‹ Contribution à l'étude du traitement chirurgical de l'Éléphantiasis du ScrotumChapitre 11 sur 16 · OU · texte numérisé non relu

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il s’agira du second cas, de l’envahissement pénien et scrotal à la fois. On devra bien encore ici pratiquer dans un premier temps la résection de toute la peau scrotale et pénienne envahie par l’éléphantiasis, tout en respectant la verge et les testicules, mais dans un second temps il conviendra de refaire un nouveau serotum et un nouveau fourreau pour la verge, avec des lambeaux taillés et appropriés à cet effet. |

Cependant tout au début de la pratique de ces interventions, le deuxième temps opératoire était laissé de côté, on pratiquait alors l’oschéotomie sans anaplastie. C’est-àdire qu'après avoir pratiqué la recherche de la verge et des testicules au milieu de la masse éléphantiasique que l’on abrasait alors, on se contentait de laisser la verge à nu, ainsi que les testicules que l’on plaçait au fond de la plaie béante, On appliquait alors sur le tout un vaste pansement et l’on attendait que la plaie se fermât par bourgeonnement, ce qui se produisait, disent les auteurs, dans un délais de quatre à six semaines. Dans le but de favoriser et de hâter la cicatrisation, on veillait à ce que les bords cutanés de la plaie ne s’éversent pas en dedans. On obtenait ainsi un scrotum et un fourreau, en tissu cicatriciel, ce qui sans doute gênait considérablement l'érection, mais permettait déjà, tout en supprimant la gêne considérable créée par ces masses volumineuses, de conserver tout l'appareil génital.

Partridge, chirurgien anglais, perfectionnera ce procédé en imaginant une méthode d’hémostase préventive, avec un tube d’Esmach placé à la racine de la tumeur serotale et maintenu en place au moyen de lacets, fixés d'autre part à une ceinture qui entoure la taille de l’opéré.

Lacroix, se rapprochant déjà du procédé anaplastique, avait recouvert les testicules avec des lambeaux pris à la face interne des cuisses, mais il laissait encore le penis à nu et le résultat restait sensiblement identique,

Nous en arrivons enfin aux procédés plus complets dits avec anaplastie. Nous nous contenterons de citer les procédés de Bettances qui recouvre les testicules avec un lambeau postérieur pelvien unique, et fait une gaîne au penis avec un lambeau antérieur sus-pubien ; de Gœtani Bey, de Clot Bey, qui songe à conserver une portion variable de l’ancien fourreau de la verge, ou seulement le prépuce, celui-ci n'étant en général pas atteint par l’œdème éléphantiasique.

Mais le procédé classique fut celui employé par Delpech de Montpellier en 1820 et qui se trouve relaté tout au long dans la chirurgie clinique de Montpellier 1825. C’est encore le procédé à trois lambeaux employé aujourd'hui ; il a subi depuis de légères modifications de la part de Voillemier tout d’abord en 1868 et d’Ablart ensuite en 1884, mais le tracé général des lambeaux reste le même.

C’est en reprenant l'observation d'Ablart, thèse de Morin, Paris 1885, qui nous semble comporter une technique opératoire parfaite que nous allons exposer ce procédé temps par temps :

1% lemps : Découverte du gland de dehors en dedans par tàtonnement.

2° temps : Taille des lambeaux.

a) Lambeau antérieur quadrilatère à bord libre au niveau de la racine du gland ; ce lamheau doit avoir les dimensions suffisantes pour servir ultérieurement d’enveloppe à la verge.

b) Lambeaux latéraux : l’incision qui va délimiter ces lambeaux partant dans la continuité du lambeau antérieur au-dessous du niveau de son bord libre, deviendra bieniôt horizontale. Elle n’est arrondie qu’en arrière seulement, ou elle remonte alors jusqu’à deux ou trois travers de

doigt de la marge de l'anus ; c’est là qu’elle rejoint son homologue au niveau du raphé ano-scrotal.

Les angles de ces lambeaux inférieurs sont taillés de telle sorte que d’un côté le sommet de l’angle soit échancré de manière à correspondre à un appendice de peau arrondi, ménagé à l’angle de l’autre côté. Ce détail est très important, ainsi que nous allons le voir, au point de vue des sutures et de la réfection du raphé ano-scrotal, car ainsi le point de suture de la base de la verge répondra à une partie pleine et non pas à une suture, ce qui représente un avantage manifeste.

3° temps : Dissection de la verge jusqu'au niveau du bulbe après introduction dans l’urêtre d’une sonde rigide dont on se sert pour relever graduellement le pénis. Ce temps opératoire demande à être pratiqué avec beaucoup de prudence et d'attention, car il faut ménager en bas l’urêtre, et sur la face dorsale, non seulement les corps caverneux, mais encore les artères et veines dorsales de la verge et les nerfs honteux.

4e temps : Recherche et dissection des cordons et des testicules, quelle que soit la situation de ceux-ci. Temps opératoire très important et pendant lequel le chirurgien doit user de toute son habileté pour ne pas léser ces précieux organes.

5° temps : Ablation de la masse éléphantiasique après avoir eu bien soin d’envelopper dans un linge stérile la verge et les testicules, et les avoir relevé sur l'abdomen. Hémostase soignée, ne pas employer la torsion, mais faire partout des ligatures.

6° temps : Suture des lambeaux, en commençant par la réfection du serotum aux dépends des deux lambeaux latéraux, et en finissant par le fourreau de la verge constitué du lambeau antérieur que l’on applique tout autour

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