‹ Contribution à l'Étude du Ténia chez les tuberculeux: Observations et faits expérimentauxChapitre 18 sur 22 · RECHERCHES DU RÉSERVOIR DE VIRUS · texte numérisé non relu

RECHERCHES DU RÉSERVOIR DE VIRUS

Malgré l’aide apportée par le service vétérinaire du département en quatre années, nous n'avons pu avoir qu’un seul porc ladre.

La ladrerie du pore a complètement disparu dans notre région et ceci pour deux raisons :

1°. — Le fait serait dû à ce que dans les campagnes il y a maintenant partout, plus ou moins sommaires, mais suffisamment bien installés des cabinets d’aisance, alors qu’autrefois les cultivateurs déféquaient sur les fumiers, dans les cours des fermes ou les pores se promenaient avalaient les matières fécales humaines ou leurs résidus.

2°. — A la perfection de la surveillance des viandes

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aux abattoirs, surveillance grandement facilitée d’ail- A = leurs pour le porc, par le fait que la Cysticercose est très UT - visible, le Cysticerque du porc est volumineux, presque

gros comme une lentille, de couleur blanche, facile à

‘1 reconnaître sur la viande, enfin leur nombre est considék M, D rable.

D Ceci explique que dans toutes nos recherches, aussi

bien chez les tuberculeux que chez les non-tuberculeux et

sur ce point particulier, 40 sujets ont été examinés, —

1 : nous n’avons jamais trouvé de ténia solium, il s’est tou-

jours agi du ténia saginata, c’est-à-dire ténia du bœuf.

& Ne pouvant trouver spontanément par le service des

abattoirs des animaux ladres nous avons essayé nousmême de réaliser une réserve de virus.

D Ayant à volonté des anneaux de ténia saginata, nous

4 avons essayé d’infecter le lapin et le veau.

1° Essais sur LE LAPIN. — Nous savions que cet ani-

mal ne peut même surinfecté, devenir hôte intermédiaire.

Malgré cela nous avons tenté l’expérience.

EU Nous faisons ingérer pendant un mois tous les jours

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aux lapins mis en expérience, mêlé à des feuilles de salade des fragments de Ténia. Sur douze animaux étudiés, aucun bien entendu, n’est devenu ladre, mais deux d’entre eux infectés par le même malade, celui de l’observation N° 5 ont contracté ia tuberculose, montrant ainsi que ce

malade était atteint de tuberculose bovine, fait rare en

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France, et qu’en outre les anneaux de parasites peuvent

véhiculer avec eux le bacille de Kock.

2° Essais sur LE VEAU. — Cet essai a été fait d’après

les conseils de Monsieur LANGERON.

Pour cet Eminent Parasitologue, la différence qui existerait entre la Cysticercose du porc et celle du bœuf

viendrait surtout de la différence de leur contamination.

Le porc coprophage et glouton avalerait en masse des anneaux de ténia humain, ce qui expliquerait l’infarcissement en particulier de tous les organes, des masses musculaires notamment d’où la facilité des recherches de cysticerques.

Le bœuf au contraire ne prendrait que d’une matière très discrète quelques anneaux expulsés dans des jpâturages souillés par des matières fécales humaines d’où la rareté des cysticerques qui sont presque introuvables et

échappent aux inspections des viandes les plus minutieuses.

Aussi avons-nous essayé chez deux veaux en expé-

rience de réaliser une contamination massive.

L' | . LL Pour cela, pendant 8 jours nous avons fait avaler tous les deux jours à de jeunes veaux d’une semaine de

20 à 25 centimètres de Ténia fraîchement expulsés. Les fragments de Ténia étaient sectionnés et mélangés à un biberon de lait muni d’une tétine spéciale. Les animaux

prirent sans aucune difficulté les ténias ainsi préparés.

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Mais fait curieux, les animaux abattus, l’un au bout d’un mois l’autre au bout de deux mois, se montrèrent absolument indemnes de tout cysticerque et ceci au point que l’Inspection des viandes, dûment avertie, considéra ces animaux Comme pouvant être livrés sans inconvénient à la consommation.

Ces échecs expliquent que nos essais d’inténiadation

aient été très limités.

ESSAIS D’INTÉNIADATION

Ils ont été faits avec le seul porc ladre que l’on nous

a procuré.

DE Les Cysticerques qui étaient en très grand nombre recueillis dans des boîtes de Pétri furent mis dans deux glacières. Ceci nous a permis de nous rendre compte que les Cysticerques ne se conservaient pas à basse température. La température doit être un peu au-dessus de zéro, 4 à 5. Ces Cysticerques furent mis au nombre de deux dans des cachets de moyen volume. Nous les avons donnés à 7 malades, six de notre service hospitalier, le septième “étant une religieuse d’une clinique dont l’histoire est relatée dans l’observation N° 8.

- Notre technique a consisté à faire prendre 5 jours de suite, le matin au premier déjeuner un cachet contenant deux cysticerques de Ténia Solium.

| Chez aucun de nos malades d'hôpital, nous n’avons

vu apparaître de ténia, mais notre expérimentation en

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raison même de son caractère expérimental, avait été faite sur des désespérés et ces six malades sont morts dans le mois qui a suivi nos essais d’inténiadation. Quant à la religieuse, elle aussi dans un état très grave, c’est deux mois après l’inténiadation que le ténia apparut. Il est difficile de dire avec le ténia solium la date d'apparition du parasite car, à l’inverse du ténia du bœuf, les fragments ne s’expulsent pas tout seuls et le sujet peut être porteur d’un ténia solium depuis un temps

souvent fort long sans que l’on s’en doute.

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Discussion

1°. — Un premier fait ressort des faits exposés plus haut, c’est la difficulté d’avoir à volonté un Réservoir de Virus, c’est-à-dire de Cysticerques.

2°. — Il semble bien aussi que la ladrerie expérimentale des animaux ne paraît pas aussi facile qu’on pourrait le croire à priori.

3°. — La Cysticercose du bœuf par le Ténia saginata doit demander des conditions assez spéciales de contamination encore inconnues.

4°. — Malgré cela le Ténia saginata est un parasite extrêmement répandu et semble réaliser à lui tout seul,

dans nos régions, le seul ténia de l’homme.

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