‹ Contribution à l'étude du traitement chirurgical de la tuberculose génitale: la vaso-épididymectomie bilatéraleChapitre 10 sur 23 · Baudet. Congrès de chirurgie · texte numérisé non relu

Baudet. Congrès de chirurgie

les lésions des vésicules ne guérissent pas spontanément, comme il est de règle après la vasoépididymectomie.

En effet d’après la loi de Ricord l’extrémité épididymaire du côté du testicule ne sera jamais intacte, aussi laissera-t-on toujours un danger permanent près du testicule et s’il en est ainsi le testicule ne tardera pas à ètre envahi. |

Théoriquement la vasovésiculectomie ne sera à conseiller que lorsque l’épididymectomie aura été pratiquée et lorsque les lésions vésiculaires continueront à évoluer ou bien encore une bonne opération sera la vésiculovasoépididymectomie.

Pratiquement qu'on s’adresse aux différents modes d'opération, les difficultés sont nombreuses.

Certains auteurs ont préconisé la voie haute. Young fait la laparotomie médiane ou sous-péritonéovésicale, opération très longue et meurtrière.

Villeneuve, Baudet et Duval font la laparotomie inguinale.

N’a-t-on pas reproché à ce mode opératoire la déchirure fréquente du péritoine, la blessure de l’uretère ainsi que les difficultés d'enlever intégralement dans la profondeur une vésicule malade et adhérente, reproches peut-être un peu sévères, mais la complication qu’on peut rencontrer fréquemment c’est la fistule urinaire, soit par section des canaux éjaculateurs au ras de la prostate, soit par plaie de l’urètre membraneux soit encore par blessure de la vessie.

Enfin d’autres auteurs ont préconisé la voie périnéale

qui est encore très en faveur, surtout pour les lésions bilatérales et les lésions très avancées.

Quels sont les résultats immédiats de ces opérations ? Baudet sur 58 opérations trouve 12 morts occasionnées par-méningite (2), granulie (1), tuberculose pulmonaire aigüe (5), apoplexie (1), septicémie (1), infection urinaire avec lésions rénales (1), péritonite après une deuxième intervention pour ablation de ganglions iliaques (1).

On ne pratique pas encore couramment la vasovésiculectomie. :

« Pour ma part, nous dit Legueu (1), je ne crois pas que ces opérations soient souvent indiquées, car depuis ma dernière communication je n’ai trouvé que deux occasions nouvelles d’intervenir. Mes opérations sur les vésicules sont ainsi au nombre de huit, ce qui est peu, étant donné le nombre très considérable des tuberculoses génitales que nous avons l’occasion de voir dans nos services. »

Pourquoi ne pratique-t-on pas plus souveni la vésiculectomie ? |

Trois raisons existent, nous dit Marion (2) dans un rapport à la Société de chirurgie.

1° Les lésions sont en général indolentes.

2° Dans nombre de cas les tuberculoses profondes subissent une régression lorsque les tuberculoses du testicule et de l’épididyme sont supprimées.

3° Ces organes sont difficiles à aborder.

D’autres causes militent aussi en faveur de la nonintervention : les lésions sont bénignes.

« Cette bénignité, nous dit Legueu, nous pouvons la vérifier sur bien des malades chez lesquels l’on voit des

1. Legueu. Bulletin et Mémoires Soc. de chir., 1909. 2, Marion, Bulletin et Mémoires Soc. de chir., 1909.

Le

vésicules séminalès rester sans troubler. sensiblement la santé ét sans évoluer localement. Dans ces conditions toute opération sur ces organes est souvent inutile et voilà pourquoi le nombre des opérations est encore très restreint. »

Les auteurs ont remarqué encore l’envahissement de l’épididyme du côté sain après opération du côté malade.

« Lors d’une première opération, nous dit Marion dans son rapport, M. Baudet enlève tout l'appareil génital du côté droit, et trouvant la vésicule gauche envahie ainsi que la terminaison du canal déférent de ce côté, il les supprime ; à ce moment l’épididyme gauche apparaissait sain. Or quelques mois plus tard le malade

revenait avec une épididymite tuberculeuse gauche » ; d’où cette hypothèse de Marion :

« Il ne paraît pas douteux que dans un certain nombre de cas, il resterait à savoir si ce n’est pas dans tous, la propagation des lésions au côté sain se fait non pas du testicule à la vésicule, mais de la vésicule vers le testicule, celle-ci étant évidemment contaminée par celle du côté malade. » k

Comme conclusions nous ne pourrons mieux faire que de citer celles de Marion (1).

Les indications de la vasovésiculectomie sont nettes : opération de nécessité, on la pratiquera lorsqu'il existe :

a) Des fistules purulentes entretenues par la vésiculite tuberculeuse ; ! |

b) Des troubles rectaux par irritation de voisinage ou par compression due à la périvésiculite ;

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