristiques du terrain en rapport avec ses aptitudes au développement des espèces végétales, à plus forte raison est-il difficile de définir le terrain biologique par rapport à la maladie, car il

s’agit d’un élément en voie de perpétuelle transformation pour lequel les explorations chimiques, physiques, histologiques et biologiques sont singulièrement plus ardues, les facteurs inconnus ou non mesurables étant encore trop nombreux. On peut toutefois tenir compte dès aujourd’hui d’une foule de notions, actuellement à l’ordre du jour, pour définir analvtiquement le terrain biologique immunité - microbienne, cellulaire et humorale, allergie et anaphylaxie, accoutumance aux toxiques, hérédité fonctionnelle, passé pathologique, syndromes endocriniens, équilibre vago-sympathique, acidose et variations du Ph humoral, minéralisation de l’organisme, équilibre diastasique, état colloïdal des humeurs, métabolisme basal, sexe, âge, psychisme, etc. Il est bien d’autres notions sans aucun doute que nous ne soupçonnons même pas. Nous ne retiendrons parmi ces facteurs constituant le terrain que ceux qui entrent dans le cadre de l’activité du tissu conjonctif RE.

L'organisme, pour maintenir son équilibre vital, doit à tout instant se défendre contre une multitude de facteurs externes ou internes qui tendent à le déborder : agents physiques, agents chimiques, cristalloïdes, agents animés, microbes, parasites, etc. Forcés de nous limiter, nous n’envisagerons que la défense contre les agents animés et les toxiques, en tâchant toujours de mettre en évidence l’intervention du tissu réticulo-endothélial, dans le cadre de nos connaissances, qui ne sont malheureusement pas toujours très précises ou très étendues.

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