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d’anxiété, avec sensation de malaise, de fatigue, que la malade ne peut définir ».
Il signale aussi l’observation de HOUEL et SUDAKA (Bulletin de la Société d’Obstétrique et de Gynécologie de Paris, 1924, p. 505) où huit jours après l’avortement provoqué par une tige de fusil, apparition d’un trismus très serré fut précédé d’un état d’énervement, d'inquiétude avec sensation de constriction au niveau de la gorge.
J.-A. SICARD avait insisté sur un signe précoce et qui est particulièrement net dans une observation de A. SicARD. C’est une paresthésie linguale avec sensafion spéciale dans la langue : saveur salée, fourmillements. « Il nous a permis, dit A. SIcARD, d’instituer un traitement énergique, immédiat, avant l’apparition des premiers symptômes et d'obtenir ainsi une guérison rapide ».
La connaissance de ces prodromes prend à nos yeux une grande valeur, car, institué dès cette période, un traitement actif est susceptible d’augmenter le nombre de guérisons.
L'allure clinique du tétanos post-abortum peut, dans certains cas, être celle du tétanos habituel, avec ses contractures et ses accès paroxystiques.
Trismus, dysphagie, raideur de la nuque en constituent la triade classique.
La contracture musculaire peut s’étendre aux muscles des gouttières vertébrales, aux muscles de la paroi abdominale. Il est exceptionnel que les groupes musculaires des membres soient atteints.
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Et sur ce fond de contractures peuvent se greffer avec une intensité et une fréquence variable les « crises télaniques ».
A. SICARD et A. ARNAUDET l’ont remarqué, la symptomatologie du tétanos post-abortum peut être en tous points semblable à celle du tétanos périphérique.
Le plus souvent cependant, du fait qu’il s’agit d’un tétanos splanchnique, le tétanos post-abortum revêt une allure clinique spéciale.
— Il y a peu ou pas de contracture.
— Les spasmes pharyngés dominent la scène.
Rappelons à ce sujet le tableau clinique décrit par A. SICARD :
« Il n’y a que peu ou pas de contracture. Les spasmes pharyngés dominent la symptomatologie. Ils sont au premier plan. À peine de trismus, pas de contracture des membres, pas d’abdomen rétracté. Des secousses convulsives se produisent, accompagnées de dysphagie, de crises de dyspnée intense avec cyanose. Ces crises deviennent bientôt subintrantes et entrainent la mort par asphyxie avec une température en général peu élevée, sauf à la période terminale.
« Cette localisation des spasmes au larynx et au pharynx au cours des tétanos splanchniques a été fort discutée ; elle s'explique cependant facilement par l’innervation vago-sympathique des muscles pharyngés et laryngés. »
Dans chacune de nos observations, le tableau clinique était si net que le diagnostic ne présentait aucune difficulté.