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M. le Professeur Sabrazès à bien voulu pratiquer un examen complet de la pièce. Ces résultats anatomo-pathologiques étant peu fréquents, nous recopions sa note in extenso : « Hyperkératose avec desquamation en larges bandes, hypercanthose, papillomatose. Vacuolisation des cellules du corps muqueux et surtout de la céuche basale. Œdème des tissus papillaires et sous-papillaires avec hyperchromie. des cellules et nombreuses Matzellen histogènes. Sclérose du tissu réticulé, des papilles et vacuolisation des cellules conjonctives; lacs sanguins à parois très minces, Çà et là foyers de lymphocytes, de plasmocytes et de matzellen autour des vaisseaux. Pas d’éosinophiles, beaucoup de cellules conjonctives étoilées ou en fuseau, soit en prolifération. Il y a des néo-vaisseaux non perméabilisés. On ne trouve pas ici l’état perlé de l’éléphantiasis filarien. Pas d’embryons de filaires dans les voies Iymphatiques. — Le derme est très épaissi. Le tissu conjonctif est parfois dissocié par l’œdème et subit des modifications hyalines.
La part de cellules conjonctives dans lhyperplasie est considérable ; dans certains endroits elles sont en nappes et forment des sortes de syncitium. y a un développement anormal des fibres lisses, dissociées dans des territoires œdémateux avec un grand nombre de matzellen. Profondément la sclérose est très marquée, les foyers lymphocytiques denses, avec des territoires conjonctifs en dégénérescence hyaline.
Toutes les cellules sont avides de colorant. On ne voit pas de microbes. »
Après la description des interventions précédentes que l’on peut en quelque sorte traiter de classiques, et après la lecture d’une observation aussi instructive, il nous à semblé intéressant de rapporter quelques modalités de technique qui, au cours de nos lectures, nous ont paru intéressantes. Elles ont du reste en vue la réfection d’un seroium nouveau et d’un fourreau pour la verge, par des procédés assez particuliers, une grande partie de la difficulté de cette sorte d'intervention résidant en somme dans ce dernier temps de l'acte opératoire.
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C’est ainsi que nous voyons M. Florence (1) dire : € Dans le cas où le fourreau de la verge est atteint de pachydermie, le procédé de choix consiste, après avoir décortiqué le penis à venir prendre les téguments de la région sus-pubienne. Jai, dit-il, fait tout d'abord l’autoplastie par la méthode italienne, mais comme j'avais des sphacèles partiels, je préfère avoir recours à la méthode à pont. »
Et il décrit ainsi la façon de pratiquer : « Une incision de dix centimètres de long est menée perpendieulairement à la ligne blanche abdominale, de telle sorte que son point initial soit un peu en dehors et au-dessus de lépine du pubis droit, son point terminal en un point symétrique audessous de l’épine du pubis gauche.
Une deuxième incision est menée parallèlement à la première, distante d’elle par un intervalle de 6 à 8 centimètres. La peau est décollée au bistouri sur toute la hauteur du rectangle ainsi tracé, en ayant bien soin de conserver sous le derme le moins de tissus adipeux possible. Après quoi, la tunellisation étant faite, la verge est passée sous le pont et deux points en capiton permettront de compléter l’enveloppement circonférentiel de la verge. »
Cette technique de Florence est intéressante à connaitre et susceptible dans certains cas de permettre d'achever une opération difficile. Son intérêt réside dans ce fait qu’il faut emprunter des téguments dans les régions voisines : téguments qui seront plus sains, dans les cas d’envahissement étendu à toute la partie supérieure du scrotum.
Une technique opératoire un peu différente, et qui également nous a semblé intéressante à rapporter est celle décrite par MM. Bonamy et Dartigues dans la Presse médicale, 1913.
(1) Florence, Province Médicale. Paris 1909.
