‹ Contribution à l'étude du traitement chirurgical de l'Éléphantiasis du ScrotumChapitre 10 sur 16 · HO E · texte numérisé non relu

HO E

avalée par la tumeur et ayant disparu à la vue, nous pourrons aller à la recherche de cet organe au fond de l’orifice par lequel s'écoule l'urine. Il est aisé de comprendre tout l'intérêt qu'offre la présence de ce point de repère fixe au point de vue de la technique opératoire.

IH nous faut encore avant d'aborder l’étude de cette technique dire un mot des soins préopératoires sur lesquels insiste beaucoup la majorité des chirurgiens. Indépendamment de la règle générale qui veut que lon ne pratique cette intervention qu’en dehors des poussées inflammatoires, et Florence nous dit, à ce sujet, avoir eu des mécomptes chaque fois qu’il n’a pas observé cette règle, il convient d'assurer la préparation du malade avec beaucoup de soins.

Le malade doit tout d’abord être mis au repos au lit pendant au moins quinze jours ; certains auteurs préconisent même pendant ce temps de placer le scrotum sur une planche soulevée au-dessus des cuisses du malade, de façon à vider le plus possible la masse éléphantiasiée et en tous cas à éviter la stase. Si la tumeur présente des excoriations, des ulcérations, on s’efforcera de guérir ces petites infections locales. Le malade devra prendre de grands bains savonneux et la veille de l'intervention, on désinfectera la tumeur à la teinture d’iode, puis on d’entourera d’un pansement aseptique.

L’anesthésie générale sera le plus souvent employée, MM. Bonamy et Dartigues ne voient pas d’inconvénients à l’usage de la rachistovainisation.

Pendant l'intervention, le malade pourra être placé soit dans la position de la taille périnéale, soit dans le décubitus dorsal ; il pourra être plus avantageux d'utiliser la première position dans le cas d’une tumeur très volumineuse.

Ainsi que nous l'avons dit, la déformation éléphantiasique du serotum peut atteindre des degrés très différents;

nous croyons cependant que l’on peut ramener à peu près tous les modes de déformation aux deux cas principaux suivants :

1 cas. Le scrotum tout entier est envahi, mais le penis reste intact et libre.

2 cas. Le scrotum est beaucoup plus largement atteint, avec participation du penis et disparition de celui-ci au milieu de la masse éléphantiasique qui absorbe.

Blandin avait dans sa thèse fait une troisième division, suivant que les testicules sont ou ne sont pas adhérents. Il nous semble que dans ce cas la conduite générale reste la même, qu’il n’y a là qu’un petit point de technique.

Pour les deux cas que nous venons de prévoir, nous allons trouver des méthodes opératoires un peu différentes, mais nous nous arrêterons plus particulièrement sur le deuxième cas, dont, nous semble-t-il, la technique a le plus besoin d’être précisée.

Quand le scrotum seul est envahi, le procédé le plus habituellement employé est celui dit de Saboïa. Il consiste uniquement à pratiquer deux incisions obliques qui partant des anneaux inguinaux, vont se rejoindre à l’angle péno-scrotal. De l’extrémité externe et supérieure de ces incisions partent deux nouvelles incisions semi-lunaires à convexité externe, qui vont se rejoindre sur le raphé périnéal près de l’anus. On pratique alors la recherche des testicules et de leurs cordons, que l’on isole, puis on fait l’abrasion de la tumeur suivant le tracé décrit plus haut ; et après une hémostase soignée, il ne reste plus qu’à suturer les deux lambeaux latéraux ainsi formés pour recouvrir les testicules que l’on a remis en place. On obtiendra ainsi très facilement un nouveau scrotum avec une suture en Ÿ, dont la branche inférieure servira de raphé médian au néo-scrotum.

Toutes autres sont les difficultés qui vont surgir, quand :

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