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ver, je demandai une consultation, laissant espérer qu'après tout, je pouvais me tromper. Ç
À 5 heures, consultation avec M. le docteur Gaucher, qui confirme le diagnostic. La bouche était fermée par les mâchoires appliquées violemment l’une contre l’autre. La figure, dans une sorte d’immobilité spéciale, les commissures tirées, .la bouche formant saillie dans une sorte d’'exéavation, limitée par les buccinateurs et les masséters contracturés, la nuque raidie et formant une pièce rigide avec le tronc ét la tête. La malade ne présentait pas de secousses visibles, elle en accusait dans la mâchoire, mais on né les voyait pas. On en provoquait, lorsqu'on cherchait à étendre le bras, le biceps immédiatement se contracturait, tléchissant l’avant-bras à l’excès.
Prescriptions : quatre lavements de chloral de 2 grammes chacun, potion bromurée, bain de vapeur, lait par petites cuillerées à café par le nez ou par la boucle.
Ce traitement fut rigoureusement appliqué le 29 et le 30.
-Le 29, voulant avoir l'opinion d’un accoucheur, je fis voir Me S... au docteur Éerthod, qui porta lui aussi le diagnostic de tétanos. Pendant ces deux jours, la malade un peu prostrée par le traitement, se sentit soulagée. De temps en temps, elle accusait des secousses très légères dans la nuque, le ventre, les jambes, elle était alors en opisthotonos. Le pouls varia de 110 à 120, la température oscilla entre 36” 8 et 378. Les urines examinées ne présentèrent rien d’anormal, si ce n’est des urates en excès. ae
.- Le 81, dans la nuit, la malade s’affaiblit de plus en plus. La prostration-fut de plus en plus complète, quoique la-dose de chloral eût été diminuée considérablement: La respira-
tion devint stertoreuse, et le 31, au matin, après une période de 8 heures à peu près d’un coma, coupé seulement par des crises convulsives, elle succomba à l'épuisement nerveux, à l’inanition, à l'encombrement bronchique,
L'avortement était-il provoqué ou spontané? D'après les renseignements que j'avais recueillis, d'après les réponses de la malade, qui, ayant eu déjà deux enfants, les avait perdus, je crus à un avortement spontané. Mais depuis, la sage-femme qui donnait ses soins à Me S... fut arrêté comme avorteuse. En outre, les voisins me rapportèrent qu’elle ne désirait pas d'enfant, de sorte que le doute existe sur la spontanéité de cet avortement. Il est bon en outre de constater qu'il n’y avait pas d'autre cas de tétanos dans le quartier.