‹ Contribution à l'étude du traitement chirurgical de la constipation chronique par la méthode conservatriceChapitre 15 sur 25 · AT RE · texte numérisé non relu

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ter avec elle. M. le D' Lacouture, chirurgien de l'Hôpital Tastet-Girard, à Bordeaux, nous a dit avoir opéré environ une quarantaine de malades chez lesquels l’appendicite existait simultanément avec la stase cæœcale par membrane péricolique de Jackson. Il pratiquait alors l’appendicectomie et la Jacksonectomie et rapidement ces malades partaient guéris de tous les phénomènes douloureux et de tous “les signes de constipation.

Il est donc bon, en raison de la fréquence de l’appendicite au cours de la S. I. C., de pratiquer l’appendicectomie en même temps que l’on opère la stase.

Inversement, nous devons mettre en garde contre la fréquence des cas de stase iléo-cœcale ou le diagnostic erroné d’appendicite ayant été posé, le malade est opéré par appendicectomie, au travers d’une petite incision en boutonnière, fort élégante, mais ne permettant nullement d’explorer le cœco-côlon. Chirugien et malade sont fort étonnés de voir, après l'opération, persister tous les phénomènes douloureux de la fosse iliaque droite.

Donc, il faut toujours penser à l’existence simultanée de ces deux affections.

«MM. Henriquez Gutman et Rouvière expliquent les «symptômes de l’appendicite chronique par la toxi-injec- «tion et par mécanisme réflexe, nausées, pâleur, vomisse- «iïents, constipation, spasme pylorique, sialhoorrée. qui «peuvent être considérés comme réaction d’ordre vagoto- « tonique. » (Th. de Martel et Antoine : Les fausses appendicites). Ainsi s'explique, par similitude étiologique, les nombreux caractères communs de l’appendicite chronique et de la S. I. C.

Troubles gastro-intestinaux, constipation, congestion et hypertrophie du foie, subictères, douleur dans la fosse iliaque droite sont autant de symptômes pouvant induire en erreur le praticien. A sn

: Là douleur apperñdiculaire n’ést‘pas forcément limitée au point. de Mac-Burney, elle peut, en raison des anomalies de position de-l’appendice, siéger dans un rayon assez étendu autour de:ce centre:-.: raisrtssl

Toutefois, ellé présente avéc la douleur de la S: LC. des caractères distinctifs as$ez marqués: À la palpation elle ést plus vivé que cetté dernière, plus locàlisée. Alors que, dans les crises paroxystiques de la S. L. C;, au cours des crises de sub-ocelusion, cette douleur, qui donne plutôt une sémation de torsion, de tiraillement dans les lombes, de distension, ne s'accompagne pas d’élévation de température., Généralement, au contraire, dans les crises appendiculaires aiguës survenant au cours de l’'appendicite chronique, la fièvre peut monter rapidement à un degré élevé, ce qui ne sé produit pas dans quelques cas rares de stercorémie. Alors que dans les crises de sub-ccclusion de la S. LC. dès’ que la débâcle gazeuse et stercorale s’est effectuée, la douleur cesse, dans les crises appendiculaires, elle persiste plus ou moins vive, et ne $’atténue que beaucoup plus lentement.

Enfin, dans l’appendicite chronique, en faisant relever au malade la jambe droite pour former un plan dé résistance par contraction du psoas-iliaque, 6n peut arriver à palper et à pincer l’appendice qui est douloureux s’il est malade. La même manœuvre, dans les cas de stase cœæcale, est rendue difficile en raison du volume du cœcum dilaté et ne révèle en général aucune douleur au niveau de l’appendice. On sent sous le doigt garg gouiller la masse de gaz et de matières contenue dans le cœcum, et une pression douce et progressive de bas en haut peut faire fuser ces gaz vers le côlon ascendant et le transverse.

Enfin, nous signalerons la diminution ôu l'abolition: fréquente du réflexe cutané abdominal dans la S. I. C., alors qu'il est exagéré é dans l’appendicite. (Signe de Sicard).…

La douleur. et la plénitude de la fosse. iliaque droite doivent encore attirer l'attention sur le diagnostic possible

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d’annexite. Le diagnostic de ces lésions se fait par le toucher vaginal et par l’examen complet de ces malades.

La salpingite est en général bilatérale, consécutive à un accouchement, avortement, à une infection pucrpérs ale ou à une blennorrhagie.

Elle peut d’ailleurs par voisinage avoir un retentissement appendiculaire. Le diagnostic sera tranché par l’examen radiologique.

Dans les cas de stase par coudure iléale; la douleur siège haut, parfois au niveau de l’épigastre. Les symptômes sont surtout gastro-intestinaux : dyspepsie hypersthénique, hyperchlorhydrie, nausées, vomissements à jeûn, peuvent en imposer pour un ulcère gastrique. ou duodénal. Ces Sy mptômes. sont très fréquents dans la S. I. C., indépendamment de l’ulcère qui se rencontre parfois en même temps.

