‹ Contribution à l'étude du tétanos puerpéralChapitre 17 sur 37 · OBSERVATION I · texte numérisé non relu

OBSERVATION I

Observation personnelle. — (Prise dans le service de M. le

docteur Lacombe, suppléé par M. le docteur Gaucher.)

Hopital Bichat. — Guérison,

Salle Récamier. Lit 9,

Here rans, cuisinière, Entrée le 16 septembre 1891.

Antécédents héréditaires. — Mère morte d’obstruction intestinale. Pêre vivant, bien portant.

Antécédents personnels. — La malade n’accuse pas de maladie dans son enfance. Elle a eu deux grossesses : la première terminée il y a dix-huit mois, par un accouchement normal, sans suites de couches pathologiques. L’enfant est vivant et en bonne santé. La deuxième s’est terminée le 25 août dernier par une fausse couche de trois mois. Au début de cette seconde grossesse, elle a eu une bronchite dont il ne reste rien actuellement.

La malade a donc fait une fausse couche le »nardi, 25 août. Cet avortement, fout spontané, dit-elle, n'a été suivi ni de fièvre, ni de frissons, elle n’a pas pris d'injection, et n'a été assistée par personne. Elle a commencé à se lever quatre jours après.

Rien de spécial jusqu’au dimanche 6 septembre. — Ce jour-là, elle alla laver du linge, mais déjà le matin, elle s’était

aperçue qu'elle avait un peu de raideur des mächoires, de sorte qu'on ne saurait incriminer le froid humide du lavoir.

Le lendemain, 7 septembre, elle ne pouvait plus ouvrir la bouche pour manger. En même temps ses jambes devenaient raides.

Enfin, depuis le 8 septembre, elle a de la raideur des

membres supérieurs. Ajoutons comme dernier renseignement que ni la malade ni son mari n’ont jamais eu le moindre contact avec des chevaux.

* 17 septembre. Trismus médiocre, permettant encore un certain écartement des mâchoires, pas de raideur de la nuque, pas d’opisthotonos. Les muscles abdominaux sont contracturés. Le diaphragme fonctionne normalement, raideur des épaules et de la main, l’avant-bras n'est pas atteint, les hanches, les cuisses, les jambes sont raides, les pieds sont indemnes, les mouvements spontanés des membres sont possibles dans une certaine limite, mais la raideur s’exagère dès qu'on cherche à les fléchir ou à les étendre. La déglutition des liquides est facile, celle des solides est impossible, surtout en raison des difficultés de la mastication, constipation depuis avant-hier matin, rétention d’urine depuis le même temps; les urines retirées avec la sonde ne contiennent ni sucre, ni albumine. Légère irrégularité cardiaque (pouls 68), pas de fièvre, pas de gêne respiratoire (respiration 20). Rien dans les poumons, à part quelques frottements à la base gauche. Re:

Diagnostic : tétanos puerpéral à forme atténuée,

Traitement : chloral à la dose de 1 gramme toutes les

deux heures; morphine en injections sous-cutanées, jusqu’à

concurrence de 0,04 centigr.; bain tiède de une heure de durée. Régime lacté.

18 septembre. La malade a pris 7 grammes de chloral et 0,02 centigr. de morphine depuis hier. Amélioration sensible, la bouche s'ouvre mieux, la raideur des bras et des jambes est moindre, miction spontanée, pouls plus régulier; mêmes prescriptions que la veille. Le soir, à la contre-visite, elle est profondément assoupie,

19 septembre. 5 grammes de chloral et 0.02 centigr. de morphine.ont été ingérés dans la journée d'hier. Encore un peu de raideur des masséters. Les jambes et les bras se plient facilement, mais les mouvements provoqués rencontrent toujours une certaine résistance. La température s’est élevée (380), Langue blanchâtre ; la malade accuse une douleur de chaque côté dans la région hypogastrique, les muscles adominaux sont énergiquement contractés, quelques râles sibilants dissiminés dans la poitrine. Même traitement que le jour précédent, en plus lavement purgatif du codex, et injection vaginale avec liqueur Van Swieten.

20 septembre. La malade est allée à la selle, la fièvre a disparu. Elle a pris hier 6 grammes de chloral et 0,02 centigr. de morphine. Même tonus exagéré des muscles abdominaux ; même traitement,

25 septembre. Même état, pourtant la bouche s'ouvre mieux ; la malade a pris régulièrement tous les jours 5 gr. de chloral, 0,02 centigr. de morphine et un bain tiède. Même traitement.

30 septembre. Règles depuis [trois jours, plus de bain, pi de morphine depuis la même conte seul le chloral à été continué à la dose de 4 grammes,

1% octobre. La malade commence à prendre des aliments solides. Se lève et déambule.

5 octobre. Suppression du chloral; depuis quatre jours il n'était pris qu’à la dose quotidienne dé 1 à 2 grammes, 9 octobre. Les muscles abdominaux sont encore contracturés, le ventre est d’une dureté lisneuse, les mouvements des membres et des mächoires sont à peu près libres, On prescrit 3 grammes de chloral et un bain chaud. 11 octobre. La malade demande son exeat. Les muscles

abdominaux sont encore contracturés.

OBSERVATION Il.

Observation communiquée par Monsieur le docteur Alexandre. Mort,

Me S..., 26 ans avait fait le 16 mars 1891 une fausse couche de deux mois et demi environ. Tout se passe naturellement et le 26 mars, veille du jour où je fus appelé à la voir, la malade se trouvait si bien que la sage-femme voyant les lochies absolument nulles, l’appétit bon, les forces suffisantes, avait permis à Me S... de se lever. Elle allait très bien lorsque le lendemain 27, vers trois heures, elle se trouva prise de difficulté pour respirer, d’un malaise profond qui la décidèrent à me faire appeler.

Je pratiquai l'examen le plus minutieux, et ne constatai ni du côté des organes sexuels, ni du côté des organes pré-

Ares

sidant aux autres fonctions aucun sighe dénotant non-seule-

ment la plus petite lésion, mais encore le plus petit trouble, si ce n’est des battements de cœur un peu violents, le pouls

un peu rapide (100 pulsations). Pas d’élévation thermique. 37’. En présence de tous ces signes négatifs, du vague des

sensations anormales éprouvées par la malade, du caractère

habituellement nerveux de celle-ci, je pensai à un peu de

nervosisme et me retirai après avoir prescrit une potion

calmante éthéro-opiacée, et des injections vaginales phéni-

quées..

Le lendemain 28 mars, à 5 heures 30 du matin, j'étais appelé en hâte, la malade,.me disait-on, ne pouvant plus parler. Contrairement à ce qu'on m'avait annoncé, la malade parlait, même beaucoup. Mais sa parole présentait un accent, un mode de prononciation particulier, qui ne saurait mieux être comparé qu'à celui des personnes en colère, qui parlent en serrant les arcades dentaires l’une contre l’autre. En même temps, la malade accusait une sensation douloureuse avec paroxysmes dans la région massétérine. Elle ne souffrait pas du cou, mais éprouvait une gêne légère pour tourner la tête. Toujours pas de température, 37° 5.

Diignoshe, — Tétanos.

Traiterent, — 6 grammes de bromure de potassium à prendre dans la matinée.

2 heures après, le trismus était encore plus aceusé que le matin, la nuque beaucoup plus raide.

Prescriptions : Chloral et lait, à prendre par cuillerées à café ce qui était difficile à cause du resserrement des màchoires.

À 3 heures de l'après-midi, Vétat continuant à s’aggra-

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