CASTRATION
C’est d'Allemagne que nous vient ce mode de traite-. ment de la tuberculose génitale et c'est encore dans ce : pays qu’il est le plus en honneur.
Israël remarqua que dans le cas de lésions tuberculeuses de l’appareil génital, les lésions prostatiques et vésiculaires régressaient après la castration et dans un congrès récent les chirurgiens allemands soutinrent avec énergie les bienfaits de cette opération.
Il est bien certain, qu’en hommes positifs, Israël et ses compatriotes ont remarqué que leurs malades étaient : physiquement guéris, et ne reculant pas devant une castration double, ils ne tiennent point compte que leurs opérés sont des blessés pour toute leur existence et des blessés qui en dehors des troubles physiques dus au : défaut de la sécrétion interne de la glande génitale sont des êtres dont le moral est atteint, des êtres souvent encore jeunes, dénués de virilité qui se savent incapables de procréer, qui se savent des eunuques.
Beaucoup de castrés qui étaient auparavant des gens actifs, perdent à la suite de l’opération tout goût au travail ; ils s’'abandonnent aux plaisirs de la table, ils deviennent pervers, menteurs ; de plus le castré est souvent un déséquilibré.
< Beaucoup d’amputés du testicule, dit Dupuytren, se suicident, d’autres meurent de chagrin. »
Malgaigne parle d’un « testicule moral ».
Mais pour leur défense, faut-il arguer, qu’il y a quarante ans, ils suivaient les errements du monde médical de cette époque, à savoir que l'opération n'était pratiquée, non au début, mais à la fin de l’évolution de la tuberculose génitale, lorsque le testicule lui-même était envahi ?
Ne pratiquait-on pas l’opération alors que tous les autres traitements avaient échoué, ne considérait-on pas trop à cette époque et ne considère-t-on pas encore aujourd’hui avec raison d’ailleurs, la tuberculose génitale comme une affection bénigne, susceptible de guérir par des traitements médicaux ?
En France depuis quelques années, si en général on considère la castration comme une opération à rejeter, il est certain qu’elle peut s’appliquer, surtout lorsqu'elle est unilatérale, à des cas bien déterminés et heureusement peu nombreux. |
On a maintenant recours à des opérations qui bien que partielles sont des opérations radicales surtout si l’on a le soin de dépister la tuberculose génitale à son début.
Pour Legueu (1) la castration est toujours contre-indiquée dañs l’orchi-épididymite tuberculeuse parce que celle-ci est toujours secondaire à une lésion prostatique ou rénale ; c’est la lésion primitive qu’il faudrait extirper; les seules opérations justifiables sont les opérations partielles portant sur l’épididyme ou le canal déférent.
1. Legueu, De la tuberculose génito-urinaire (Presse médicale, 20 juin 1906).