‹ Contribution à l'étude du tétanos puerpéralChapitre 9 sur 37 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

Nous serons bref sur la pathogénie, car tous les faits qui vont suivre appartiennent au tétanos traumatique. Aucune recherche pathogénique n’a été faite, jusqu'ici, sur le tétanos puerpéral, et c’est par analogie que nous assimilons la bactériologie de ce dernier à celle du tétanos traumatique.

(Il y a quelques années à peine, disent MM. Sanchez Toledo et Veiïllon, dans leur remarquable étude, le tétanos était une affection des plus mystérieuses et des plus obscures. Elle semblait défier toutes les investigations des chirürgiens aussi bien que celles des anatomo-pathologistes. Grâce aux récentes conquêtes microbiologiques, cette affection, au contraire, est devenue une de celles dont la nature, la cause et le mécanisme sont le mieux établis. »

Le tétanos, comme nous l’avons déjà dit, est une maladie de nature microbienne, contagieuse, inoculable. Il a pour facteur le bacille découvert par Micolarer et isolé par AXitasato, qui le cultiva purement et reproduisit, avec ses cultures, le tétanos type. Le bacille de Nicolaier, qui est très polymorphe, se présente ordinairement sous forme d’un bâtonnet fin plus ou moins long, mobile, muni d’une spore terminale, qui lui donne l'apparence d’une épingle ou d’une baguette de tambour. Il est anaérobie, et se développe particulièrement bien dans l'hydrogène, ou encore dans un vide relatif et dans les milieux profonds où l'air n’accède

que par une ouverture efilée.

SO e

La tempéralure de 38° à 39° lui est la plus favorable. Sa sporulation est alors très active. Très sensibles à la lumière diffuse, à la radiation solaire et à l'air, ses spores sont tuées par la vapeur d’eau à 100? pendant un quart d'heu re, et un séjour de cinq minutes dans l’autoclave à 115°.

Les bacilles de Nicolaier ne peuvent, pendant la vie, pulluler dans le sang ou, tout au moins, ils ne s’y présentent que dans les derniers moments. Après la mort, ils se développent et se cultivent dans le liquide hématique et dans les différents organes. On peut donc considérer le tétanos commé une #naladie locale en raison du foyer restreint de l’activité de son bacille. |

Mais ce bacille élabore dans la place, où il cultive et se cantonne, une toxine connue sous le nom de féfanine et qui offre beaucoup d’analogie avec la strychnine. Son pouvoir de diffusion et sa puissance nocive sont considérables. Une goutte injectée sous la peau de la cuisse d’un cobaye le tue. en vingt-quatre heures (1). |

Ce bacille foisonne dans la terre, surtout dans les couches profondes, où il peut résister longtemps à l’action du soleil et de l’air. | ik

Le tétanos étant ainsi d’origine tellurique, 1l est aisé de comprendre, même lorsqu'il est impossible de suivre la genèse de l’affection, combien il est facile pour l'organisme humain d’être infecté. Combien plus claire devient l'étiologie du tétanos, quand on applique à son étude ces quelqques données que nous venons d'exposer.

(1) Société de Biologie. Séance du 25 juin 1891. D' Camara-Pestana, de Lisbonne, |

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