ANATOMIE PATHOLOGIQUE
Nous devons encore distinguer les lésions que l’on rencontre au cours de la tuberculose génitale d’origine secondaire, urogénitale le plus souvent, et la tuberculose génitale primitive. :
Dans la bacillose secondaire à l’infection rénale les lésions débutent par la prostate pour se propager en- . suite aux différentes parties des voies génitales. Mais ce qui est à remarquer c’est que la prostate est longtemps seule envahie —73fois sur 100 d’après Burckhardi, 26 fois sur 35 suivant Simmonds. Hallé et Motz donnent une proportion de 59 fois sur 67 cas.
Lorsqu'il n’est pas pratiqué d'intervention sur la prostate, les vésicules séminales sont envahies à leur tour et l’on a affaire à des lésions graves qui tendent à ‘suppurer, avant même que l'infection ait eu le temps de se généraliser à tout l’appareil génital.
Dans la tuberculose génitale primitive il n’en est plus de même. D'après la loi de Ricord nous savons que l’organe le plus touché c’est l’épididyme. C’est lui Le pre- -mier et le plus atteint.
C’est du moins ce que nous apprend la clinique, car des statistiques établies sur des autopsies indiquent que le testicule et l’épididyme sont atteints dans les deux
tiers des cas (Reclus) ce qui peut très bien s'expliquer par l’ancienneté des lésions.
En clinique le malade vient nous trouver parce qu’il s’est aperçu qu’il avait quelque chose d’anormal dans les bourses; c’est pour son épididyme qu'il vient nous consulter et à ce moment l’on peut constater qu’il existe des lésions peu graves, ilest vrai, qui tendent à guérir spontanément, des vésicules et de la prostate.
L'appareil génital en entier sauf les testicules est donc atteint simultanément dans la tuberculose génitale primitive (29 fois sur 45 d’après Guisy) (1).
Quelles sont les lésions des différents segments des voies génitales ? |
La prostate est augmentée de volume quelquefois dans toute son étendue (64 mm. dans un cas de Reclus) et il est à noter que chez le vivant l’augmentation est encore plus marquée.car elle est toujours plus ou mcins congestionnée ; mais le plus souvent on se trouve en présence d’une prostate dont un des lobes seul est atteint.
Dans la tuberculose génito- ER A plus spécialement on trouve des lésions graves, des cavernes volumineuses qui transforment la prostate en une véritable poche urineuse ; lorsque les lésions évoluent vers Ïa guérison on observe une transformation calcaire.
Les vésicules dans la tuberculose génitale primitive si elles sont atteintes, le sont peu en général tout au moins au début de l’infection ; elles sont augmentées de volume et offrent au toucher une sensation particulière, elles semblent «injectées au suif ».
Quant an canal déférent il n’est pas atteint également
1. Guisy (d'Athènes). Tuberculose prostato-vésiculaire. Annales des maladies des organes génito-urinaires (1906).
dans toute son étendue : la partie moyenne est respectée par l'infection ; seules les extrémités sont envahies par le bacille de Koch. Sur le reste de son parcours il est seulement un peu plus gros et induré, parfois cependant il offre des bosselures formant un chapelet. L’affection .débute toujours par la queue de l’épididyme (Legueu). Quelquefois le corps entier est atteint et coiffe tout le testicule, mais toujours les lésions de la queue sont prédominantes, primitives, essentielles. Dufour a toutefois montré que sur 18 cas de tuberculose épididymaire l’'envahissement portait 6 fois sur la tête, 5 fois sur la queue et 7 fois sur l’organe entier. - Macroscopiquement on voit sur l’épididyme d’un opéré des noyaux plus ou moins gros, plus ou moins
nombreux, quelquefois isolés.Leur coloration est blan-
châtre; à leur niveau l’albuginée épididymaire est épais-
sie ; ces noyaux ont l’aspect du marron cru, s’ils sont
durs ; ils laissent échapper une bouillie puriforme s'ils sont ramollis. |
Ce qui est intéressant à constater c’est que le testicule n’est jamais envahi au début et qu'il résiste très longtemps à l'infection lui venant des lésions épididymaires. L’albuginée constitue une barrière résistante ; la pénétration se fait par le corps d’Highmore.
- En clinique les malades qui viennent consulter porteurs de lésions tuberculeuses primitives de l’appareil génital ont assez peu souvent leur testicule envahi (50 à 60 °/, d’après Lapeyre).
Et au bout de combien de temps se fait cette généra-
e lisation au testicule ? D’après les auteurs, après deux
mois de tuberculose épididymaire le testicule serait pris 18 fois sur 100 ; 60 fois après six mois.
Lambron 2