‹ Contribution à l'étude du traitement chirurgical de l'épididymite blennorragiqueChapitre 4 sur 12 · ESA · texte numérisé non relu

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mal de livres classiques, assez différentes de la notion vraie, surtout en ce qui concerne le traitement qui était purement médical; un fait nous avait pourtant toujours frappé : c'était une conséquence très grave et très fréquente de l’épididymite blennorragique traitée médicalement, à savoir la persistance d’un nodule fibreux à la queue de l’épididyme, entrainant, dans ie cas de lésion double. l'azoospermie, la stérilité; nous pensions, en effet, que le fait d’être mis, à la suite d’une simple gonococcie, dans l'impossibilité de procréer, a une importance de premier ordre, surtout au moment où on cherche de tous côtés la cure de la dépopulation en France.

Or, ici, comme ailleurs, le traitement’ est d'autant plus effcace et plus simple qu'il est plus précoce ; alors que le traitement chirurgical de ce nodule fibreux, reliquat de la lésion épididymaire et cause d’azoospermie, est des plus malaisés et n’a donné que des résultats discutés el discutables, l'intervention précoce à la période aiguë ou subaiguë a donné des résultats très satisfaisants et peut rentrer dans la pratique courante.

Nous aurons surtout en vue, dans ce travail, d'étudier :

I. La fréquence et l'importance des abcès dans l’épididymite blennorragique.

IF. La situation de ces abcès; les causes de leur localisation el leur pathogénie.

IT. L'évolution habituelle, les complications immédiates et les conséquences tardives de la lésion.

IV. Le traitement chirurgical de l’épididymite blennor ragique.

— La notion capitale qui domine toute la question de l'épididymite blennorragique et qui a inspiré l’idée du traitemen chirurgical, c'est la fréquence des abcès dans cette maladie. On avait longtemps cru à la simple congestion inflammatoire diffuse de l'organe touché, sans localisation purulente nette ; -on aurait dû cependant penser à la fréquence des localisations purulentes causées par le gonocoque : chez la femme, dans les salpingites, métrites, abcès périutérins, bartholinites ; chez l’homme, dans les abcès prostastiques et surtout les nombreux petits abcès échelonnés sur tout le trajet de l'urètre qui rendent souvent si long et si compliqué le traitement des urétrites chroniques ; on a même vu des abcès musculaires et des adénites inguinales, où on a trouvé le gonocoque de Neïsser. Mais cette notion élait difficile à prouver autrefois pour l’excellente raison que, ie traitement étant purement médical, et la maladie n’étant qu'exceplionnellement mortelle, il fallait, pour le voir, des autopsies pratiquées sur des sujets atteints d’épididymites et morts d’affections intercurrentes.

On a une très vieille observation de Marcé datant de 1834 ; c’est un jeune homme mort du choléra et atteint d'épididymite blennorragique au vingt-sixième jour de son évolution ; à lautopsie, on trouva une poche purulente occupant la cavité et la paroi du canal épididymaire.

En 1871, on a deux observations de Schepelen ; dans un cas,

-c'est un malade atteint d'épididymite gauche au huitième jour

mort d’appendicite sappurée ; à l’autopsie on trouva un abcès siégeant à la partie antérieure de la queue de lépididyme et aussi un léger catarrhe du canal déférent ; l’autre observation, concernant un malade mort d’une infection purulente (?) mentionne également un abcès de la queue de l'épididyne.

En 1855, Gosselin relate un cas d’épididymite avec foyer purulent. ;

En 1878, Rougon rapporte l'observation d’un homme de 39 ans, mortde péritonite, qui présentait également une. éplididymite avéc hydrocèle; à l’autopsie on trouva du pus dans l'épididyme.

On voit par là que les abcès furent signalés depuis fort longtemps, mais ils étaient regardés comme une lésion accessoire, peu fréquente, secondaire. La fréquence considérable des abcès dans l’épididymite aiguë grave a été surtout mise en lumière par Escat, de Marseille, en 1903, dans une communication au Congrès d’Urologie. Ce dernier a, en effet, démontré d’une façon très nette dans ses observations que, dans presque tous les cas, on trouvait du pus. C’esi ce qui ressort d'ailleurs de la plupart des observations de cas traités chirurgicalement dans la suite. Il en est ainsi dans les cas publiés dans la thèse de Jouve. | |

Baermann, dans 28 cas, a eu les mêmes résultats ; Hagner, sur 19 malades, a trouvé 16 fois du pus dans l’épididyme.

Laurent, sur 9 cas traités, à vu T fois du pus décelable par la seule ponction.

Frühwald, sur 23 malades, a toujours retiré du liquide séreux, séro-sanguinolent ou purulent. ;

Bazet ne trouve, lui, que 22 fois du pus sur 65 épididymes qu'il a ponctionnés.

Ratel relate des résultats identiques dans des observations personnelles el dans des observations de Routier, Witte, Pizzini. :

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