‹ Contribution à l'étude du thrombus vulvaire et de son traitementChapitre 5 sur 26 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Définition et classification

Les thrombus vulvaires et vaginaux sont des infiltrations cellulaires sanguines, consécutives à la déchirure de vaisseaux plus ou moins importants.

La dénomination n'est donc pas exacte, puisque thrombus signifie coagulation sanguine dans l'intérieur d’un vaisseau. Si on continue à employer ce terme, donné par Legouais en 1821, c'est par pure tradition. On devrait, en réalité, dire : hématome vulvaire et vaginal.

On divise les thrombus en puerpéraux et non puerpéraux. (‘es derniers, signalés par Deneux, accoucheur de la Duchesse de Berry, sont rares et presque toujours d’origine traumatique. Ils acquierent rarement un volume très considérable et guérissent généralement par résorption après un temps plus ou moins long.

Parmi les thrombus puerpéraux, nous ne citerons

que pour mémoire le thrombus cervical et le thrombus pédiculé du vagin.

Le thrombus cervical n’est pas, à proprement parler, un thrombus : quand la tête fœtale a du mal x s'engager, la lèvre antérieure du col peut être fortement pincée contre le pubis, d’où formation d’une sorte de bosse séro-sanguine qui distend cette lèvre à l'excès. I s’agit d'un œdème suraigü du tissu cervical avec hémorragie localisée plutôt que d'un véritable hématome. C'est une lésion ordinairement peu grave, mais qui peut aboutir à un sphacèle étendu du col.

L’hématome pédiculé du vagin, surtout étudié par Budin et Lenief, se présente sous la forme d'une tumeur rouge noirâtre, faisant plus où moins saillie hors de la vulve et s’'insérant toujours sur la paroi postérieure du vagin. Ge qui fait surtout l'intérêt de ces tumeurs sanguines, C’est leur pédiculisation. Budin — et Bar accepterait volontiers celte interprélation — pense qu'elle est due à un vestige de bifidité du vagin ; la paroi postérieure de ce conduit porterait une ébauche de cloison, renfermant des vaisseaux qui éclateraient au moment de l’accouchement.

Mais le vrai thrombus puerpéral comprend trois variétés : hrombus pelvi-abdominal, thrombus vaginal pur et thrombus vulvo-vaginal. Ce dernier constitue Ja variété la plus importante et la plus intéressante à connaître en raison des dangers immédiats d'hémorragie et des dangers tardifs d'infection auxquels elle expose la malade. Elle n’est pas moins

intéressante par sa pathogénie qui a élé fort discutée el par les erreurs de diagnostic auxquelles elle a parfois prêté. |

C’est à cette variété vulvaire que nous bornerons notre étude.

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Historique

Le thrombus est une affection signaléé depuis les temps les plus anciens. Hippocrate, en parlant des usages thérapeutiques du vinaigre, écrit dans son traité « De l’usage des liquides » : « Le vinaigre convient aux plaies récentes, aux thrombus, aux cas où il y a noirceur des parties génitales » (cité par Bories, dans sa thèse).

C’est Rueff, de Zurich, qui, en 1554, donna le premier une notion précise de l'affection. Puis Veslingius, de Padoue (1664), Peu (1694), Mauriceau (1703) en publièrent des observations.

En 1734, Kronauer, de Bâle, fait paraître un Mémoire sur la question. En 1812, Boër reprend cette étude et Audibert publie la première thèse, rénfermant huit observations, les seules que l’auteur ait pu recueillir.

En 1821, Legouais, dans le dictionnaire en 60 volumes, donne le nom de thrombus à l’hématome

es vulvo-vaginal. Mais ce terme ne prévalut réellement que lorsqu'il eut été patronné par Velpeau (thèse de concours, 1833).

De nouvelles observations furent apportées par Siebenhaar (1824), Chaussier, Mme Lachapelle, Dewes, Trumpfer, elc.

Le Professeur Deneux, de Paris, fait paraître, en 1830, une longue monographie, dans laquelle il rapporte trois observations personnelles relevées en quarante ans de pratique. Mais il eut tort de méconnaître trois faits importants publiés à Lyon, par Martin le jeune, en 1819, en 1820, en 1824 et dont ce dernier fit, plus tard, le sujet d’un mémoire intéressant (1835).

Puis vinrent les travaux de Blot (Thèse d’'Agrégation de 1853), de Récamier (Journal de Médecine et Chirurgie pratiques, d'octobre 1855) ; de Populus (Thèse de Paris, 1857) : de Taborie (Mémoire de 1860).

I faut venir à la thèse de Perret (1864), pour trouver une notion un peu neuve, introduite dans la question du thrombus. I} s’est surtout attaché à élucider le mécanisme de la lumeur sanguine. Nous verrons plus loin ses idées à ce sujel.

Enfin, parmi les auteurs qui, dans ces cinquante dernières années, se sont occupés de la question, nous Citerons : Hervieux, dans son Traité des Maladies puerpérales (1870) ; Mme Sasonoff et Lwoff (1886) ; Cadilhac, de Montpellier (1894) ; Devoir et Schachman, de Paris (1897) ; Mme Stepanoff (1901):

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Bories (1904) ; Max Georges (1910) ; le Prof" Pinard (911) et Champeau, dans sa thèse de 1914 ; celui-ci a étudié, en bloc, les thrombus vulvo-vaginaux et vaginaux purs. Nous Jui avons emprunté quelques observations. é

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