‹ Contribution à l'étude du Système Réticulo-Endothélial et de son comportement au cours de certaines maladies infectieuses ou parasitairesChapitre 57 sur 81 · LE GERME · texte numérisé non relu

LE GERME

Le germe, microbe, ultra microbe ou parasite, est un être vivant qui se nourrit, respire, sécrèt<, se reproduit. On considère généralement que ce qui différencie les espèces anodines des espèces pathogènes est une simple question d'adaptation réciproque du germe à l’hôte infecté.

Les germes agissent rarement par simple acte de présence. Leur action.est infiniment plus complexe. Ils sécrètent généralement des poisons bactériens dont les plus typiques et les mieux connus sont ceux des bacilles diphtériques, tétaniques, botuliniques. Ce sont des substances très complexes, peu définies chimiquement de nature protéique, généralement délicates, sensibles au chauffage, précipitables par l’alcool, le sulfate ammonique, adhérant volontiers aux précipités minéraux comme les

ferments. Les toxines manifestent souvent une affi- nité nettement élective pour certains tissus : les toxines tétanique et diphtérique agissent sur le sys- . tème nerveux, la toxine dysentérique sur le gros intestin, etc. D’autres, connues sous le nom d’agressines, s’attaquent aux cellules sanguines, aux leucocytes en particulier, qu'ils paralysent : Baïl a découvert cette agressine dans les exsudats et les œdèmes inflammatoires. Injectée seule à un animal, elle serait inoffensive, mais associée à une dose minime non mortelle de microbes, elle permettrait à ceux-ci de proliférer et aggraverait de ce fait

linfection. On a tenté en partant de l’agressine de déterminer une immunité consistant en antiagressines. Aux toxines s'ajoutent les endotoxines. poisons bactériens inclus dans le protoplasma des germes, qui se libèrent au moment de l'éclatement de ceux-ci, et seraient responsables de graves accidents. La virulence des germes est en grande partie liée à la toxicité des poisons sécrétés. Fort heureusement, ce ne sont pas toujours les germes les plus virulents qui se répandent le plus facilement dans l’organisme, et l’on connaît le cas des bacilles hautement toxiques de la diphtérie et du tétanos qui ne peuvent se développer qu’en des foyers limités. Ici intervient la faculté d'adaptation des microbes, qui n’est pas fonction de la virulence.

Les microbes se défendent contre l’organisme de différentes manières. Soit par production de capsules, de gaînes, bien révélables par les colorants, qui n’existent pas dans les cultures. De tels microbes deviennent invulnérables, et forcent l’organisme à un effort. supplémentaire. Certains microbes échappent aux phagocytes en les empoisonnant : le staphylocoque secrète une leucocidine qui lyse les leucocytes. Les bacilles de Koch, morveux et pestaux, ont des propriétés nécrotiques très nettes. L’extrême mobilité de certains germes leur permet d’esquiver lattaque des phagocytes: certains vibrions cholériques sont doués d’une vélocité extraordinaire qui déroute les leucocytes. Ils résistent enfin par une certaine indifférence envers les sues leucocytaires : c’est le cas du gonocoque, du bacille de Koch ,du tréponème pâle, des spor®rs

—— AOC

tétaniques, des leischmanias. Ce caractère explique le microbisme latent.

Ces généralités sur la physiologie des r-’crobes nous montrent que le rôle de l’organisme qui se défend est cemplexe. Il doit non seulement détruire directement les germes et neutraliser leurs poisons, mais encore modifier ses humeurs afin de rendre le milieu peu propice à leur développement.

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