‹ Contribution à l'étude du traitement chirurgical de la tuberculose génitale: la vaso-épididymectomie bilatéraleChapitre 5 sur 23 · INDICATIONS OPÉRATOIRES · texte numérisé non relu

INDICATIONS OPÉRATOIRES

Si nous nous trouvons en présence d’un malade atteint de tuberculose génitale, faut-il intervenir chirurgicalement ou se contenter d’un traitement médical ?

Avec tous les auteurs nous distinguerons deux cas bien distincts au point de vue opératoire: Il s’agit soit d’une tuberculose fermée, sans lésions suppuratives, ou au contraire c’est un bacillaire présentant des lésions ramollies, des fistules au niveau de son appareil génital.

Si dans ce dernier cas, sous réserves de certaines conditions, le malade se trouve bien d’un traitement chirurgical, faut-il dire que si notre patient ne présente que des tubercules crus dans son épididyme,il faudra le soumettre à un traitement non opératoire ? Comme toujours, il faut encore ici être éclectique. Ne savons-nous pas en effet que les lésions tuberculeuses, si elles sont généralement tout au début localisées à l’épididyme, auront dans certains cas vite envahi le testicule.

Aussi faudra-t-il ne pas dire: lésions non suppurées, pas d'interventions ; mais le malade devra être examiné, et suivi pendant un certain temps, on veillera à sa prostate et à ses vésicules, on se rendra compte si leurs lésions régressent, restent stationnaires on s ’accroissent,

si les noyaux épididymaires tendent à augmenter de nombre ou de volume et c’est en possession de tous ces examens successifs qu’une décision sera prise et dans les lésions non suppurées cette décision sera l’expectative ou l’opération suivant que les organes atteints sont en voie de guérison ou au contraire vont vers la suppuration. |

Que faire maintenant dans la tuberculose génitale ouverte, quelle conduite à tenir vis-à-vis d’un malade présentant des fistules au niveau de son scrotum ou de son périnée ?

Si nous nous en rapportons aux lois de la pathologie générale nous savons que touté suppuration est une source d’épuisement pour l’organisme.

Et maintenant ne faut-il pas tenir compte dans notre cas que les lésions peuvent s’étendre, gagner les organes voisins, de l’épididyme se propager au testicule si celui-ci est encore sain ; aussi dans les cas de suppus ration, sauf en de rares exceptions l'intervention est la règle et ce qui est l’idéal c’est pour tarir la suppuration, en extirper la cause.

Mais à propos de ces interventions, qu’il s’agisse de lésions suppurées ou non, il y a des petites réserves à faire.

Sommes-nous en présence d’un bacillaire pulmonaire au début de son affection, l’intervention non seulement guérira un foyer tuberculeux, mais aussi pourra avoir une influence heureuse sur l’état de ses poumons, en supprimant ainsi une cause de déchéance physique.

Si nous nous trouvons en face d’un malade atteint d’une tuberculose avancée, dont l’état général est franchement mauvais, devons-nous chez lui pratiquer une

opération radicale ? Bien peu se risquent à le faire. Les chances de guérison sont en effet bien minimes. Une intervention pourra avoir un effet immédiat désastreux si l’on pratique l’anesthésie générale et enfin n’a-t-on pas vu apparaître une éclosion de foyers tuberculeux après ces opérations?

Aussi pensons-nous que chez les phtisiques toute opération radicale est à déconseiller, ces malades pouvant toutefois bénéficier d’une opération palliative, curettage d’un foyer purulent ou simple drainage d’une collection, par exemple.

Il y a encore une remarque à faire pour une tuberculose bien voisine de l’appareil génital, la tuberculose que le rein transmet secondairement aux organes génitaux.

Que de tuberculoses rénales insoupçonnées chez des sujets porteurs de grosses vésicules et surtout de prostates à noyaux, dont l’origine de leurs lésions se trouve au niveau de leurs reins ; aussi dans tousles cas de tuberculose génitale, faudra-t-il examiner soigneusement par tous les moyens dont on dispose actuellement l’arbre urinaire et si une tuberculose rénale coexiste avec une tuberculose génitale, celle-là est la première en date, ne savons-nous pas en effet que le bacille de Koch « descend le cours des urines et remonte le cours du sperme ».

C’est donc à la tuberculose urinaire qu’il faudra s’adresser, c’est elle qu'il faudra soigner, et la bacillose rénale guérie, les lésions génitales, si elles sont restées cantonnées à la prostate et aux vésicules auront bien des chances de régresser.

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