‹ Contribution à l'étude du traitement chirurgical de l'Éléphantiasis du ScrotumChapitre 13 sur 16 · CHAPITRE IV “il · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV “il

Observations

Observation due à l’obligeance de M. le Professeur Guyot. (Guyot et Jeanneney : Gazette hebdomadaire des Sciences médicales de Bordeaux, mars-juin 1922),

Elephantiasis du scrotum. Oschéotomie. Examen anatomo pathologique de M. le Professeur Sabrazes.

X... quarante-sept ans, tuilier dans la Gironde, entre salle 10 pour une affection du serotum, ayant débuté il y a vingtquatre ans. Son père est mort à soixante-cinq ans, hémiplégique, sa mère à soixante-quatre ans d’affection indéterminée. Trois frères sont morts en bas-âge d’affections inconnues du malade. Il existe encore deux frères et une sœur, tous bien portants, mariés et pères de famille. I] ne paraît pas y avoir de diathèse tuberculeuse, ni arthritique dans la famille. Cet homme né à terme, nourri au sein maternel, n’a pas eu de maladies de l'enfance, sauf des « fièvres » vers l’âge de douze ans, qui ont duré plus de deux ans ; il y avait alors, dans le village de Corrèze, que l’enfant habitait, plusieurs cas analogues. Vers la même époque il eut un erysipèle de la face. À dix-huit ans, érysipèle de la jambe gauche, durant trois semaines. Le membre est toujours resté volumineux depuis lors ; à vingt-trois ans, le scrotum a commencé à augmenter de volume : l’accroissement se faisait par poussées avec chaleur locale et fièvre,

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vrais « accès éléphantiasiques ». Il y a quinze ans, le scrotum étant gros comme une tête d’adulte, tendu, rouge et suintant, la jambe et la cuisse étant également énormes, il vint consulter M. le docteur Courtin. Ce dernier suivit le malade longtemps, hésitant à l’opérer à cause des poussées fébriles : la méthode de Bier fut essayée sans résultat. Après désinfection, M. Courtin pratiqua en février 1909 un drainage à la soie à la cuisse et au scrotum. Mais ces fils mal tolérés devaient être enlevés en 1910, En même temps on fit une oschéotomie (la peau scrotale enlevée pesait 2 kg 250) et le sujet put retourner chez lui. Il relira de ces interventions ce bénéfice qu’il n’eut plus désormais de poussées inflammatoires. Mais au point de vue local, le penis a disparu, absorbé par lhypertrophie scrotale : le malade urine et éjacule par une sorte de cratère placé à la partie antérieure des bourses, mais cette infirmité est chaque jour plus pénible et il demande à en être débarrassé. Le scrotum mesure en son point le plus large, 68 centimètres de circonférence ; les ganglions inguinaux ne sont pas augmentés de volume.

En résumé, il s’agit d’un homme n'ayant jamais quitté la France, même pour quelques jours, et présentant un érysipèle typique du serotum et du membre inférieur gauche.

L'examen du sang diurne et nocturne n’a pas revélé d’embryons de filaire ; le taux de l’hémoglobine est de 70 %; la numération globulaire montre 3.340.000 globules rouges contre 7.600 globules blancs; la formule leucocytaire donne :

Polynucléaires Rera renr ee 99 % Grosmononucléaites. 17 2 Re 11 % Moyens mononucléaires .......,... 83 % LNIBPIOeMES LR SL 25 % L'FARSI TION ARR 1 %

La réaction de Bordet-Wassermann est négative.

Rien de particulier à l'analyse d’urine.

La sérosité scrotale ensemencée a donné des staphylocoques.

Après deux mois de préparation, repos au lit, lavages et

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savonages, les examens bactériologiques étant négatifs (on n'a pas retrouvé le dermo-lymphocoque de Le Dantec et Dufougéré, qu’on avait cru identifier à une première biopsie, ce malade à été opéré le 21 mars 1922.

Technique (Professeur Guyot).

1° lemps : Incision verticale latérale de 15 centimètres, descendant de l’épine du pubis au milieu du scrotum : recherche du cordon et du testicule gauches. Ces organes sont perdus au milieu des tissus lardacés. On isole le testicule ainsi que les éléments du cordon. Le tout est enveloppé dans des compresses et isolé,

2° temps : Mème manœuvre du côté opposé, mais ici la vaginale est prise et on doit la réséquer et en suturer les bords retournés.

3° temps : On recherche alors sur la ligne médiane la verge, en se repérant sur l'orifice préputial. On isole son fourreau fibreux, on conserve une collerette muqueuse préputiale.

4° Lemps : On dissèque en peau saine des valves latérales en incisant profondément, enlevant tout le tissu lardacé audelà de la celluleuse pour éviter les hématomes. On enlève ainsi en masse toutes les luniques de la majorité du scrotum éléphantasique ; on s’astreint à une rigoureuse hémostase.

5° temps : On refait un scrotum avec les deux valves suturées en un raphé médian.; avec la peau supérieure et ce qu'on a gardé de muqueuse, on arrive à recouvrir la verge et à la reconstituer complètement. Deux draïns sont laissés 48 heures.

La pièce enlevée, pèse après avoir perdu une quantité importante de lymphe qui n’a pas été recueillie, 2 kg 900.

Suites bonnes ; léger suintement séreux. La cicatrisation est obtenue en une quinzaine de jours. Le résultat esthétique est satisfaisant eu égard aux lésions monstrueuses préopératoires. Le résultat fonctionnel est bon : le malade marche sans gène, urine facilement, a eu quelques érections non gênées.

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