RC DS On peut la résumer ainsi :
1% temps : Excrèse des parties malades par la décortication peno-scrotale. Les auteurs tracent un vaste quadrilatère qui encadre toute la face antérieure des organes génitaux, le bord inférieur passant à quelques centimètres au-dessus du rebord inférieur des bourses, le supérieur audessus de la verge. Au milieu de lincision horizontale supérieure on trace une incision longitudinale médiane sur le dos de la verge, jusqu’au meat urinaire, puis on fait lPablation des tissus ainsi circonscrits après avoir dégagé et exploré les cordons spermatiques et les testicules.
2 temps : Néoformation d’un scrotum en rapprochant le bord inférieur sectionné, du scrotum, de l’incision horizontale sus-pubienne, à la façon des culottes à pont, comme disent les auteurs. On fixe provisoirement avec des pinces tire-balle les deux lambeaux ainsi accolés, et sur la ligne médiane dans ce lambeau inférieur, on ouvre un orifice longitudinal de cinq à six centimètres, par lequel on va attirer la verge au dehors et en bas ; elle est désormais à sa place définitive. On suture alors les bords, scrotal et pubien, de l’incision d’exérèse.
3° temps : Néo-vagination du penis. Le revêtement nouveau du penis va être pris aux dépens du scrotum néoformé. Dans ce but, on va tailler de chaque côté de la nouvelle racine de la verge, un lambeau quadrilatère un peu oblique en dehors et en bas, dont la charnière correspond à peu pres aux bords latéraux verticaux des nouvelles bourses. Il est utile que ces lambeaux soient bien nourris, et c’est pour cela qu’il faut éviter que les incisions qui les circonscrivent soient trop près de l’incision pubo-scrotale suspénienne.
Puis, ces lambeaux taillés de dimensions suffisantes, seront attirés sur les côtés de la verge et rabattus sur elle, sous forme de deux demi gouttières latérales, Cette vagi-
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nation pénienne forme donc une gaîne cutanée cylindrique pe : :
que l’on applique sur les corps caverneux et spongieux. Il
ne reste plus qu’à suturer. On obtient alors :
a) Une suture longitudinale dorso-pénienne, b) Une suture longitudinale ventro-pénienne,
c) Une petite suture horizontale supérieure à la racine de la verge.
d) Une petite suture horizontale inférieure à la racine de la verge.
e) Une suture circulaire autour du meat urinaire.
Nous insistons à dessein sur le grand nombre de ces sutures, et nous craignons que ce ne soit souvent là une cause d'échec pour ce mode opératoire. D’un autre côté, nous craignons qu'avec cette méthode, qui en somme oblige à conserver toute la portion inférieure du scrotum, on ne puisse pratiquer lexérèse des tumeurs éléphantiasiques volumineuses, qui envahissent très largement et complètement toute la région, sans être obligé de garder des tissus malades.
Nous citerons enfin ici une observation de Krogius que rapporte Lenormant dans la Presse médicale du 18 janvier 1913 :
Krogius, chez un sujet de dix neuf ans atteint d’œdème éléphantiasique serotal, tenta d’abord, imitant en cela un procédé assez couramment employé pour l’éléphantiasis des membres, de dériver la lymphe au moyen de la veine saphène interne transplantée ; le résultat fut au début favorable, puis surviennent des poussées d’érysipèle qui amènent la récidive. On essaya alors sans succès des injections de fibrolysine ; puis on pratiqua une décortication du serotum suivie d’autoplastie faite avec des lambeaux de peau saine, Constalant, peu après
cette dernière opération, que le scrotum néo-formé redevenait le siège d’un œdème dur, Krogius fit un retournement de la vaginale, espérant que la mise en contact de la face interne de la séreuse avec le tissu cellulaire créerait une vaste surface d’absorplion pour la lymphe ; le but proposé paraît avoir été obtenu, car l’œdème disparut rapidement et ne se reproduisilt plus. Krogius ajoute que l’on pourrait essayer également, en pareil cas, Pimplantation d’une frange épiploique dans le sac scrotal.