‹ Contribution à l'Étude du Ténia chez les tuberculeux: Observations et faits expérimentauxChapitre 17 sur 22 · DISCUSSION · texte numérisé non relu

DISCUSSION

Une des premières remarques qui découle de nos ob- servations est l’absence de tout retentissement pulmonaire dû à la présence du parasite. Pas de modifications dans l'évolution clinique ou radiologque des lésions, pas de signes fonctionnels particuliers qui eussent attiré notre attention. Notamment nous notons l’absence de toux et d’hémoptysie.

Ceci à notre grand étonnement, car si nos recherches bibliographiques ont été interrompues par la guerre, elles nous ont permis néanmoins de relever une intéressante observation de Messieurs PAGNEZ et LEROND qui, le 3 décembre 1936 à la société médicale des hôpitaux de Paris rapportent l’observation d’une malade atteinte de toux spasmodique avec hémoptysies, eosinophylie massive et polyglobulie, accidents que l’expulsion de trois ténias firent disparaître. :

En outre, ces dernières années LOERFLER de Zurich a décrit chez les tuberculeux des congestions pulmonaires fugaces avec eosinophylie et nous nous demandions précisément si ces faits n’auraient pas été l’expression d’une

helminthiase méconnue chez certains tuberculeux.

SÉOREE

Or chez aucun de nos malades, certains observés pendant quatre ans, nous n’avons constaté de faits semblables. \

Par contre l’état général excellent de tous nos tuberculeux porteurs de ténias nous a frappé. Pas d’amaigrissement, bien au contraire, nos malades ont fait une augmentation régulière du poids. Pas d’anémie, leur teint était particulièrement coloré et si l’on ne pouvait parler chez eux de poly-globulie, les examens de sang ont constamment montré un chiffre normal mais élevé de globules rouges (5.400.000 et plus). Faute de temps, malgré le grand intérêt qu’elle présente nous avons laissé de côté la courbe de l’eosinophylie.

Ce remarquable état général de nos Tuberculeux est bien le fait qui a été à l’origine de cette étude : essais de recherche d’une maladie ou d’une parasitose antagoniste de la Tuberculose. Déjà, il y a fort longtemps GRAN- CHER avait soutenu le rôle bactéricide des toxines des ténias et plus récemment ces idées ont été reprises par

Messieurs RAMoOND et JOYEUX.

Evidemment il n’y a là encore que des hypothèses,

mais il n’en demeure pas moins que la polyglobulie et l’eosinophylie qui sont constamment rencontrées dans ces

parasitoses sont généralement considérées comme un test humoral de pronostic favorable dans toute sorte d’affection.

Il faut noter enfin l’absence de troubles fonctionnels

dûs à la présence des parasites, c’est surtout la sortie inopinée des anneaux dans le lit, dans le pantalon, qui importune les sujets.

Quelques malades se plaignent de troubles gastriques imprécis ou de troubles nerveux, ou encore attribuent aux parasites des malaises ayant tout autre origine.

Tous ces symptômes étaient assez facilement réduits par la suggestion en tous cas ceux qui demeuraient ont toujours persisté malgré l’expulsion des ténias.

"En terminant enfin, nous mentionnerons que nous n'avons jamais recontré les accidents graves signalés chez les sujets porteurs depuis longtemps de ténias, à savoir la u dégénérescence amyloïde et l’auto-ladrerie, cette dernière - éventualité serait particulièrement grave, elle serait due au fait qu’à la longue le porteur de ténia peut devenir son propre hôte intermédiaire et voir ainsi une cysticercose se développer partout, dans le système nerveux notamment, il est vrai que les parasitologues s’accordent pour considérer que cette éventualité redoutable ne se verrait pas avec le ténia saginata mais serait l’apanage d’autres vers, du Ténia Solium, en particulier.

Or dans toutes nos recherches nous n’avons jamaïs eu à nous occuper que du ténia du bœuf appelé encore :

Ténia Saginata, Ténia inerme.

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