L'accumulation d’ascaris dans le segment terminal de l’iléon peut provoquer des troubles douloureux de la région cœæcale. L'examen attentif des selles révélera en général la présence de ces parasites ou de leurs œufs. L’examen du sang montre dans ce Cas une éosinophilie marquée.

La douleur des. crises.de sub-occlusion par $S. I. C. peut être confondue avec les coliques hépatiques. Celles-ci débutant en général après les repas.et la crise dure plusieurs heures, jusqu’à ce que le calcul soit éliminé hors des voies biliaires. |

Les irradiations douloureuses dans la lithiase biliaire n’ont pas la même topographie que dans la stase cœcale. Leur siège est en général plus élevé, et leur intensité maxima; caractéristique de ces crises, est constante à droite, à la base du thorax, en haut vers l’épaule et en arrière au niveau de l’omoplate.

‘Les troubles intestinaux sont peu marqués, mais on observe souvent des vomissements bilieux abondants.

Quelques jours après, un ictère léger avec décoloraiion incomplète des fèces, et-une urine foncée, huileuse, riche en pigments biliaires, vient confirmer le diagnostic.

Mais les crises hépathiques ont parfois une allure plus atténuée. Elles se présentent sous forme de petites crises douloureuses, subaiguës, de la région sous-hépatique, avec poussées légères de cholécystite, qui, selon Tripier, provoquerait de la péricholécystite avec réaction péritonéale sous-hépatique; le processus inflammatoire crée des brides et des adhérences pouvant s'étendre jusqu’ au pylore, au duodénum, à langle colique droit.

Les lésions de cholécystite peuvent donc s’accompagner de $. I. C. suivant le mode général de rétention fécale par obstacle mécanique.

Cette coexistence de la cholécystite avec la périviscérite du carrefour supérieur peut donc rendre le diagnostic particulièrement délicat, et il sera indispensable de le préciser par l’examen radiologique.

Dans la S. [ C., la douleur localisée parfois au niveau des lombes peut ressembler à celle des coliques néphrétiques. Un examen attentif de la région permet vite d’établir un diagnostic plus sûr.

Dans les cas de lithiase rénale, d’hydronéphrose, de pyélonéphrite, la palpation réveillera au niveau du rein une vive douleur. L'examen des urines révèlera du sang ou des globules de pus qui permettront de préciser le diagnostic. Toutefois, nous devons rappeler la fréquence des affections rénales au cours de la $, I. C., principalement dans les cas de stase du côlon droit, où la résorption des produits toxiques et microbiens peut déterminer l’infection des voies urinaires, suivant le processus longuement développé par Herrz-BoYER, sous le nom de syndrome. entéro-rénal («Journal médical français», mai 1922). Les pyélonéphrites sont si fréquentes chez les constipés, que l’on devrait systématiquement chez ces malades faire

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l'examen des urines. De même, chez les pyélonéphritiques on doit rechercher la constipation comme origine possible.

Le rein droit mobile peut provoquer des crises douloureuses répétées à droite avec sensation de lourdeur, de pesanteur, de gêne mal définie dans le fianc droit. Ces phénomènes, comme dans la S. I. C. sont surtout accentués par la fatigue, les exercices violents et parfois même par fa simple station debout, et s’atiénuent dans le décubitus.

La chute du rein peut être la conséquence de l’intoxication générale par la S. I. C., qui faisant fondre chez le malade les tissus adipeux péri-néphritiques relâche ainsi le soutien de cet organe. Certains auteurs considèrent aussi le rein mobile comme cause de la stase cœco-ascendante.

Quels que soient les rapports de ces deux affections, nous nous bornerons à les signaler pour mettre le praticien en garde contre une erreur possible.

La constipation est aussi un symptôme essentiel de la S. IL. C. et l’on devra tout d’aboïrd s’assurer qu’elle n’est pas due à un rétrécissement ou à une tumeur néoplasique du rectum ou d’un point quelconque du gros intestin. Le diagnostic de cancer sera éliminé par toucher rectal, par l'examen clinique et radiologique.

Mais Ja constipation elle-même peut être marquée comme nous l’avons vu au chapitre de la symptomatologie par les diarrhées de colite, par les selles plus ou moins régulières, n’évacuant que le trop plein du gros intestin ; il est essentiel de dépister la constipation première profonde et constante, cause de ces troubles. Ïl serait désastreux en effet de chercher à arrêter cette diarrhée, cette hypersécrétion de défense de la muqueuse intestinale avant d’avoir vidé le contenu du côlon; on enfermerait.. le loup dans la bergerie…, augmentant ainsi les phénomènes douloureux et les phénomènes d'intoxication. |

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